Discours du Pape Léon XIV aux participants au cours annuel sur le for interne, organisé par la Pénitencerie apostolique, 13 mars 2026 © Vatican Media

Discours du Pape Léon XIV aux participants au cours annuel sur le for interne, organisé par la Pénitencerie apostolique, 13 mars 2026 © Vatican Media

Léon XIV exhorte les confesseurs à perfectionner leur formation sur le sacrement de la réconciliation

Discours aux participants du XXXVIe cours sur le for interne, organisé par la Pénitencerie apostolique

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Vendredi 13 mars 2026, salle Clémentine, le pape Léon XIV a rencontré les prêtres et diacres participants au XXXVIe cours sur le for interne, les invitant à approfondir leur formation pour mieux servir le sacrement de la réconciliation et faire vivre la miséricorde de l’Église.

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Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Que la paix soit avec vous !

Éminence, Excellence, chers prêtres, diacres et autres personnes qui nous accompagnent, bonjour et bienvenue !

Je suis très heureux de rencontrer ceux qui, aux premiers pas de leur ministère sacerdotal, ou en attente d’être ordonnés, perfectionnent leur formation de confesseurs à travers le cours sur le for interne, proposé chaque année par la Pénitencerie apostolique.

Discours du Pape Léon XIV aux participants au cours annuel sur le for interne, organisé par la Pénitencerie apostolique, 13 mars 2026 © Vatican Media J’adresse un salut cordial à Son Éminence, le cardinal Angelo De Donatis, pénitencier majeur, au régent Mgr Nykiel et à tous les membres de la Pénitencerie, aux pénitenciers ordinaires et extraordinaires des basiliques papales et à vous tous, participants à ce cours. Ce cours a été fortement souhaité par saint Jean-Paul II, qui l’a soutenu de sa passion pastorale ; il a été confirmé par le pape Benoît XVI grâce à sa sagesse théologique, ainsi que par le pape François, qui a toujours eu à cœur le visage miséricordieux de l’Église.

Je vous exhorte moi aussi à poursuivre ce service, en approfondissant et en élargissant l’offre de formation, afin que le quatrième sacrement soit de plus en plus profondément connu, célébré de manière adéquate et, par conséquent, vécu sereinement et efficacement par tout le peuple saint de Dieu.

Le sacrement de la réconciliation – nous le savons – a connu au cours de l’histoire un développement remarquable, tant dans sa compréhension théologique que dans sa forme de célébration. L’Église, mère et maîtresse, en a progressivement reconnu le sens et la fonction, élargissant les possibilités de sa célébration. Pourtant, la possibilité de recevoir ce sacrement à plusieurs reprises ne s’accompagne pas toujours, de la part des baptisés, d’un empressement à y recourir : c’est comme si l’infinie richesse de la miséricorde de l’Église restait « inutilisée », à cause d’une distraction généralisée des chrétiens qui, bien souvent, restent longtemps en état de péché, plutôt que de s’approcher du confessionnal, avec simplicité de foi et de cœur, pour accueillir le don du Seigneur ressuscité.

Discours du Pape Léon XIV aux participants au cours annuel sur le for interne, organisé par la Pénitencerie apostolique, 13 mars 2026 © Vatican Media C’est le quatrième concile du Latran, en 1215, qui a établi que tout chrétien est tenu à la confession sacramentelle au moins une fois par an ; et le Catéchisme de l’Église catholique, après le Concile Vatican II, a confirmé cette norme (cf. CCC, n° 1457), qui est aussi une loi de l’Église : « Tout fidèle, ayant atteint l’âge de raison, est tenu de confesser fidèlement ses péchés graves, au moins une fois par an » (CIC 989).

Saint Augustin affirme : « Celui qui reconnaît ses péchés et les condamne est déjà en accord avec Dieu. Dieu condamne tes péchés ; et si toi aussi tu les condamnes, tu t’unis à Dieu » (In Iohannis evangelium tractatus 12, 13 : CCL 36, 128). Reconnaître nos péchés, surtout en ce temps de Carême, signifie donc « nous mettre d’accord » avec Dieu, nous unir à Lui.

Le sacrement de la réconciliation est alors un « laboratoire d’unité » : il rétablit l’unité avec Dieu, à travers le pardon des péchés et l’infusion de la grâce sanctifiante. Cela conduit à l’unité intérieure de la personne et l’unité avec l’Église ; c’est pourquoi cela favorise aussi la paix et l’unité au sein de la famille humaine. On pourrait se demander : les chrétiens qui portent de graves responsabilités dans les conflits armés ont-ils l’humilité et le courage de faire un sérieux examen de conscience et de se confesser ?

Mais — demandons-nous encore — l’homme, petite et simple créature, peut-il vraiment « rompre l’unité » avec le Créateur ? Cette image n’est-elle pas partielle et, en définitive, appauvrissante de la Révélation que Jésus nous a faite de Dieu ?

En réalité, le péché ne rompt pas l’unité entendue comme dépendance ontologique de la créature envers le Créateur : même le pécheur demeure totalement dépendant de Dieu Créateur, et cette dépendance, lorsqu’elle est reconnue, peut ouvrir le chemin de la conversion. Le péché rompt plutôt l’unité spirituelle avec Dieu : il consiste à lui tourner le dos, et cette possibilité dramatique est aussi réelle que le don de la liberté que Dieu lui-même a fait aux êtres humains. Nier la possibilité que le péché rompe réellement l’unité avec Dieu signifie en réalité méconnaître la dignité de l’homme, qui est — et demeure — libre et donc responsable de ses actes.

Très chers jeunes prêtres et ordinands, ayez toujours une vive conscience de la très haute mission que le Christ lui-même, à travers l’Église, vous confie : reconstruire l’unité des personnes avec Dieu à travers la célébration du Sacrement de la réconciliation. La vie entière d’un prêtre peut être pleinement réalisée en célébrant assidûment et fidèlement ce sacrement. En effet, combien de prêtres sont devenus saints dans le confessionnal ! Il suffit de penser à saint Jean-Marie Vianney, à saint Léopold Mandić et, plus récemment, à saint Pio de Pietrelcina et au bienheureux Michał Sopoćko.

L’unité rétablie avec Dieu est aussi l’unité avec l’Église, qui est le corps mystique du Christ : nous sommes membres du « Christ total ». Le thème de votre cours cette année : « L’Église appelée à être maison de miséricorde », serait incompréhensible si l’on ne partait pas de la racine qu’est Jésus Christ ressuscité. L’Église accueille les personnes comme « maison de miséricorde » parce qu’elle accueille tout d’abord continuellement son Seigneur dans la Parole écoutée et proclamée et dans la grâce des sacrements.

Pour cette raison, dans la célébration de la Confession sacramentelle, tandis que les pénitents sont réconciliés avec Dieu et avec l’Église, l’Église elle-même s’édifie, et est enrichie par la sainteté renouvelée de ses enfants repentants et pardonnés. Dans le confessionnal, chers frères, nous collaborons à l’édification continue de l’Église : une, sainte, catholique et apostolique; et ce faisant, nous donnons aussi de nouvelles énergies à la société et au monde.

Enfin, l’unité avec Dieu et avec l’Église est le présupposé de l’unité intérieure des personnes, aujourd’hui si nécessaire dans ce temps de fragmentation que nous vivons. Cette unité intérieure apparaît comme un désir réel surtout chez les jeunes générations. Les promesses non tenues d’un consumérisme effréné et l’expérience frustrante d’une liberté détachée de la vérité peuvent se transformer, par la miséricorde divine, en occasions d’évangélisation : en faisant ressortir le sentiment d’inachèvement, elles permettent de susciter les questions existentielles auxquelles seul le Christ répond pleinement. Dieu s’est fait homme pour nous sauver, et il le fait aussi en éduquant notre sens religieux, notre recherche irrépressible de vérité et d’amour, afin que nous puissions accueillir le Mystère en qui « nous avons la vie, le mouvement et l’être (Ac 17, 28).

Ce dynamisme d’unité avec Dieu, avec l’Église et en nous-mêmes est un fondement de la paix entre les hommes et les peuples : seule une personne réconciliée est capable de vivre de manière désarmée et désarmante ! Celui qui dépose les armes de l’orgueil et se laisse continuellement renouveler par le pardon de Dieu, devient un artisan de réconciliation dans la vie quotidienne. En lui ou en elle s’accomplissent les paroles attribuées à saint François d’ Assise : «Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix».

Très chers amis, n’oubliez jamais de vous approcher vous-mêmes, avec une fidélité constante, du sacrement du pardon, afin d’être toujours les premiers bénéficiaires de la Miséricorde divine dont vous êtes devenus — ou deviendrez — les ministres. Que Marie, Mère de la Miséricorde, accompagne toujours votre chemin et éclaire vos pas. Sur vous et sur votre engagement quotidien, je donne de tout cœur la bénédiction apostolique. Merci.

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L’Osservatore Romano

Traduction réalisée par ZENIT

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Pape Léon XIV

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