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Carmen Gonzalez Huguet @Fernando Rielo

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Le Prix Fernando Rielo de poésie mystique attribué à Carmen González Huguet

Mention d’honneur pour Lucrecio Serrano 

Avec le recueil El alma herida (L’âme blessée), Carmen González Huguet (San Salvador, 1958) a remporté le XXXVIIème Prix mondial Fernando Rielo de poésie mystique, qui a été décerné le 11 décembre 2017 à Rome, à l’ambassade d’Espagne près le Saint Siège.

Le prix octroie 7000 € à la lauréate, et comprend également la publication de son oeuvre et la remise d’une médaille commémorative. Poète, professeure et membre de l’Académie salvadorienne de Langue, elle a publié de nombreux recueils de poésies, ainsi que des contes et des nouvelles pour lesquels elle a été primée dans d’autres concours. Par ailleurs, c’est l’espagnol Lucrecio Serrano Pedroche (Cuenca, 1946) qui a obtenu le prix d’honneur avec la publication de son recueil Palabra, se distinguant des autres finalistes venant d’Argentine, de Colombie, d’Equateur, du Salvador, d’Espagne et de République dominicaine.

Le jury a souligné que la gagnante, “dans les quatre-vingt-dix sonnets qui composent son livre L’âme blessée, présente des vers authentiques, vibrants, sans ambages et sans concessions aucunes à une rhétorique facile. Son univers poétique se nourrit de sa vie même : ses quêtes personnelles, ses luttes intérieures, la tension vers un horizon s’ouvrant à l’espérance, tout cela imprégné de gratitude et d’une attitude de supplication naissant d’une véritable ferveur : “Merci pour l’allégresse et l’affliction,/pour la fleur et la terre en jachère,/pour l’effort de chaque jour et le repos,/ pour la joie, Seigneur, et les pleurs”. Les poèmes respirent la paix et la joie mystiques, concomitantes à la croissance de la foi et de l’espérance dans les moments où se fait sentir l’absence, blessure exprimée littérairement de la plus belle manière : “Habites donc cette absence qui me blesse/Et sois le refuge qui m’abrite, / Et sois mon soleil, la pluie qui m’arrose/ Et l’Amour absolu qui ne meurt pas”.

Mention d’honneur pour Lucrecio Serrano 

Lucrecio Serrano quant à lui, dans son recueil de poésie Palabra, par l’emploi de vers bien structurés et rythmés (des heptasyllabiques combinés avec des alexandrins), se centre sur l’essentiel sans pour autant négliger la vitalité des petites choses et la brièveté du quotidien où l’on découvre Dieu : « Tu es venu demeurer dans ma maison car elle embaume ta présence./Sans toi, ma maison s’en va comme un petit bateau à la dérive, avec sa charge de regrets ».

Les autres finalistes sont : la salvadorienne Claudia Lorena Parada Turcios (San Salvador); les espagnols Antonio Bocanegra (Cadix), Fernando Sánchez Mayo (Cordoue) et Miguel Sánchez Robles (Murcia); les colombiens Margarita Galindo Steffens (Barranquilla), Adela Guerrero Collazos (Cali) et Antonio Martín de las Mulas (Medellín); Eliana Cevallos Rojas (Equateur); Mikenia Vargas (République dominicaine) y Leandro Calle (Cordoue, Argentine).

Le jury était composé de Jesús Fernández Hernández (Espagne), président de la Fondation Fernando Rielo; José Mª. López Sevillano (Espagne), critique littéraire et secrétaire permanent du Prix ; Loretta Frattale (Italie), professeur de Littérature espagnole à l’Université Tor Vergata de Rome; Arnaldo Colasanti (Italie), poète et critique littéraire, et par David G. Murray (USA), critique littéraire et philologue.

Après les salutations de S.E.D. Gérardo Bugallo Ottone, Ambassadeur d’Espagne près le Saint Siège et Président du Prix, son E.S. Octavio Ruiz Arenas, Secrétaire du Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Evangélisation est intervenu. Puis le Président de la Fondation Fernando Rielo, P. Jesús Fernández Hernández a pris la parole et rappelé ces mots de Fernando Rielo : « Aujourd’hui plus que jamais, notre société a besoin du poète mystique : celui qui sait élever à art son expérience de Dieu. Cela ne peut passer inaperçu à celui qui se sait chrétien, juif, musulman, bouddhiste, ou appartenant à une religion quelle qu’elle soit. » Il a aussi cité le théologien catholique Karl Rahner, qui prédisait que le chrétien du futur serait un ‘mystique’ ou bien ne serait pas chrétien parce que la spiritualité du futur ne s’appuierait pas seulement sur des convictions ou un climat religieux généralisé, mais sur l’expérience de Dieu et l’engagement personnel.

La remise du Prix comprenait également un concert de piano de Raffaella d’Esposito. Soliste de renom et membre de plusieurs orchestres de chambre, elle occupe la chaire de piano forte du Conservatoire Sainte Cécile de Rome et a interprété un programme composé d’oeuvres de Bach et de Schumann.

Le Prix, destiné à des oeuvres inédites en espagnol et en anglais, s’est déjà tenu à l’ONU, l’UNESCO, le Sénat français et le Campidoglio de Rome. Chaque année, il compte sur le soutien d’un Comité d’Honneur composé d’académiciens de Langue, d’Histoire et de Sciences Morales et Politiques, ainsi que d’écrivains, de poètes, d’hispanisants et de recteurs d’université.

Ce Prix a un caractère oecuménique important, les poètes qui l’ont reçu au fil des années appartenant pour la plupart à des confessions chrétiennes différentes, mais aussi à d’autres confessions religieuses, montrant la capacité de la poésie mystique à unir les cultures et les religions.

Données biographiques de Carmen Gonzalez Huguet

(San Salvador, 1958)

Née à San Salvador, capitale de la république du Salvador, le 15 novembre 1958, elle possède la double nationalité salvadorienne et espagnole. Elle est licenciée en Lettres, avec une spécialité en pédagogie, à l’Université d’Amérique centrale “José Simeon Canas”, UCA.

Elle a entre autres publié huit recueils de poèmes, ainsi que des recueils de contes et de nouvelles reconnus par d’autres prix et concours.

Elle a été directrice de “Publications et Editions”, la ligne d’édition culturelle de l’Etat salvadorien, et directrice de la revue “Culture” de 1994 à 1996. Elle a également fait partie de l’équipe de recherches du Musée National d’Anthropologie “David Joaquin Guzman” de 1997 à 1999.

Elle a plus de trente ans d’expérience comme enseignante et est actuellement professeure à l’Université “José Matias Delgado”.

Depuis 2012 elle est membre de l’Académie Salvadorienne de Langue, et correspondante de l’Académie Royale de Langue Espagnole.

Luján González Portela

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