La Semaine sainte chez les catholiques orientaux est appelée la Grande et sainte semaine, et diffère quelque peu de la tradition latine. Les deux rites célèbrent le même mystère de la Passion et de la Résurrection du Christ, mais avec des sensibilités et des formes différentes.
La Grande et sainte semaine est vécue comme une expérience spirituelle profonde marquée par la poésie liturgique, le symbolisme et la contemplation de la Croix du Christ. Une grande place est donnée à l’encens, aux processions, aux lectures longues et méditatives, mais aussi au chant : tout est chanté ou presque, la plupart du temps sans instruments et avec une forte participation des fidèles.

Rameaux à Jérusalem © espritdelaliturgie.org
D’après Mgr Manuel Nin Güell, exarque apostolique du monastère de Santa Maria de Grottaferrata, une abbaye grecque de rite byzantin aux portes de Rome, cette richesse spirituelle se manifeste surtout à travers les tropaires, ces chants poétiques de la liturgie qui condensent la foi de l’Église.
« Ce sont des textes nés de la prière du poète, de l’hymniste, du théologien, qui, par une imagerie puissante et parfois paradoxale, parviennent à exprimer symboliquement la profession de foi » explique-t-il. « La liturgie ne se contente pas de rappeler les événements du salut, mais elle les rend présents aujourd’hui pour chaque croyant, l’invitant à participer personnellement à la passion, à la mort et à la résurrection du Seigneur. »
Une procession pour célébrer la mise au tombeau
Pendant la Grande et sainte semaine, les offices du lundi au mercredi sont appelés « Matines de l’Époux », ils invitent à la conversion, à se tenir prêts et à être vigilants pour la venue du Christ. Lors du Jeudi saint, la liturgie de saint Basile est célébrée pour approfondir le sacrifice du Christ et le mystère de la rédemption. L’office est aussi marqué par la lecture de plusieurs passages de l’Évangile retraçant la Passion du Christ.
Le vendredi saint, ou la Grande et sainte Passion, est marqué par la lecture solennelle de douze passages de l’Évangile de la Passion, de la Cène jusqu’à la mise au tombeau. Vient ensuite la vénération de la Croix, puis l’office de la mise au tombeau avec procession du Épitaphios, un tissu symbolisant le Christ mort.
Le Samedi saint est le jour d’attente : on pleure la mort du Christ mais on espère déjà. Les lectures de l’Ancien Testament annoncent l’espérance de la Résurrection. Le rite byzantin introduit la joie plus tôt et progressivement jusqu’à la nuit de Pâques, qui est très festive, joyeuse et entièrement chantée : « Le Christ est ressuscité des morts, par sa mort il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, il a donné la vie ! »
