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Père Zollner et père Lombardi © Vatican Media

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Protection des mineurs: un « premier effet concret » de la rencontre des présidents des conférences épiscopales

Une priorité, l’écoute des victimes, réaffirme le père Lombardi

Une réunion interdiscastérienne restreinte s’est tenue ce lundi 25 février 2019,  de 9 heures à 13 heures, à propos de la lutte contre les abus sur les enfants, indique le directeur par intérim du Bureau de presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti: on a réaffirmé la priorité de l’écoute des victimes dans la suite à donner au sommet qui s’est achevé dimanche.

Cette réunion est un « premier effet concret » de la rencontre sur « La protection des mineurs dans l’Église » (21-24 février 2019) qui a rassemblé les présidents des conférences épiscopales du monde au Vatican: « Quelques supérieurs de la Secrétairerie d’État et les chefs des dicastères particulièrement engagés sur le thème, ont pris part à la réunion avec le Comité organisateur et le Modérateur de la rencontre, le père Federico Lombardi SJ, qui a parlé du déroulement, des premières réactions à la rencontre et sur le suivi ».

L’écoute des victimes

Le communiqué souligne que c’est « à l’unanimité » que l’accent a été mis l’accent sur le pape que cette rencontre « fortement voulue par le pape François » était « nécessaire ».

Il a également été souligné « que cet événement devait désormais être suivi de mesures concrètes demandées avec force par le Peuple de Dieu ».

Il a donc été question des « principes fondamentaux » qui devaient inspirer « les documents et la task force annoncés lors de la conférence de presse finale de la rencontre ».

Ces initiatives, a-t-il été affirmé, « devront être communiquées de la manière la plus claire, rapide et détaillée possible ».

Au cours de leurs interventions libres des chefs de dicastères « ont réaffirmé leur engagement à suivre l’exemple du pape François dans la lutte contre les abus ».

Puis « l’accent a été mis sur la nécessité d’écouter les victimes comme point de départ de cet engagement ».

Parmi les autres points soulignés, Alessandro Gisotti note: « la participation accrue des laïcs sur ce front » et la « nécessité d’investir dans la formation et la prévention » en s’appuyant sur des réalités ayant « une expérience consolidée dans ce domaine ».

Enfin, il a été souligné la nécessité de « vérifier, grâce à des réunions interdicastérielles que les progrès du suivi » de la réunion d »sous le signe de la synodalité et de la synergie ».

Une expérience de l’Eglise universelle

Dans un entretien accordé à Vatican News (Hélène Destombes), le père Federico Lombardi, président de la Fondation Joseph Ratzinger-Benoît XVI et modérateur de la rencontre, confie ses impressions sur cette rencontre: « J’ai eu vraiment l’impression de faire une expérience d’Église universelle. Il y avait des personnes qui avaient déjà une grande expérience, qui avaient déjà travaillé beaucoup dans ce sens. Il y en avait d’autres qui venaient de régions ou de diocèses dans lesquels on a vraiment encore un bon chemin à faire. Mais il y avait une unité de sentiments, de disponibilité, de désir d’apprendre et de faire des pas en avant qui était vraiment positive. On a fait un chemin. On a noté la participation de personnes qui étaient peut-être au commencement un peu sceptiques ou pas bien informées sur la question, et qui ont fait un chemin important. Un grand nombre de personnes m’ont dit que vraiment, pour eux, c’était une très belle expérience; l’écoute des victimes… On a eu des moments très intenses et très forts qui nous ont aidés à changer intérieurement. »

Il insiste sur cette dimension universelle: « Cette rencontre était particulière. C’était la première fois qu’on avait une rencontre universelle. On avait déjà essayé, il y a six ans je pense, à l’université Grégorienne, d’avoir des représentants de toutes les conférences épiscopales, et la grande partie étaient présents, mais ce n’était pas les présidents, ils n’étaient pas convoqués par le Pape. L’expérience était différente, et elle était utile naturellement. Mais ici, c’était un moment de conscience et d’expérience ecclésiale universelle particulier, sûrement. C’est pourquoi nous espérons vraiment que la rapidité du chemin et le partage des problèmes et des solutions soient plus efficaces, plus rapides et plus profonds après cette rencontre. »

La place des femmes dans la « task force »

Il souligne aussi l’importance du partage des expériences: « Il faut bien comprendre qu’il y a des situations, des diocèses, des pays, dans lesquels on a déjà fait beaucoup d’actes, on a déjà une grande expérience. Mais il faut la partager, et il faut faire en sorte qu’elle soit présente dans tous les coins du monde. Ça, ce sont les pas concrets qui sont à faire, et il faut les faire partout. »

A propos du projet de mettre ne place une task force, des équipes spéciales pour épauler les diocèse qui ont moins de ressources pour affronter la question, le p. Lombardi précise: « Il y a des personnes compétentes dans les différents champs dans lesquels il faut travailler: soit la psychologie, soit le droit, soit une autre initiative pastorale et spirituelle. Et les personnes compétentes sont des hommes et des femmes, naturellement! Je suis convaincu que la place des femmes dans ce champ est très importante, doit être très importante, surtout pour la sensibilité et la capacité d’écoute. Je suis vraiment convaincu que la grande richesse des compétences est très précieuse pour la constitution de ces task forces, de ces groupes. »

L’exemple de la Cité du Vatican

Pour ce qui est du « motu proprio » qui concernera la Cité du Vatican, il ajoute l’importance de l’exemplarité: « Si l’on dit que dans les diocèses, les différentes parties du monde, il faut avoir des bonnes lignes-guide ou des bonnes lois, alors naturellement il faut donner le bon exemple. À commencer par la Cité du Vatican, la communauté ecclésiale et la communauté de la Curie romaine, qui sont les collaborateurs du Pape, et qui ont aussi des lois à suivre. On avait déjà, dans des lois de la Cité du Vatican, des normes pour la protection des mineurs. Mais c’est un renouvellement assez significatif je pense, pour donner des standards et des orientations pour d’autres parties de l’Église. Et aussi pour bien insérer le Vatican comme État, comme petit État, dans le système international des lois pour la protection des mineurs. »

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