Dans les prochains jours, ZENIT vous proposera une série de témoignages autour de la visite du pape Léon XIV en France, pour continuer à vivre dans la joie ce moment inoubliable pour notre pays. Aujourd’hui, nous donnons la parole à plusieurs volontaires qui ont servi lors de la messe célébrée par le Saint-Père, en tant que ministres extraordinaires de la communion. De la préparation très matinale à la distribution de l’Eucharistie au milieu des centaines de milliers de fidèles, ils racontent des moments de ferveur, de communion et de profonde émotion.
Gaëtane Auger a pu servir pendant la messe du pape en accompagnant les prêtres qui donnaient la communion.

Gaëtane Auger (à droite), ministre extraordinaire de communion lors de la messe à la Concorde
« Nous étions convoqués très tôt sur la place de la Concorde pour recevoir les instructions et être placés le long des barrières. Rapidement le lien s’est tissé entre les volontaires, c’était beau de découvrir qui étaient ces personnes qui ont voulu se mettre au service de l’Église pour cet événement. Le pont de la Concorde avait une entrée VIP par laquelle sont passés quelques personnalités mais surtout, les vrais VIP de l’Église : les personnes à personnes à mobilité réduite accompagnées de jeunes volontaires avec de grands sourire. J’étais aussi à une place privilégiée pour voir la joie des fidèles qui arrivaient pour la messe et ceux qui communiaient avec ferveur et même des larmes aux yeux.
C’était un cadeau pour moi d’être là pour la visite du pape au moment où je rentre en France après 12 ans à l’étranger et de voir une Église vivante et assoiffée comme disait le pape dans son homélie. J’espère que nous pourrons à notre tour abreuver toutes les personnes que nous touchons. »
France Renard était chef d’équipe samedi à la messe papale. « Avec 180 bénévoles nous avons aidé au service de la communion pendant la messe sur les Champs-Élysées, secteur D-Nord… et quand tout fut terminé, avec des policiers nous avons découpé les calicots des barrières, de façon à ce que chacun, bénévole, particulier, policier et gendarme, puissent repartir avec un petit tissu de ces deux jours extraordinaires, inoubliables, de joie et même de ”silences échangés”, sous le regard de notre Saint-Père, humble, empli de tendresse, de bienveillance et dont je retiens son message de paix et d’espérance…»
Anne-Laure était volontaire au service de communion à la place de l’Étoile. Pour elle c’était « Une expérience de paix intérieure et en communion avec les autres en même temps. Un silence après l’homélie du pape qui semble impossible au milieu de cette foule, et pourtant…. Inoubliable moment de paix et communion. »

Amélie Perroy (à droite)
Amélie Perroy se souvient : le pape nous a interpellés : nous avons reçu l’eau vive dont parle l’Évangile, mais avons-nous réellement rencontré le Christ personnellement ? Cette interrogation a résonné en moi tout au long de la journée. Comme ministre de la communion, j’ai été témoin de cette rencontre entre le Christ et son peuple. En parcourant les abords de l’Étoile avant la messe, j’ai vu des foules joyeuses et ferventes entrer très tôt dans l’espace prévu pour la célébration, sans crainte d’attendre de longues heures simplement assis par terre. J’ai également vu de nombreuses personnes chercher le sacrement de réconciliation auprès des prêtres présents pour assurer le service de communion.
Au moment de la communion, sur les Champs-Élysées puis dans l’avenue de la Grande-Armée, j’ai contemplé des visages assoiffés de Dieu, des mains tendues avec respect, des genoux fléchis, des regards habités par l’espérance. Oui, c’était bien pour le Christ qu’ils étaient venus. Pour Celui qui, comme nous l’a rappelé le Saint-Père, les connaît par leur nom, les rejoint dans leur histoire et se donne à eux dans les sacrements. »
Mateo Marin, originaire des États-Unis partage avec nous son témoignage :
« Pour moi, cette messe a été une expérience vraiment unique. J’ai déjà assisté à de nombreuses messes rassemblant plus de centaines de milliers de personnes, notamment lors des Journées mondiales de la jeunesse, ou encore lors des messes du Jubilé l’année dernière à Rome. Mais cette messe a revêtu une importance toute particulière à mes yeux, car j’ai pu y participer en tant que ministre extraordinaire de l’Eucharistie, pour distribuer la sainte communion.

Mateo Marin (à gauche) avec Andrés de La Torre, séminaristes LC
Et l’une des consignes que l’on nous avait données avant la messe était : « Eh bien, continuez simplement à distribuer la communion jusqu’à ce que vous soyez à court d’hosties ou qu’il n’y ait plus de fidèles. » Je me suis dit : « J’espère ne pas être à court d’hosties, car évidemment, je ne voulais pas que des personnes repartent sans avoir reçu Notre Seigneur. » Et lorsque je suis arrivé à l’endroit où je distribuais la communion, j’ai vu… enfin, il y avait tant de monde !
Et je n’arrêtais pas de baisser les yeux vers mon suborium en me demandant : « Est-ce que ça va suffire ? Est-ce que ça va suffire ? » Et puis, j’avais une peur immense, parce que je voyais à quel point les gens désiraient recevoir Notre Seigneur. C’était magnifique. Les gens s’avançaient, et même s’il y avait de la poussière partout autour, ils s’agenouillaient pour recevoir Notre Seigneur.
Il y avait tellement de ferveur. Chaque personne à qui j’ai donné la communion l’a fait avec tant d’amour. Et c’était tellement particulier.
Je me souviens du moment où j’ai finalement été à court d’hosties, mais il y avait encore des gens qui attendaient. J’ai ressenti une douleur intense dans mon cœur. Je ne savais pas quoi faire.
Je me sentais tellement impuissant. Et j’ai juste dit, en quelque sorte : « Eh bien, je suis désolé. » Et je commençais à m’éloigner quand j’ai aperçu un autre ministre de l’Eucharistie près d’un suborium où il restait encore de très nombreuses hosties.
J’ai alors demandé : « Puis-je en prendre la moitié pour vous aider à continuer à distribuer Notre Seigneur ? » Et ce que j’ai vraiment compris, c’est que, oui, tous ceux qui étaient là avaient un si grand désir de recevoir Notre Seigneur avec tant de ferveur, mais ce désir vient toujours de Notre Seigneur. C’est lui qui veut aller vers son peuple, qui veut s’unir à son peuple. Je pense que ce moment correspondait précisément à cela, au cœur de l’Eucharistie, alors que, de toute évidence, toute l’attention était tournée vers le pape et sa présence.
C’est finalement la messe qui nous rappelle sans cesse que c’est Notre Seigneur qui a donné sa vie, qui a donné sa vie sur la croix pour nous, et que chaque jour, lors de la messe, il veut s’offrir à nouveau et s’unir à nous dans l’Eucharistie. C’est donc un moment si particulier que de se le rappeler, n’est-ce pas ? Et chaque messe nous le rappelle : ce désir profond de Notre Seigneur d’être uni à nous. Et je pense que c’est ce qui m’a le plus marqué, ce qui m’accompagne encore aujourd’hui : même s’il y avait plus de 700 000 personnes, c’était cette expérience intime, ce face-à-face, pour chaque personne qui reçoit notre Seigneur, et il n’y a pas de mots pour décrire cela. »
