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43e bataillon de tirailleurs sénégalais @ wikimedia commons

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«Le Saint-Siège et les catholiques dans le monde post-conflit (1918-1922)», par Mgr Ardura (traduction complète)

Congrès international à Rome

Le congrès international sur le thème « Le Saint-Siège et les catholiques dans le monde post-conflit (1918-1922) », à l’occasion du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, a été présenté à la conférence de presse le 12 novembre 2018, à la Salle de presse du Saint-Siège.

Organisé par le Comité pontifical des sciences historiques, le congrès se tiendra du 14 au 16 novembre à Rome en deux lieux distincts : les deux premiers jours à l’Université pontificale du Latran et le troisième jour à l’Académie de Hongrie.

En intervenant à la conférence de presse, le père Bernard Ardura, O. Praem, président du Comité pontifical des sciences historiques, a expliqué que « l’objectif » du congrès est non seulement réfléchir sur le passé, « aujourd’hui centenaire », mais aussi « offrir de nouveaux éléments de réflexion qui permettent de construire aujourd’hui un monde de paix, de sérénité et de convivialité humaine ».

Il a souligné que beaucoup de « blessures qui font encore souffrir tant de personnes et de populations aujourd’hui trouvent leur origine dans la fin de la guerre et dans les négociations de paix ».

La paix, c’est aussi l’intention de prière du pape François pour ce mois de novembre 2018, comme il l’explique lui-même dans « La Vidéo du Pape » publiée par le Réseau Mondial de Prière du Pape.

Voici notre traduction de l’intervention du P. Bernard Ardura, O. Praem., publiée en italien.

MD

Intervention du P. Bernard Ardura, O. Praem.

Cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale, de nombreux événements commémorent l’un des conflits les plus sanglants de l’histoire de l’Europe, dont les conséquences sont encore présentes sur la scène européenne et du Moyen-Orient.

Le congrès organisé par le Comité pontifical pour les sciences historiques, intitulé : Le Saint-Siège et les catholiques dans le monde post-conflit (1918-1922), entend proposer une vision panoramique des conséquences de la guerre, car, nous en sommes convaincus, cent ans après la fin du conflit qui a ensanglanté l’Europe – conflit qualifié de « mondial », car de nombreux soldats des colonies, d’Afrique et d’Asie, y ont participé avec courage – le temps est certainement venu de réfléchir non seulement à la fin des hostilités, mais aussi aux conséquences des conflits et aux traités de paix.

Pourquoi revenir sur ces événements ? Parce que nombre des blessures qui font encore souffrir tant de personnes et de populations aujourd’hui trouvent leur origine dans la fin de la guerre et dans les négociations de paix.

Il suffit d’évoquer quelques-unes des conséquences de la guerre pour comprendre l’actualité de ce qui s’est passé il y a près d’un siècle, avec les traités dont le plus connu est celui de Versailles, du 28 juin 1919.

Trois grands empires ont disparu après la chute de la Russie tsariste en 1917 : le Reich allemand créé à Versailles en 1871, l’empire austro-hongrois, empire catholique par excellence, l’Empire ottoman qui couvrait un vaste territoire, des Balkans au Proche-Orient.

Un certain nombre de nouveaux États sont nés avec de nouvelles frontières : la Hongrie, la Turquie, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, les Républiques baltes, tandis que la Pologne, qui s’était maintenue grâce à sa culture, sa langue et sa religion, est redevenue un État. L’Allemagne perd ses colonies qui sont cédées aux vainqueurs, la France et la Grande-Bretagne. Le Proche-Orient est confié par la Société des Nations aux mandats de la France et de la Grande-Bretagne : Syrie, Liban, Palestine et Transjordanie, Irak, avec les résultats que nous connaissons.

La guerre a fait près de 9 millions de victimes, 6 millions de personnes handicapées, 4 millions de veuves et 8 millions d’orphelins. Dans la nouvelle situation qui s’est présentée, de nouveaux défis s’offrent au Saint-Siège et à l’Église catholique – un Saint-Siège, il faut le rappeler, empêché de participer aux négociations de paix par la « question romaine » non résolue, et confronté aux questions liées aux changements des frontières, aux changements de nationalités dans les colonies africaines allemandes et à l’exacerbation des nationalités.

L’objectif de la conférence est que l’étude des conséquences de cette Première guerre mondiale ouvre de nouvelles pistes de réflexion pour nourrir non seulement notre connaissance d’un passé aujourd’hui centenaire, mais aussi pour offrir de nouveaux éléments de réflexion qui permettent de construire aujourd’hui un monde de paix, de sérénité et de convivialité humaine.

© Traduction de Zenit, Océane Le Gall

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