Trafic d’être humains : « dénoncer les trafiquants sans honte »

En dialogue avec le pape (3)

Journée contre la traite, le trafic © Vatican Media

Journée contre la traite, le trafic © Vatican Media

L’éducation est « un instrument de protestation contre la traite [d’êtres humains] qui aide à identifier les dangers et à éviter les illusions », a affirmé le pape François. Il encourage les anciennes victimes à « dénoncer les trafiquants sans honte » et à « devenir des porteurs de bons messages auprès d’autres jeunes afin qu’ils ne finissent pas dans le même piège ».

En recevant les participants à un événement pour la Journée mondiale de réflexion contre la traite des personnes, au Vatican, le 12 février 2018, le pape a souligné que « les jeunes qui ont rencontré la criminalité organisée peuvent jouer un rôle clef pour décrire les dangers ».

« Les trafiquants, a-t-il dénoncé, sont souvent des personnes sans scrupules, sans morale ni éthique qui vivent des disgrâces d’autrui, profitant des émotions humaines et du désespoir des personnes pour les plier à leur volonté, en les rendant esclaves et soumis. »

Nous publions ci-dessous la troisième partie du dialogue que le pape a entamé avec les participants à la rencontre.

AK

En dialogue avec le pape (3)

[Faith Outuru, en anglais] Je suis une des nombreuses personnes provenant d’un pays lointain, avec une culture différente, avec des conditions de vie et une expérience d’Eglise différente. Maintenant je suis ici et souhaite construire ici mon avenir. Mais je pense à mon pays, à tant de jeunes que l’on illusionne avec de fausses promesses, trompés, réduits en esclavage, prostitués. Comment pourrions-nous aider ces jeunes à ne pas tomber dans le piège des illusions et dans les mains des trafiquants ?

Comme tu viens de dire, il faut faire en sorte que les jeunes ne tombent pas « dans les mains des trafiquants ». Il est horrible de se rendre compte que tant de jeunes victimes ont été d’abord abandonnées par leurs familles, considérées comme des rebuts de leur société ! Beaucoup ont été forcés à la traite par leurs propres parents et leurs soi-disant amis. Cela est arrivé dans la bible aussi : vous vous souvenez du jeune Joseph vendu comme esclave par ses frères aînés et emmené comme esclave en Egypte!

Dans les conditions d’extrême malaise aussi, l’éducation se révèle importante. C’est un instrument de protestation contre la traite qui aide à identifier les dangers et à éviter les illusions. Un sain environnement scolaire, comme un sain environnement paroissial, permet aux jeunes de dénoncer les trafiquants sans honte et de devenir des porteurs de bons messages auprès d’autres jeunes afin qu’ils ne finissent pas dans le même piège.

Tous ceux qui ont été victimes de traite sont des sources inépuisables de support pour les nouvelles victimes et d’importantes sources d’informations pour sauver tant d’autres jeunes. Ce sont souvent de fausses nouvelles, parvenues par le bouche à oreille ou filtrées par des social media, qui prennent au piège les innocents. Les jeunes qui ont rencontré la criminalité organisée peuvent jouer un rôle clef pour décrire les dangers. Les trafiquants sont souvent des personnes sans scrupules, sans morale ni éthique qui vivent des disgrâces d’autrui, profitant des émotions humaines et du désespoir des personnes pour les plier à leur volonté, en les rendant esclaves et soumis. Il suffit de penser à toutes ces femmes africaines, très jeunes, qui arrivent sur nos côtes dans l’espoir de commencer une vie meilleure, pensant qu’elles pourront gagner leur vie honnêtement, et sont au contraire rendues esclaves, forcées à se prostituer.

Pour les jeunes, il est fondamental de construire pas à pas sa propre identité et d’avoir un point de référence, un phare-guide. L’Eglise, depuis toujours, veut être aux côtés des personnes qui souffrent, en particulier des enfants et des jeunes, en les protégeant et en promouvant leur développement humain intégral. Les mineurs sont souvent « invisibles », sujets à dangers et menaces, seuls et manipulés ; nous voulons, même dans les réalités les plus précaires, être votre phare d’espérance, votre support, parce que Dieu est toujours avec vous.

« Le courage et l’espérance sont des qualités que tout le monde a mais qui sont surtout le propre des jeunes : courage et espérance. L’avenir est certainement dans les mains de Dieu, les mains d’un Père qui voit tout. Cela ne signifie pas nier les difficultés et les problèmes, mais les voir, ça oui, comme quelque chose de provisoire et de surmontable. Les difficultés, les crises, avec l’aide de Dieu et la bonne volonté de tous, peuvent être surmontées, vaincues, transformées ».

Traduction de Zenit, Océane Le Gall

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel

Abonnez-vous au service quotidien de ZENIT par courriel

Des informations sur le pape François et l'Eglise chaque jour par courriel

Merci de vous être abonné!