Phrase d’introduction : Le 10 octobre, recevant les évêques du Synode de l’Église grecque-melkite d’Antioche, le pape Léon XIV a exprimé sa proximité avec les chrétiens du Moyen-Orient, les encourageant à être des témoins de réconciliation et de paix au cœur des conflits, et à préserver la communion au sein de l’Église.
___________________
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Que la paix soit avec vous !
Votre Béatitude,
Chers frères évêques, frères et sœurs,
c’est un plaisir de vous rencontrer à l’occasion de votre Synode, qui n’est pas seulement un acte de gouvernance, mais aussi un moment de communion et de service en tant qu’évêques. Par votre intermédiaire, j’adresse mes salutations chaleureuses aux prêtres, aux religieux et religieuses, aux séminaristes et à tous les fidèles bien-aimés de l’Église Melkite, tant sur vos propres territoires que dans la diaspora à travers le monde.
Comme vous le savez bien, c’est à Antioche que les disciples de Jésus-Christ furent pour la première fois appelés « chrétiens ». À l’époque comme aujourd’hui, les chrétiens sont appelés à mener une vie qui témoigne de la présence vivante de Dieu habitant parmi nous. En effet, les premiers chrétiens se distinguaient des autres par leur vie de charité, ce qui est toujours le cas dans vos paroisses. Vous ne vous contentez pas de porter la foi dans votre esprit, mais vous la laissez pénétrer votre cœur, poussés par l’Esprit à partager votre nourriture avec ceux qui ont faim, à offrir éducation et soins de santé, à accompagner et à encourager ceux qui souffrent, à permettre à l’Église d’être un phare — la lumière du Christ —, en particulier en cette période tumultueuse.
Dans de nombreux territoires traditionnels de votre Église, les fidèles sont en proie à la guerre, aux troubles, à l’extrémisme religieux et à la détresse économique. Par votre intermédiaire, je voudrais dire à votre Église bien-aimée : je suis avec vous. Toute l’Église catholique est avec vous. Car lorsqu’un membre souffre, tout le Corps souffre avec lui (cf. 1 Co 12, 26). Et c’est précisément parce que vous souffrez et que vous vous efforcez d’imiter Jésus dans la douceur avec laquelle il a racheté le monde que vous êtes au cœur de l’Église. Je pense en particulier aux blessures, aux difficultés auxquelles vous êtes confrontés, qui poussent nombre de vos fidèles à se rendre dans des contrées lointaines, pour trouver du travail, pour échapper aux dangers et parfois même à la persécution, afin d’élever leurs familles en toute sécurité.
Votre Église a là une vocation extraordinaire : être témoins de réconciliation et de paix dans des contrées ravagées par les conflits. Vous êtes les germes de la communion dans des contrées qui sont marquées par la violence. Ce témoignage fait véritablement de vous des icônes de siècles de foi dans les lieux les plus sacrés de notre salut.
Parfois, la prédilection humaine pour les conflits peut également nous affecter au sein même de l’Église. Ce n’est pas un hasard si, dans le rite sacré et évocateur de votre tradition byzantine, la première instruction donnée au prêtre et au diacre qui se préparent à célébrer la Divine Liturgie est de se réconcilier avec tous, de ne rien reprocher à personne et de ne nourrir aucune rancœur dans leur cœur. Cette réconciliation est en soi un sacrifice en Christ et avec lui.
À cet égard, votre Synode des évêques est le gardien de la communion. Vous avez une grande responsabilité, qu’il convient de préserver et d’entretenir au sein de la collégialité épiscopale, comme j’ai tenu à le souligner dans la Lettre apostolique Mutua Concordia. Nous devons toujours rester vigilants pour ne pas succomber à la tentation de nous élever au-dessus des autres, en recherchant le pouvoir plutôt que le service, le profit plutôt que la transparence et l’honnêteté, et la réussite personnelle plutôt que la sollicitude pastorale. Le Saint-Esprit nous pousse à œuvrer et à prier, à prier pour l’unité qui aidera tous les hommes à reconnaître que le Christ est parmi nous.
De plus, l’expression la plus éloquente de notre foi et la transmission la plus claire de la Bonne Nouvelle à ceux qui ne connaissent pas le Christ se manifestent lorsque nous portons notre croix et choisissons de manifester l’amour dans les moments où nous sommes effrayés, en colère ou dans la souffrance. Nous qui servons l’Église en tant que clercs, nous donnons à nos fidèles une plus grande espérance dans l’Évangile lorsque nous faisons notre examen de conscience et que nous nous rendons mutuellement des comptes, non seulement en matière d’administration des biens matériels, mais aussi dans la manière dont nous recherchons la réconciliation.
Nous avons vu tout au long de l’histoire que les épreuves auxquelles nous sommes confrontés — qu’il s’agisse du martyre ou des simples sacrifices que nous faisons par amour pour notre prochain — nous offrent l’occasion de manifester notre foi d’une manière qui trouve un écho dans le cœur de ceux qui recherchent la paix véritable. Je prie donc pour qu’avec l’espérance chrétienne et l’amour pour tous ceux avec qui vous vivez, vous continuiez à former les jeunes et à encourager chacun dans vos traditions les plus nobles.
Pour sa part — et grâce à la générosité de tant de personnes —, le Siège Apostolique veille à ce que des bourses soient mises à la disposition des fidèles de Syrie, du Liban et d’Irak afin qu’ils puissent bénéficier d’une éducation catholique. Notre objectif est de soutenir les jeunes, afin que les familles chrétiennes disposent de l’aide nécessaire pour rester au Moyen-Orient et maintenir une présence chrétienne.
Je vous remercie pour ce que vous faites et je vous assure de ma proximité spirituelle. Confiant ce Synode à l’intercession de la Theotokos — celle qui porte Dieu —, je prie pour que le Saint-Esprit vous éclaire et vous guide dans vos décisions. Sur vous et sur tous les fidèles de l’Église Melkite, j’invoque l’abondance de la bénédiction du Seigneur.
Merci
Copyright © Dicastère pour la Communication – Libreria Editrice Vaticana
