(ZENIT News / Rome, 20 octobre 2026) – Dans un contexte politique de plus en plus polarisé, le pape Léon XIV a réalisé un exploit dont peu de dirigeants étrangers peuvent se targuer : une large popularité qui transcende les clivages idéologiques de la France. Un récent sondage place le pontife américain bien en tête des sondages, devant les présidents et les premiers ministres, ce qui laisse penser que son influence dépasse le cadre des fidèles catholiques et les frontières traditionnelles du jeu politique partisan.
D’après un sondage réalisé par Cluster 17 les 14 et 15 octobre, 65 % des personnes interrogées ont exprimé une opinion « très bonne » ou « assez bonne » de Léon XIV, faisant de lui la personnalité politique étrangère la plus appréciée parmi les sondés. Ces résultats ont été publiés quelques semaines après sa visite historique en France, qui a rassemblé plus d’un million de personnes à Paris, Lourdes et Metz.

Parmi les personnalités étrangères incluses dans le sondage, Léon XIV est le seul à jouir d’une opinion favorable sur l’ensemble de l’échiquier politique
Ce résultat est surprenant, non seulement par la popularité générale du pape, mais aussi par son ampleur. Léon XIV bénéficie d’une opinion favorable auprès de 78 % des sympathisants du parti Républicains (centre-droit) et de 75 % des électeurs du Rassemblement national. Cependant, sa popularité ne se limite pas à la droite : 54 % des sympathisants du mouvement de gauche La France indomptable ont également une opinion favorable à son égard. Parmi les personnalités étrangères incluses dans le sondage, il est le seul à jouir d’une opinion favorable sur l’ensemble de l’échiquier politique.
Ces chiffres ne reflètent pas nécessairement une adhésion à la doctrine de l’Église, ni les raisons de l’admiration que les personnes interrogées portent au pape. Ils suggèrent toutefois que Léon XIV a, jusqu’à présent, su se tenir à l’écart des affiliations partisanes qui pèsent lourdement sur nombre de dirigeants politiques contemporains. Sa charge religieuse, son prestige international et sa présence publique lui confèrent sans doute une autorité différente de celle des hommes politiques élus, même si ce sondage ne permet pas, à lui seul, de déterminer les facteurs expliquant sa popularité.

Sa visite semble avoir renforcé une image capable de séduire des personnes aux opinions politiques très divergentes
Le contraste avec le reste de la scène politique internationale est considérable. La première ministre italienne, Giorgia Meloni, et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, affichent chacun un taux d’approbation de 54 %, soit onze points de moins que le pape. Cependant, leur soutien est fortement polarisé politiquement. Mme Meloni est impopulaire auprès de 80 % des sympathisants de La France insoumise, tandis qu’elle bénéficie de l’approbation de 91 % des électeurs du Rassemblement national et de 95 % de ceux de Reconquête. M. Zelensky, quant à lui, est impopulaire auprès de 55 % des sympathisants de La France insoumise et de 58 % des électeurs du Rassemblement national, mais recueille l’approbation de 92 % des partisans du président Emmanuel Macron.
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva suit avec 34 % d’opinions favorables, devant le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, avec 32 %.
À l’opposé, on trouve le président américain Donald Trump, dont le taux d’impopularité de 82 % fait de lui le dirigeant étranger le plus impopulaire du sondage. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est elle aussi largement impopulaire, avec 73 % d’opinions négatives. Ces chiffres soulignent le contraste saisissant dans la façon dont les Français perçoivent les dirigeants politiques dont l’image publique est étroitement liée à des débats nationaux et internationaux houleux.

Une opinion favorable à l’égard d’un pape ne se traduit pas automatiquement par un soutien à la doctrine catholique sur la vie, la famille, la liberté religieuse ou d’autres questions controversées
L’accueil réservé à Léon XIV en France offre une perspective différente. Sa visite semble avoir renforcé une image capable de séduire des personnes aux opinions politiques très divergentes. Les foules qui ont envahi les espaces publics et les églises durant son voyage ont témoigné d’un intérêt palpable ; des sondages ultérieurs suggèrent que cet accueil s’est accompagné d’un soutien populaire considérable.
Toutefois, une opinion favorable à l’égard d’un pape ne se traduit pas automatiquement par un soutien à la doctrine catholique sur la vie, la famille, la liberté religieuse ou d’autres questions controversées. Le véritable test sera de savoir si le pontife peut conserver cette confiance généralisée tout en s’exprimant clairement sur les questions morales où l’Église ne peut se contenter de suivre l’opinion publique.
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