En France, des manifestations de lycéens ont débuté au mois de septembre en région parisienne, avant de s’étendre à l’ensemble du pays. À ce jour, 141 lycées sont fermés et des manifestations de rue sont organisées, rassemblant des dizaines de milliers de jeunes.
Les jeunes contestent entres autres les conditions d’études et la pénibilité du travail scolaire. Ils dénoncent des classes surchargées, les absences répétées et le manque de professeurs, la vétusté des infrastructures et la pression psychologique liée à la sélection sur Parcoursup.
Aujourd’hui, ce mouvement se trouve fortement assombri par de multiples violences et destructions commises par des « casseurs », des pillages et des confrontations avec les forces de l’ordre. Ces débordements contrastent fortement avec les messages de paix et d’encouragement du pape Léon XIV tout au long de son voyage en France, notamment avec ces 80 000 jeunes joyeux et paisibles venus au « Stade de France » le 25 septembre dernier.
Ce mercredi 7 octobre 2026, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF) a publié un message, dans lequel les évêques rendent grâce pour la venue récente du pape mais mentionnent aussi les difficultés vécues actuellement dans le pays, en faisant référence implicitement au mouvement des lycéens : « Que la mémoire heureuse de ces magnifiques moments nous aide à être artisans de paix, alors que notre pays connaît ces jours-ci des tensions graves. »
« C’est d’abord et avant tout une crise d’espérance »
Parmi les réactions de l’Église en France figure celle de Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre et responsable du Conseil pour l’enseignement catholique au sein de la Conférence des évêques de France. Dans un entretien accordé aux médias du Vatican, il met en garde contre toute banalisation de cette « violence destructrice », qui témoigne du mal-être d’une partie de la jeunesse française et de ses inquiétudes face à l’avenir.

Blocus au lycée Jules-Ferry de Paris, 2 octobre 2026 © Wikipedia.org
Selon lui, ces actes expriment « une violence intérieure chez certains jeunes perdus, qui n’ont pas trouvé de sens ou à qui on n’a pas transmis le sens de la vie. Là, il y a une violence qui détruit et qui ne peut être approuvée. Mais cela nous interpelle à être encore plus attentifs à nos jeunes ». L’évêque de Nanterre lance ainsi un appel à la paix, à l’écoute et au dialogue, ainsi qu’à l’accompagnement des jeunes dans leur souffrance.
Une autre réaction est celle de Mgr Hervé Gosselin, évêque d’Angoulême, qui appelle lui aussi à entendre les inquiétudes qui se cachent derrière les revendications immédiates des jeunes. Il condamne ces violences, qu’il qualifie d’« échec du lien social ». Il souligne lui aussi le rôle de l’Église dans la transmission de l’espérance, à travers la rencontre, l’écoute et l’accompagnement. Il invite enfin les jeunes à ne céder ni à la violence et au découragement, mais plutôt à devenir des artisans de paix. « La vie est un appel : écoutez-le », leur écrit-il.
Enfin soulignons aussi la réaction de Guillaume Prévost, secrétaire général de l’Enseignement catholique, qui invite « à prendre au sérieux la colère des jeunes », précisant que ce phénomène touche également les établissements catholiques : « La crise de l’éducation que nous traversons est profonde. Ce n’est pas seulement une crise de moyens, une crise administrative, d’organisation. C’est d’abord et avant tout une crise d’espérance, ce que nous devons relever. »
