Plus de 8 500 élèves des écoles chrétiennes de Jérusalem ont été privés de rentrée scolaire cette année, même si une grande partie d’entre eux ont pu reprendre les cours dès le lendemain. Cette nouvelle crise n’a pas duré longtemps, mais continue d’inquiéter les familles de Terre Sainte, l’Église tout entière, et complique le fonctionnement des écoles.
Suite au refus des autorités israéliennes de renouveler les permis d’entrée de 70 enseignants et membres du personnel provenant de Cisjordanie, le Secrétariat général des institutions éducatives chrétiennes a suspendu les cours dans ses établissements ce mardi 1er septembre 2026. Cette suspension a heureusement été levée mercredi 2 septembre au soir, après que le gouvernement a finalement renouvelé les permis d’entrée.
Pour le Secrétariat général des écoles chrétiennes, des permis refusés entraînent non seulement l’absence des professeurs, mais ont aussi des conséquences sanitaires, administratives et sécuritaires dans les écoles. Dans un communiqué publié ce 31 août, le Secrétariat souligne que cette situation met en péril la continuité et la mission chrétienne dans la ville sainte, et que « depuis des siècles, les écoles chrétiennes de Jérusalem mènent une mission éducative et humanitaire profondément enracinée, et font partie intégrante de l’identité de la ville et de son tissu culturel et social ».
« Une crise de l’histoire, de l’identité et de la foi »

« Les Pierres vivantes doivent rester » © lpj.org/fr
Cette crise n’est malheureusement pas la première à Jérusalem. Lors de la rentrée scolaire 2025-2026, 171 enseignants originaires de Cisjordanie n’avaient pas obtenu les permis nécessaires pour enseigner dans les écoles chrétiennes de la ville, ce qui mettait en difficulté environ 10 000 élèves. Les cours avaient été suspendus et les autorisations avaient finalement été délivrées par les autorités une semaine plus tard.
Mais ce contexte intervient aussi quelques jours après l’alerte du Patriarcat latin de Jérusalem sur les difficultés croissantes pour maintenir la présence chrétienne en Terre sainte, entre restrictions de mobilité, pertes de permis de travail et fragilisation économique des familles chrétiennes de Jérusalem, Bethléem, Cisjordanie et Gaza.
« La possibilité d’une Terre Sainte sans chrétiens devrait profondément préoccuper les croyants du monde entier. Il ne s’agit pas simplement d’un changement démographique, mais d’une crise de l’histoire, de l’identité et de la foi. Que signifierait pour le lieu de naissance du christianisme de devenir un musée vide de pierres et de sites archéologiques ? Les pierres vivantes doivent rester », écrit le Patriarcat latin de Jérusalem.
« La destruction n’aura pas le dernier mot. Notre responsabilité est claire. Nous devons investir dans l’éducation, la formation professionnelle, la création de petites entreprises et les institutions communautaires. Nous devons donner aux familles des raisons concrètes de rester, non pas parce qu’elles sont piégées, mais parce qu’elles peuvent construire une vie digne et durable dans leur patrie. »
Les établissements chrétiens de Terre Sainte sont gérés sous la responsabilité du Patriarcat latin de Jérusalem, de la Custodie franciscaine et de diverses congrégations. Ils ont aussi la particularité d’accueillir aussi bien des élèves de différentes confessions chrétiennes que des élèves musulmans.
