Conseil de l'Europe : M. Belluteau expert du Vatican dans le domaine du handicap

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Il est président de l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH)

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La secrétairerie d’Etat a nommé M. Emmanuel Belluteau expert du Saint-Siège pour les réunions du Conseil de l’Europe dans le domaine du handicap. Il confie à Zenit en quoi consiste cette mission.

Magistrat à la Cour des comptes, Emmanuel Belluteau est président de la Fondation Office chrétien des personnes handicapées (OCH).

A cette fonction d’expert du Saint-Siège, il succède à Henri Faivre et à Marie-Hélène Mathieu, fondatrice de l’OCH et, avec Jean Vanier, du mouvement Foi et Lumière.

Zenit –  En quoi consiste la mission que vous confie la secrétairerie d’Etat ?

M. Emmanuel Belluteau – Le Conseil de l’Europe est composé de 47 Etats-membres qui s’efforcent de définir des politiques communes – ou au moins des principes communs pour inspirer leurs politiques respectives – dans un certain nombre de domaines. C’est le cas pour l’action en faveur des personnes handicapées.

En se référant aux orientations fixées en la matière par l’ONU, et notamment par la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, les membres du Conseil ont élaboré un plan d’action dit « pour la promotion des droits et la pleine participation des personnes handicapées à la société » et ils se réunissent régulièrement pour faire le point sur sa mise en œuvre dans chacun des Etats. Un nouveau plan est en préparation pour les prochaines années.

Le Saint-Siège n’est pas membre du Conseil de l’Europe mais il y est associé comme «observateur». Il désigne des «experts» pour le représenter aux réunions techniques organisées dans les différents domaines de la compétence du Conseil. C’est à ce titre que la Secrétairerie d’Etat m’a demandé de la représenter aux réunions organisées dans le domaine du handicap.

Quels fruits attendre de cette présence de l’OCH au Conseil de l’Europe ?

Ce n’est pas l’Office chrétien des personnes handicapées en tant que tel qui est présent au Conseil de l’Europe. C’est bien le Saint-Siège et non l’OCH qu’il s’agit de représenter, même si je prends comme une marque de confiance à l’égard de l’OCH le fait que ce soit à nouveau un de ses membres, après Marie-Hélène Mathieu, sa fondatrice, et Henri Faivre, décédé récemment, qui ait été choisi pour assurer cette représentation.

Au cœur de la vocation de l’OCH, il y a une double mission: d’abord celle de susciter des réponses concrètes aux besoins et aux attentes des personnes malades ou handicapées, de leur famille et de tous ceux qui les accompagnent ; ensuite, le souci de prendre part à la réflexion sur le handicap en témoignant de son espérance, avec le souci que la personne soit – y compris dans les politiques publiques – prise en compte et accueillie dans toutes ses dimensions : physique, affective, intellectuelle, familiale, sociale, spirituelle, religieuse…

Cette action, l’OCH la conduit « à la lumière de la foi chrétienne » et, pour reprendre les termes même de sa charte, en puisant dans la Bible et dans l’enseignement de l’Eglise. Le premier fruit que j’ose espérer, c’est, pour l’OCH lui-même, la force de savoir témoigner d’une manière chaque jour un peu plus efficace, humblement et fermement à la fois, auprès de ceux qui ont à prendre des décisions qui risquent d’engager ou de concerner la vie des plus fragiles. Et ils sont nombreux puisqu’on estime à plus ou moins 80 millions le nombre des personnes qui, en Europe, souffrent d’un handicap !

Qu’est-ce que l’Eglise a à dire aux décideurs européens ?

Je crois que la première chose à dire et à redire, ce ne sont pas des conseils techniques, des demandes ou des revendications, même si cela est important aussi quand il le faut ; mais cela, d’autres le font aussi très bien. Ce que le Saint-Siège peut annoncer au monde, y compris aux représentants des Etats dans une enceinte comme le Conseil de l’Europe, c’est d’abord que toute personne, qu’elle soit handicapée ou non, est digne – telle qu’elle est et pas comme on voudrait qu’elle soit – d’un égal et imprescriptible respect ; que toute personne est capable de progrès, de réussites, de beautés et de fécondités ; et que chacun a besoin pour grandir de l’aide d’une communauté, et de sa famille au premier rang.

Magistrat à la Cour des comptes, comment êtes-vous venu à vous engager à l’OCH ?

Mon engagement à l’OCH est sans rapport direct avec ma qualité de magistrat à la Cour. Il est venu tout naturellement. C’est d’abord parce que nous sommes les parents d’une jeune femme polyhandicapée, Armelle, qui aura bientôt 30 ans, que ma femme et moi avons créé avec quelques amis une communauté Foi et lumière, où les personnes avec un handicap sont accueillies tout simplement, chaque mois, avec leurs parents et des amis, pour la messe, un repas et un moment d’amitié généralement festif et joyeux. Le mouvement Foi et Lumière a été fondé en 1971 par Marie-Hélène MATHIEU et Jean VANIER, pour que les familles touchées par le handicap ne restent pas seules, et il y a aujourd’hui plus de 1.500 communautés dans le monde.

Nous avons trouvé là un lieu où notre fille est toujours considérée avec bienveillance et avec le souci d’accueillir ce qu’elle peut avoir à nous apprendre, notamment sur ce que signifie aimer vraiment. Une préoccupation constante que j’ai retrouvée aussi à l’OCH, une autre création de Marie-Hélène MATHIEU, dont il m’a été demandé de rejoindre le conseil d’administration puis d’en être le trésorier et, en décembre dernier, le président.

Quels projets l’OCH propose-t-il dans les semaines ou les mois qui viennent ?

Je ne peux pas tous les évoquer. Je citerais volontiers quelques événements qui interviendront dans les toutes prochaines semaines : la 20ème journée des frères et sœurs d’une personne malade ou handicapée, intitulée « Choisis la vie ! », qui aura lieu 28 mars, à Paris et à Tours ; l’organisation, le 11 avril à Paris, d’un atelier pour les personnes ayant grandi avec un père ou une mère malade ou handicapée, sur le thème « Comment j’ose bâtir ma vie ? » ; la Journée des mamans d’une personne malade ou handicapée, le 18 mars à Lille, le 28 mai à Lyon, Nantes, Paris et le 30 mai en Alsace, à Avignon et à Bordeaux (« La confiance, un choix quotidien ? ») ; enfin, aura lieu le 12 juin à Paris une Journée exceptionnelle de partage pour les conjoints d’une personne malade ou handicapée. Sur ces projets comme sur toutes les autres actions de l’OCH, on peut se renseigner au (+33) (0)1.53.69.44.30 ou sur le site de la fondation (www.och.fr).

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Anita Bourdin

Journaliste française accréditée près le Saint-Siège depuis 1995. Rédactrice en chef de fr.zenit.org. Elle a lancé le service français Zenit en janvier 1999. Master en journalisme (Bruxelles). Maîtrise en lettres classiques (Paris). Habilitation au doctorat en théologie biblique (Rome). Correspondante à Rome de Radio Espérance.

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