ROME, Mardi 13 janvier 2009 (ZENIT.org) - Moins de 0,04 % de la population, c'est ce que représente aujourd'hui la toute petite communauté catholique iranienne. Alors que les évêques d'Iran s'apprêtent à commencer leur visite ad limina (15-17 janvier) à Rome, Radio Vatican a consacré un dossier à ces chrétiens de plus en plus tentés par l'émigration.

Ainsi, dans un pays à 90 % musulmans, les catholiques (Assiro-Chaldéens, Arméniens et Latins) atteignent le chiffre de 25 000 (soit moins de 0,04 % de la population ; 10 000 selon d'autres estimations).

Et ces chiffres ne vont pas en s'améliorant. Ces dix dernières années, le nombre de chrétiens a baissé en Iran, notamment en raison du « taux de natalité plus bas parmi les chrétiens que parmi le reste de la population iranienne », mais aussi et surtout à cause d'une « émigration qui a subi une brusque accélération après 1979 (Révolution islamique, ndlr) et durant la guerre avec l'Irak (1980-1988) ».

Selon Radio Vatican, « la nouvelle législation islamique » a rendu l'intégration des chrétiens « encore plus difficile ». Car si la Constitution iranienne reconnaît les zoroastriens, les juifs et les chrétiens comme « minorités religieuses », les libertés concédées par le régime, « comme l'autorisation de boire du vin, de ne pas porter le tchador ou de pratiquer des activités sportives ou récréatives mixtes, entre hommes et femmes », restent limitées. « Et si l'accès aux charges publiques et à l'armée ne leur est pas formellement interdit, ils peuvent difficilement espérer y faire carrière ».

« Le désir d'émigrer de beaucoup de chrétiens iraniens exprime donc la situation d'une Eglise isolée dans un pays où la liberté de culte et d'association n'est autorisée qu'au sein des lieux de culte », affirme encore Radio Vatican. Les jeunes et les élites sont les premiers à émigrer. Les conséquences de ces départs sont donc « graves », estime encore Radio Vatican qui cite le « vieillissement et l'affaiblissement de la communauté locale, la difficulté pour les jeunes de réussir à trouver un conjoint chrétien et la baisse des vocations sacerdotales ».

Enfin, si l'Eglise latine a été « la communauté la plus pénalisée par le gouvernement des Ayatollah » (notamment pendant les deux premières années de la Révolution islamique), cette situation s'est améliorée ces dernières années : « d'une hostilité ouverte, on est passé à une phase d'assouplissement sous Rafsanjani, puis à une plus grande ouverture sous Khatami, qui s'est traduite en terme d'entrées plus faciles à obtenir pour le clergé, même si un numerus clausus est encore en vigueur », conclut Radio Vatican.

Marine Soreau