Assise, 30 octobre 2026 – Quarante ans après la rencontre historique convoquée par saint Jean-Paul II, la ville de saint François a de nouveau accueilli des représentants de différentes religions, des responsables politiques et institutionnels, ainsi que des acteurs de la société civile, venus chercher ensemble des chemins de paix. Organisée du 25 au 27 octobre par la Communauté de Sant’Egidio, la rencontre internationale avait pour thème « Une paix désarmée et désarmante » (Unarmed and Disarming Peace).
Une journée historique à l’origine de l’esprit d’Assise

53 pays réunis autour du dialogue et de la paix © santegidio.org
Le 27 octobre 1986, à l’initiative de saint Jean-Paul II, des représentants des grandes religions du monde s’étaient réunis à Assise pour une journée de prière et de jeûne pour la paix. Selon le rappel historique publié par la Communauté de Sant’Egidio, 110 responsables religieux, venus de 29 pays et représentant 38 traditions, avaient répondu à l’invitation du pape.
L’originalité de cette rencontre tenait notamment à son caractère inédit : pour la première fois, le pape, en tant que chef de l’Église catholique, avait convoqué les responsables des grandes religions afin qu’ils prient pour la paix, chacun selon sa propre tradition. Il ne s’agissait pas de prier tous ensemble, mais de se tenir côte à côte, dans le respect des différences religieuses.
À l’issue de cette journée, Jean-Paul II avait souhaité que cette expérience ne demeure pas un événement isolé. Il avait invité les participants à poursuivre la diffusion de son message de paix. C’est cette intuition qui a donné naissance à ce que l’on appelle désormais l’« esprit d’Assise » : la rencontre entre croyants de différentes religions, l’invocation de Dieu et l’engagement commun en faveur de la paix.
La Communauté de Sant’Egidio et son fondateur, Andrea Riccardi, ont pris le relais de cette invitation. Dès 1987, une nouvelle rencontre internationale était organisée à Rome. Depuis, ces rendez-vous se sont poursuivis chaque année dans différentes villes du monde, permettant aux responsables religieux et aux représentants de la société civile de se rencontrer, de dialoguer et de promouvoir des initiatives de réconciliation. Des démarches de paix ont notamment été soutenues au Mozambique, en Algérie, en Côte d’Ivoire et en République centrafricaine.
« Une paix désarmée et désarmante »
Quarante ans après la première rencontre, Assise a accueilli, du 25 au 27 octobre 2026, une nouvelle édition de ce rassemblement international. Selon les chiffres communiqués par Sant’Egidio, 384 représentants des religions, des cultures et des institutions, issus de 53 pays, ont participé à la rencontre. Le programme comprenait 24 forums thématiques et réunissait 155 intervenants. Environ 5 000 personnes étaient attendues.
Les échanges ont porté sur plusieurs des grands défis contemporains : les conflits, le désarmement nucléaire, les migrations, la démocratie, l’environnement, les nouvelles technologies et la responsabilité des religions dans la construction de la paix.
Le président de la Communauté de Sant’Egidio, Marco Impagliazzo, a rappelé que le dialogue permet de « créer des amitiés, de créer des liens » et de dépasser la peur de l’autre. Présentant la rencontre, il avait également souligné que la paix demeure possible : « Nous n’avons pas prié en vain à Assise, à Jérusalem et dans tant d’autres lieux. Nous avons diffusé un message : la paix est possible. »
La rencontre s’est achevée le 27 octobre, date anniversaire de la journée de prière de 1986, par une cérémonie pour la paix sur la place inférieure de la basilique Saint-François. Le pape Léon XIV, qui s’est adressé aux participants par un message vidéo, a appelé à cultiver l’esprit d’Assise et à faire de la paix « l’idéal commun de tous les peuples ». Il a notamment rappelé la responsabilité des religions dans le dialogue et la médiation, face à la résurgence de la guerre comme instrument de la politique internationale.
« Il n’existe pas de guerre sainte : seule la paix est sainte ! », a-t-il affirmé, exhortant les responsables religieux à contribuer à sortir l’humanité de la spirale de la violence.
Quarante ans après le geste de saint Jean-Paul II, l’esprit d’Assise entend ainsi poursuivre son chemin : non pas effacer les différences entre les religions, mais faire de leur rencontre et de leur engagement commun une contribution à la paix.
Source : Communauté de Sant’Egidio, notamment ses articles consacrés aux origines de l’esprit d’Assise et à la rencontre internationale « Une paix désarmée et désarmante ».
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