Journée du malade : du service du "patient" au service du "frère"

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Méditation de Mgr Mupendawatu

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La conversion du cœur pour voir le « patient » comme un « frère » : c’est l’invitation de Mgr Jean-Marie Mupendawatu, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, dans une tribune publiée sur L’Osservatore Romano de ce 11 février 2015, XXIIIe Journée mondiale des malades.

Il médite sur le Message du pape François pour cette Journée, intitulé «J’étais les yeux de l’aveugle, les pieds du boiteux» (Jb 29,15) : « Le pape remplace les termes «personne», «patient», «malade», par le mot «frère» », fait-il observer.

En effet, « une relation d’aide ne saurait se réduire à la simple interaction entre une personne saine et une personne malade, entre un technicien qui sait et un patient qui a besoin d’aide », mais elle se construit « entre des personnes qui se rencontrent sur le chemin de la vie ».

« Talent et aptitudes professionnelles sont primordiaux, mais un comportement scientifique froid, impersonnel, ne suffit pas pour aider une personne tourmentée par la maladie, par la souffrance et l’angoisse », ajoute Mgr Mupendawatu.

Les professionnels de la santé ne sont pas appelés simplement à « faire leur devoir » mais à « rendre un service » : « être toujours des serviteurs de la vie » et même « l’aimer encore et toujours, surtout quand la personne a besoin d’attentions et de soins particuliers ». Ils doivent « réécrire chaque jour la parabole du bon samaritain ». 

Finalement, ce geste d’assistance peut « assumer le rôle d’un témoignage de l’amour du Christ » : « la pratique médicale et l’acte thérapeutique peuvent devenir témoignage de l’amour de Dieu en cherchant à calmer cette souffrance qui «semble quasi inséparable de l’existence terrestre de l’homme» (Salvifici doloris, 3). »

Ce témoignage est nécessaire, à l’époque du « grand mensonge » que le pape dénonce : mensonge qui « se dissimule derrière certaines expressions qui insistent beaucoup sur la «qualité de la vie» et qui tendent à répandre la «culture du déchet» ».

En reconnaissant dans « le frère » malade « une valeur et une richesse humaine et chrétienne », le personnel de santé « contribue à la «culture de l’accueil», où la valeur d’une personne ne dépend ni de l’âge ni de ses conditions de vie ».

Enfin, a conclu Mgr Mupendawatu, le message du pape invite à « servir le frère en évitant tout jugement, comme cela est arrivé avec les amis de Job qui étaient prêts à aider mais faisaient une lecture négative de la situation de Job, ne faisant qu’alourdir le fardeau qu’il portait déjà ».

« La réponse aux besoins d’une personne souffrante doit partir d’une « participation à la nature humaine commune, pour faire place à la compréhension et à la miséricorde » : « il faut donc d’abord une conversion personnelle ».

Avec une traduction de Zenit

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Anne Kurian-Montabone

Baccalauréat canonique de théologie. Pigiste pour divers journaux de la presse chrétienne et auteur de cinq romans (éd. Quasar et Salvator). Journaliste à Zenit depuis octobre 2011.

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