Décerné lors du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, le Prix International 2026 de la Bande Dessinée Chrétienne a été attribué à l’album Vous n’aurez pas les enfants, une œuvre poignante qui retrace le sauvetage de 108 enfants juifs du camp de transit de Vénissieux en août 1942, à travers le combat discret mais déterminé de l’abbé Glasberg et d’une chaîne de solidarité exceptionnelle.
Première publication le 26 janvier 2026 par la CEF
Le Prix International de la Bande Dessinée Chrétienne d’Angoulême est décerné par un jury national réuni à la CEF à Paris. Il est chargé de faire un choix parmi une sélection d’albums établie par le comité de sélection.
Composition du jury :
- Jean-Louis Balsa, président, archevêque d’Albi, Lavaur et Castres
- Frédéric Bergeret, responsable des éditions à la CEF
- Jeff Comba, Pasteur
- Daniel Coyne, libraire co-fondateur de Canalbd
- Gérard Discour, documentaliste à la retraite
- Catherine Mottet, inspectrice Éducation nationale
- Sylvie Savary, prof. de lettres à la retraite
- Gauthier Vaillant, journaliste à la Croix
La remise des prix a eu lieu pendant le festival international de la bande dessinée d’Angoulême à l’église Saint-Martial.
Le Prix International 2026 de la Bande Dessinée Chrétienne a été attribué à l’album Vous n’aurez pas les enfants

L’incroyable sauvetage des enfants juifs de Vénissieux
Août 1942, région lyonnaise. Dans une France déchirée, le gouvernement de Vichy s’apprête à organiser une nouvelle rafle après le Vel’ d’Hiv’, en livrant à l’occupant nazi des juifs étrangers de la zone libre. Parmi eux figurent des centaines d’enfants. Quand l’abbé Glasberg apprend ce qui se trame, il a peu de temps devant lui pour agir. Fondateur de L’Amitié chrétienne, l’homme d’Église a épluché méthodiquement les lois jusqu’à trouver une faille : ses espoirs reposent sur une liste d’exemptions ! Sous couvert d’aider à trier les internés qui affluent, l’Abbé entame un véritable combat administratif. Grâce à une chaine de solidarité d’une ampleur inédite formée par des citoyens, des résistants et des membres de l’œuvre chrétienne, il va réussir à exfiltrer un très grand nombre de personnes du camp de Vénissieux en fournissant notamment de faux documents. Mais il sait que les convois vont bientôt emmener les femmes et les enfants qui restent. Il sait aussi qu’un ultime alinéa stipule l’impensable. Si les parents abandonnent leurs enfants, ces derniers ne peuvent être déportés. Le stratagème est déchirant. Dans la nuit du 28 au 29 août 1942, des mères et des pères vont faire un dernier acte d’amour pour éviter à leurs enfants la solution finale.
Le sauvetage de 108 enfants du camp de transit de Vénissieux restera à jamais dans les mémoires. Arnaud Le Gouëfflec et Olivier Balez livrent une adaptation fidèle du livre de l’historienne Valérie Portheret qui signe ici la préface, à travers un album bouleversant où se pose la question de la responsabilité de chacun. Entre témoignage et travail de mémoire, le trait est sombre et le scénario concis. Il n’y a pas ici de grand héros, mais une solidarité qui rend compte du courage collectif face à l’inacceptable. Une œuvre édifiante à mettre entre toutes les mains.
Historienne, Valérie Portheret a reconstitué, au terme de vingt-cinq ans de recherches, ce sauvetage des enfants du camp de Vénissieux, recueillant partout dans le monde, la parole d’un très grand nombre d’entre eux.
