Irak: Jean-Paul II dénonce l´embargo et ses conséquences

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Nouvel ambassadeur de la République d´Irak

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CITE DU VATICAN, Lundi 30 avril 2001 (ZENIT.org) – Le pape Jean-Paul II a dénoncé une nouvelle fois l´embargo imposé à l´Irak en tant qu´il frappe des innocents et a renouvelé son appel à la communauté internationale pour y mettre fin.

Le pape Jean-Paul II a reçu en audience, samedi 27 avril, au palais apostolique M. Abdul-Amir Al-Anbari, nouvel ambassadeur de la République d´Irak près le Saint-Siège, à l´occasion de la remise de ses lettres de créance.

Le pape assurait le nouvel ambassadeur de son «estime pour le peuple Irakien» et affirmait s´en souvenir chaque jour dans sa prière, «en particulier à la lumière des difficultés qu´il affronte chaque jour». «Alors que l´embargo continue de faire des victimes dans votre pays, je renouvelle mon appel à la communauté internationale pour que des innocents ne payent pas les conséquences d´une guerre destructrice dont les effets se font encore sentir pour les plus faibles et les plus vulnérables»

Se tournant en pensée vers la communauté catholique d´Irak, le pape affirmait la nécessité du dialogue entre Chrétiens et Musulmans et du respect de l´égalité de tous devant la loi. «Avec leurs compatriotes Musulmans, disait-il, les Chrétiens d´Irak souhaitent travailler à l´unité et à l´harmonie. Leur foi et leurs valeurs chrétiennes leur inspirent de cultiver un esprit de respect mutuel; avec orgueil pour leur identité nationale et le souci du progrès de leur pays. En Irak, et dans le monde entier, le dialogue entre Chrétiens et Musulmans est plus nécessaire que jamais. C´est par un tel dialogue que les croyants seront capables de répondre positivement à l´appel au respect mutuel, de s´élever au-dessus de toute discrimination et de servir le bien commun dans un esprit de fraternité et de compréhension. De la même manière, c´est l´obligation de tout gouvernement d´assurer que l´égalité de tous les citoyens devant la loi n´est jamais violée pour des raisons religieuses, ouvertement ou de façon cachée».

Par ailleurs, la «solidarité sociale», la «loi» et les «instruments de la diplomatie internationale» sont nécessaires à la résolution des situations parfois dramatiques existant dans le monde actuel. «Le Saint-Siège croit fermement», disait le pape en citant son discours du 13 janvier dernier au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, que «sans la solidarité sociale ou le recours à la loi et aux instruments de la diplomatie internationale» les «terribles situations» dans lequel se trouvent certaines populations «seraient encore plus dramatiques et pourraient même devenir insolubles».

De fait le pape rappelait que «c´est précisément la poursuite de la justice et de la paix qui est le force motrice de toute activité du Saint-Siège dans le domaine de la diplomatie internationale». Et il citait les situations où «pauvreté, «maladie», «injustice», «guerre» infligent de grandes «souffrances» au point de faire «douter» de la «capacité le la communauté internationale à soigner les maladies du monde» actuel.

Citant le discours du nouvel ambassadeur, le pape soulignait l´action du Saint-Siège au niveau international et «ses efforts pour servir la famille humaine dans le monde entier», dans la «coopération mutuelle» entre l´Eglise et les pouvoirs politiques au service à la fois «des individus, des peuples, des nations et du monde». En même temps que le monde actuel souffre de «tension», de «violences» et de «conflits armés», en même temps, il est à la recherche, remarquait Jean-Paul II, d´une «plus grande équité» et de «stabilité», de façon à ce que l´humanité puisse vivre «dans la vraie justice et dans une paix durable». «Ce ne sont pas des concepts abstraits, précisait le pape, ou des idéaux inaccessibles, mais des valeurs se trouvant au cœur de chaque personne et de toute nation, et auxquelles les peuples ont droit».

«Des milliers d´années d´histoire ont montré clairement, observait Jean-Paul II en citant à nouveau son discours du 13 janvier, que chaque époque est tentée par la construction «d´un monde fermé su lui-même dans une attitude d´auto-suffisance, de domination et puissance et d´orgueil». C´est pourquoi le Saint-Siège considère comme l´un de ses principaux devoirs de rappeler à l´opinion publique qu´ «aucune autorité, aucun programme politique, et aucune idéologie n´est autorisée à réduire des être humains à ce qu´il peuvent faire ou produire». Les droits inaliénables et la dignité personnelle de chaque être humain doivent être exaltés; la dimension transcendante de la personne humaine défendue».

Et le pape insistait en particulier sur la «dimension religieuse» des êtres humains et de leur histoire, alors que «certains veulent confiner la religion dans la sphère privée, et que des «communautés de croyants sont persécutées»: «les Chrétiens, affirmait le pape, continueront de proclamer que l´expérience religieuse fait partie de l´expérience humaine». C´est, ajoutait Jean-Paul II, «un élément vital dans la formation de la personne et de la société».

Le pape disait sa confiance que le «service» du nouvel ambassadeur puisse renforcer les relations «d´amitié» entre son gouvernement et le Saint-Siège. Le nouvel ambassadeur est en 1934, est marié et a trois enfants. Il est juriste de formation. Il a été auparavant Directeur général du Ministère du pétrole (1974-1977); Président du Fond irakien pour le Développement extérieur (1978-1984); Ambassadeur auprès du ministère des Affaires étrangères (1984); Ambassadeur à Londres (1985-1987); Ambassadeur à Washington (1987-1989); Représentant permanent à l’ONU à New York (1989-1992); Représentant permanent à l’UNESCO à Paris (1993-1999).

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ZENIT Staff

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