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Audience du 29 mars 2017 © L'Osservatore Romano

Audience du 29 mars 2017 © L'Osservatore Romano

L’évangélisation promue par le pape François s’inspire de Vatican II, par Mgr Ruiz Arenas

Dans L’Osservatore Romano: la formation des disciples missionnaires

« La tâche d’évangélisation à laquelle invite le pape François ne peut pas ne pas tenir compte de la clarté avec laquelle le concile a traité tout ce qui concerne la révélation et de l’emphase qu’il a mise sur le sujet qui la reçoit et qui répond avec joie pour continuer de transmettre l’Évangile, afin de former des disciples missionnaires qui rendent le Seigneur présent à travers leur parole et leur témoignage de vie ». C’est ce qu’affirme Mgr Octavio Ruiz Arenas, archevêque secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation dans l’édition italienne de L’Osservatore Romano du 8 août 2017.
CR

Voici notre traduction du texte paru dans le quotidien du Vatican.

En ce moment, l’Eglise vit un processus de renouvellement intérieur qui implique tous les baptisés. Par son exhortation apostolique Evangelii gaudium, le pape a voulu inviter toute l’Église à initier « une nouvelle étape évangélisatrice, pleine de ferveur et de dynamisme » (n.17) et à « avancer sur le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire » (n.25) qui parte du « cœur de l’Évangile » où resplendit « la beauté de l’amour salvifique de Dieu manifesté en Jésus-Christ mort et ressuscité » (n.36).

Le pape François a certainement apporté une bouffée d’air frais dans l’Église, qui s’est fait sentir à l’intérieur de la communauté ecclésiale mais qui a aussi eu une influence sur le cœur de nombreuses personnes qui s’étaient éloignées de l’Église et même beaucoup qui n’avaient jamais professé notre foi chrétienne. Certains se demandent peut-être d’où le pape a pris cet enthousiasme irrésistible qui a petit à petit contaminé tant de personnes, créant des sympathies, de la curiosité, des interrogations et, surtout, le désir de s’approcher de l’Église et de transformer leur vie. Cet enthousiasme se manifeste dans la capacité du pape François de toucher le cœur des gens avec la force et la joie de l’Évangile qui est toujours présent dans ses paroles et qu’il incarne avec une grande authenticité.

Suivant les pas de ses prédécesseurs, François aussi veut faire prendre conscience de ce qu’a signifié le concile Vatican II pour toute l’église et du fait qu’il a été la source des renouveaux envisagés pour l’action pastorale. En regardant le grand défi qui a inspiré le concile, nous ne pouvons pourtant pas nier qu’il y a encore beaucoup à faire.

La tâche de l’évangélisation à laquelle invite le pape ne peut pas ne pas tenir compte de la clarté avec laquelle le concile a traité tout ce qui concerne la révélation et de l’emphase qu’il a mise sur le sujet qui la reçoit et qui répond avec joie pour continuer de transmettre l’Évangile, afin de former des disciples missionnaires qui rendent le Seigneur présent à travers leur parole et leur témoignage de vie.

Comme les fleuves souterrains qui baignent la terre de l’intérieur, ainsi à l’intérieur de tout le créé, de l’histoire des hommes, de la vie de l’Église, de toute activité d’évangélisation, coule un fleuve de grâce et de vie : Dieu lui-même, qui ne cesse de se communiquer, de se révéler dans l’histoire, en allant à la rencontre de l’homme. Pour comprendre cette révélation de Dieu et ses implications pour la mission évangélisatrice de l’Église il faut retourner à un des documents du magistère qui illustre le mieux le thème, à savoir la constitution dogmatique Dei Verbum du concile Vatican II, considérée par beaucoup comme la « porte d’entrée » de tout l’enseignement conciliaire. On ne peut oublier que ce document, relativement peu long, a été « cuisiné » à feu doux, parce que son élaboration a été longue et complexe ; il a été le premier à être débattu mais il a été le dernier à être approuvé, à peine trois semaines avant la fermeture officielle de l’assemblée conciliaire.

Ce n’est pas le moment d’illustrer l’histoire de sa conception et la manière selon laquelle la succession de cinq schémas a atténué les tensions entre différentes visions théologiques au point d’aboutir au texte que nous connaissons aujourd’hui. L’important est de souligner que Dei Verbum exprime un changement radical dans la compréhension de la nature même de la révélation et de sa transmission. Et bien que les débats sur ses différents points aient été intenses, il est a posteriori surprenant que, le 18 novembre 1965, son texte définitif ait été approuvé avec 2 344 placet et seulement 6 non placet.

Dans ses principaux documents catéchétiques publiés à partir de Vatican II, le magistère de l’Église soutient que « la catéchèse représente une étape significative dans la vie quotidienne de l’Église pour annoncer et transmettre de manière vivante et efficace la parole de Dieu » (Benoît XVI, lettre apostolique Fides per doctrinam ; cf. Catéchisme de l’Église catholique, n.4), c’est-à-dire qu’il montre clairement que la catéchèse est une partie fondamentale et prioritaire de l’évangélisation (cf. Jean-Paul II, exhortation apostolique Catechesi tradendae, n.19 ; Directoire général pour la catéchèse, n.64), au moyen de laquelle on donne un fondement à l’adhésion à Jésus-Christ qui est ce vers quoi tend essentiellement tout le processus d’annonce de l’Évangile.

Dans la constitution dogmatique Dei Verbum, se trouvent quelques racines qui soutiennent le renouvellement auquel le pape exhorte et qui concernent directement tous les processus d’évangélisation, qui doivent être ancrés dans une légitime transmission des paroles et de la vie de Jésus. C’est pourquoi on peut affirmer que le retour à Jésus à travers les apôtres, nécessaire pour la conversion pastorale, implique pour la mission de l’Église une prédication plus kérygmatique, une vie plus exemplaire, spécialement en ce qui concerne la proximité à l’égard des hommes et des institutions plus agiles pour vraiment transmettre l’Évangile au monde d’aujourd’hui.

Tout cela suppose une bonne dose de patience pour étudier, contempler, réfléchir de façon créative et se laisser accompagner par les successeurs des apôtres. Tout effort authentique pour la mettre en œuvre sera animé par l’action de l’Esprit-Saint, qui ne cessera pas d’œuvrer efficacement avec ses dons, afin que Dieu puisse continuer à parler, sans interruptions, avec l’épouse de son fils bienaimé (cf. Dei Verbum, n.8).

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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