Mgr Emmanuel Bishay, évêque de Louxor, a rappelé l’influence non négligeable de l’Église catholique en Égypte © AED

Mgr Emmanuel Bishay, évêque de Louxor, a rappelé l’influence non négligeable de l’Église catholique en Égypte © AED

Égypte : « L’Église catholique est peu nombreuse, mais très active »

Première publication le 21 octobre 2026 par l’AED Lors d’une visite au siège international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), en Allemagne, Mgr Emmanuel Bishay, évêque de Louxor, a rappelé l’influence non négligeable de l’Église catholique en Égypte, notamment dans les […]

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Première publication le 21 octobre 2026 par l’AED

Lors d’une visite au siège international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), en Allemagne, Mgr Emmanuel Bishay, évêque de Louxor, a rappelé l’influence non négligeable de l’Église catholique en Égypte, notamment dans les régions les plus pauvres du pays, et les défis à relever pour cette minorité religieuse.

Selon les dernières estimations, l’Église copte catholique ne compterait qu’environ 300 000 fidèles dans le pays. Bien loin donc des chiffres de l’Eglise copte orthodoxe, la plus importante communauté chrétienne d’Egypte et du Moyen-Orient (entre 10 et 15 millions) et du nombre de musulmans qui constituent la majorité du reste des quelque 120 millions d’habitants du pays.

Mais dans les faits, l’Église catholique joue un rôle bien plus important que ne le laisserait supposer son poids démographique. Lors d’une visite au siège international de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), en Allemagne, Mgr Emmanuel Bishay, évêque de Louxor, a rappelé combien la communauté catholique participait à la bonne relation entre les différentes communautés religieuses et combien elle était présente dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la culture.

« Nous faisons tout notre possible pour construire des relations avec la communauté orthodoxe et avec les musulmans. »

Mgr Emmanuel Bishay, évêque de Louxor

Mgr Emmanuel Bishay et le patriarche catholique copte Ibrahim Sidrak (à gauche, en arrière-plan), en 2019.

Son éparchie de Louxor, située dans la Haute-Égypte, au sud du pays, compte environ 25 000 catholiques, 37 prêtres et 70 religieuses. Elle couvre également les bords de la mer Rouge, une importante région touristique qui attire aussi bien visiteurs que migrants venus d’autres régions du pays à la recherche de meilleures opportunités d’emploi.

« Plus on avance vers la Haute-Égypte, plus les mentalités peuvent être rigides. Nous faisons tout notre possible pour construire des relations avec la communauté orthodoxe et avec les musulmans, qui sont majoritaires, même si nous rencontrons certaines difficultés, en particulier dans les villages et les petites localités », explique Mgr Bishay qui ne cache pas que l’Église rencontre des difficultés à assurer un accompagnement pastoral à une population toujours plus nombreuse et dispersée.

« Je crois que si l’Égypte poursuit sur cette voie, les choses continueront à s’améliorer. »

Mgr Bishay

Concernant l’état des relations entre l’Eglise catholique et orthodoxe, l’évêque estime qu’ « au niveau officiel, les relations sont bonnes », ajoutant qu’ « il existe une réelle estime mutuelle et les gens échangent leurs vœux à l’occasion des fêtes religieuses ».

Mais Mgr Bishay pointe aussi une réalité : « Malheureusement, lorsqu’un jeune catholique épouse une personne orthodoxe, il peut lui être demandé de suivre les règles de l’Église orthodoxe. C’est un défi majeur pour nous : comment aider nos jeunes à approfondir leur foi catholique et à rester attachés à leur Église ? Je crois que la formation que nous proposons, notamment à travers la catéchèse, est un service essentiel. Nous créons également de nombreuses occasions permettant aux jeunes catholiques de se rencontrer », explique l’évêque à l’AED.

Preuve cependant de la bonne entente entre les deux Eglises, l’Église catholique, dans une décision historique, a récemment intégré à son calendrier liturgique la mémoire des martyrs coptes orthodoxes assassinés par des djihadistes en Libye, en 2015.

Mgr Emmanuel Bishay, évêque catholique copte de Louxor, célébrant l’Eucharistie. ©AED

Concernant les relations avec la communauté musulmane, l’évêque reconnaît qu’il y a eu des périodes difficiles, mais il estime que la situation s’est améliorée au cours des dernières années. « Les voix les plus radicales qui se faisaient entendre autrefois sont aujourd’hui moins influentes, tandis qu’une autre voix, plus modérée, gagne du terrain. Le changement est lent, mais perceptible », estime l’évêque.

« Les gens écoutent davantage ceux qui adoptent des positions modérées, et le gouvernement leur donne l’espace nécessaire pour agir. Je crois que si l’Égypte poursuit sur cette voie, les choses continueront à s’améliorer. »

La communauté catholique est aussi très présente dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la culture. Ces services sont particulièrement importants dans l’éparchie de Louxor.

« L’Église catholique est peu nombreuse, mais très active. Certaines des meilleures écoles d’Égypte sont des écoles catholiques, et le fait que les autorités publiques y fassent régulièrement appel en est la preuve. Nous sommes également présents dans le domaine de la santé. Notre diocèse compte à lui seul 14 dispensaires, dont la plupart sont gérés par des religieuses qui consacrent une grande partie de leur temps à ce service. Nous contribuons aussi à la société à travers des centres culturels et des bibliothèques », énumère Mgr Bishay.

« L’Église catholique n’a pas seulement fourni ces services ; elle a aussi montré à la société égyptienne comment les mettre en place. »

Mgr Bishay

Session de formation sur le thème « L’espérance ne déçoit pas » destinée à 1 500 enfants du diocèse, été 2025. ©AED

« L’Église catholique n’a pas seulement fourni ces services ; elle a aussi montré à la société égyptienne comment les mettre en place. L’Église copte orthodoxe a appris cela de nous et, plus récemment, les mosquées ont elles aussi commencé à proposer des services similaires en suivant notre exemple. L’Église catholique a été pionnière dans ce domaine », ajoute-t-il.

Des services qui deviennent centraux dans une région de la Haute-Égypte qui reçoit, selon l’évêque, moins d’attention que le Delta du Nil ou que le nord du pays.

« Les services y sont donc moins développés, particulièrement dans le domaine de la santé. Les hôpitaux ne répondent pas toujours aux normes requises et il existe également des lacunes dans l’éducation et la prise en charge des enfants. Cela exige de grands efforts de notre part en tant qu’Église catholique », souligne-t-il.

« L’AED représente une aide très importante pour nous. »

Mgr Bishay

« Les statistiques montrent que nous faisons partie des gouvernorats égyptiens les plus pauvres du pays. Cela affecte les capacités et les talents des personnes, qu’ils soient intellectuels ou autres. Il m’attriste de voir des personnes talentueuses qui ne reçoivent pas la reconnaissance qu’elles méritent ou dont l’environnement ne leur offre pas la possibilité de se développer et de réaliser pleinement leur potentiel », ajoute encore l’évêque.

Dans ce contexte, l’AED continue de soutenir l’Église catholique en Égypte dans de nombreux domaines. Un soutien pour lequel Mgr Bishay se montre profondément reconnaissant. « L’AED représente une aide très importante pour nous. Ce qui est particulièrement précieux, c’est que la fondation tient compte de nos priorités au lieu d’imposer son propre programme. C’est extrêmement important ! »

Filipe d’Avillez et Eugenia Urgellés

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Rédaction Zenit

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