Benoît XV fut un « prophète authentique de la paix », a affirmé le cardinal Pietro Parolin à un congrès international organisé à Bologne (Italie) le 3 novembre 2016.
Méditant sur la figure du pape Benoît XV (1854-1922), le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a recommandé de ne pas la réduire à son jugement prophétique sur la Première guerre mondiale qu’il définit comme « massacre inutile ».
Benoît XV, a souligné le « numéro 2 » du Vatican, est « le pape qui rencontra le 20e siècle », où commençait « un temps tragique » de bouleversement des convictions spirituelles et des visions du monde. Il fut « le pape qui vit l’horreur », les masses « utilisées comme chair à canon » ; il « expérimenta la surdité du monde face au ‘nettoyage ethnique’ qui extermina les Arméniens ».
Pour le cardinal Parolin, les paroles et les gestes du pape Giacomo Della Chiesa ont ouvert une voie : « l’Eglise ne doit pas seulement décider ce qu’elle doit dire, mais aussi ce qu’elle doit faire ».
Benoît XV, a ajouté le secrétaire d’Etat, « plutôt que de voir la guerre comme un châtiment de l’apostasie moderne, la voit comme l’occasion d’une annonce de la paix qui se mesure avec des instruments diplomatiques standard : de là naît son effort pour chercher une trêve ».
Benoît XV est aussi « le premier pape qui ne voit plus à l’Est de Rome un empire, mais un ‘Moyen-Orient’ ». Citant son septième successeur, Benoît XVI, le cardinal Parolin a rendu hommage à un « prophète authentique de la paix » sur le plan international.