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Mary, réduite en esclavage comme domestique © capture, COATNET

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ONU: se donner des instruments juridiques contre l’esclavage, par Mgr Gallagher

Traduction intégrale

Pour Mgr Gallagher, « la question de la traite des personnes ne peut être intégralement abordée qu’en promouvant des instruments juridiques efficaces et une collaboration concrète à plusieurs niveaux par toutes les parties prenantes ».

Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, Mgr Paul Richard Gallagher, est intervenu au siège de l’Organisation des Nations Unies, à New York, le mardi 19 septembre 2017, lors de l’Événement des responsables de haut niveau : un appel à l’action pour mettre fin aux travail forcé, à l’esclavage moderne et à la traite des êtres humains.

Il faut utiliser, a-t-il précisé, « des stratégies à plusieurs volets visant à mettre fin à ces crimes odieux, à punir les criminels et à aider les victimes ».

Citant en exemple le partenariat qui existe entre le gouvernement britannique d’une part et le Saint-Siège et l’Église catholique d’autre part, Mgr Gallagher a insisté sur « la nature mondiale des crimes de travail forcé, d’esclavage moderne et de la traite des êtres humains » qui « exigent de nous tous une réponse proportionnelle de collaboration, de fraternité et de solidarité ».

« Nous devons cette réponse aux dizaines de millions de victimes, qui regardent vers nous avec un espoir désespéré pour leur émancipation et pour leur retour à une vie de dignité et de liberté », a-t-il conclu.

Voici notre traduction de la déclaration en anglais de Mgr Paul Richard Gallagher.

HG

Intervention de Mgr Paul Richard Gallagher

Madame le Premier Ministre, Excellences,

L’implication du Saint-Siège dans la lutte contre la traite des êtres humains et d’autres formes d’esclavage moderne n’est pas nouvelle. Déjà en 1965, l’Église catholique a fermement condamné comme « infamies » l’esclavage, la prostitution, la vente de femmes et d’enfants et les conditions de travail honteuses où les personnes sont traitées comme des instruments de gain plutôt que comme des personnes libres et responsables (1). Ces phénomènes « empoisonnent la société humaine, dégradent leurs auteurs » et représentent « un déshonneur suprême pour le Créateur ».

La question de la traite des personnes ne peut être intégralement abordée qu’en promouvant des instruments juridiques efficaces et une collaboration concrète à plusieurs niveaux par toutes les parties prenantes, en utilisant des stratégies à plusieurs volets visant à mettre fin à ces crimes odieux, à punir les criminels et à aider les victimes.

Le pape François a précisé que travailler pour mettre fin au travail forcé, à l’esclavage moderne et à la traite des personnes est l’une des priorités déterminantes de son pontificat. De cette façon, les institutions et les organisations de l’Église catholique agissent en partenariat et en collaboration avec les secteurs public et privé, y compris avec les autorités gouvernementales.

Le Saint-Siège et l’Église catholique collaborent en particulier avec le gouvernement britannique à différents niveaux et dans de nombreuses initiatives dans le but d’éradiquer la traite des personnes. Un de ces partenariats est le groupe Sainte Marthe, dont l’efficacité réside dans la collaboration étroite entre les autorités chargées de l’application de la loi et les institutions de l’Église, qui secourent les victimes et les accompagnent dans leur réadaptation à la vie normale. L’expérience a montré que de nombreuses victimes hésitent à faire confiance aux autorités chargées de l’application de la loi, mais qu’elles confient leurs histoires plus facilement au personnel religieux, en particulier aux religieuses, qui peuvent construire leur confiance dans la procédure légale et leur fournir un refuge sûr et d’autres formes d’assistance.

Ainsi, fidèles à leur nature spécifique, les institutions et les organisations catholiques ont été en première ligne pour aider les victimes, en particulier les femmes et les filles, à échapper aux situations d’esclavage et, avec une sollicitude pleine d’amour, à marcher avec patience sur le long chemin du retour à une vie de liberté intérieure et extérieure. Les religieuses, en particulier, ont été au cœur de ce travail qui se déroule souvent dans des situations dominées par la violence. Elles forment des réseaux à plusieurs niveaux pour coordonner leurs efforts et partager les meilleures pratiques et ressources, ce qui optimise leur impact.

Madame le Premier Ministre, Excellences,

La Déclaration politique sur la mise en œuvre du Plan d’action mondial pour lutter contre la traite des personnes, qui sera adoptée dans les prochains jours, souligne « dans les termes les plus forts possibles, l’importance de renforcer l’action collective… pour mettre fin à la traite des personnes » (2) La nature mondiale des crimes de travail forcé, d’esclavage moderne et de la traite des êtres humains exigent de nous tous une réponse proportionnelle de collaboration, de fraternité et de solidarité. Nous devons cette réponse aux dizaines de millions de victimes, qui regardent vers nous avec un espoir désespéré pour leur émancipation et pour leur retour à une vie de dignité et de liberté.

Merci, Madame le Premier ministre; merci, Excellences.

 

  1. Cf. Concile Vatican II, Constitution pastorale de l’Église dans le monde moderne, Gaudium et spes 27.
  2. Déclaration politique sur la mise en œuvre du Plan d’action mondial pour la lutte contre la traite des personnes, paragraphe 24.

 

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

Original © 2017 Permanent Observer Mission of the Holy See to the United Nations, All rights reserved.

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