Mgr Matthieu Rougé, à gauche et Guillaume Prévost © eglise.catholique.fr

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Les évêques de France font une place inédite à l’Enseignement catholique

Une journée de travail à Lourdes avec 80 directeurs et directrices diocésains

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Ce jeudi 5 novembre 2026, troisième jour d’Assemblée plénière de la Conférence épiscopale française à Lourdes, les évêques ont passé la journée à travailler et à échanger avec quelque 80 directeurs et directrices diocésains de l’Enseignement catholique.

Cette initiative inédite vise à réfléchir aux défis éducatifs qui traversent la société française, notamment dans le contexte actuel marqué par les inquiétudes et les colères de la jeunesse. Elle s’inscrit également dans le cadre du thème triennal de la CEF consacré à l’éducation, et dans la continuité de l’invitation du pape Léon XIV à prendre soin de l’Enseignement catholique en France.

Présentée comme une journée à la fois « spirituelle, fraternelle et de travail partagé », cette rencontre a été exposée lors d’une conférence de presse par Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre et président du Conseil de l’Enseignement catholique pour la Conférence épiscopale, et par Guillaume Prévost, secrétaire général de la Conférence de l’Enseignement catholique en France.

Les intervenants ont d’abord rappelé la place des établissements catholiques dans le paysage éducatif français, soulignant leur grande variété et leur évolution culturelle. En tout, l’Enseignement catholique compte 7 000 établissements, 2 millions d’élèves et un million de familles.

Ils ont ensuite évoqué le fondement et les enjeux de cette démarche : se mettre au plus près des besoins sociaux et éducatifs de l’Enseignement catholique. Il s’agit notamment de réaffirmer la dimension missionnaire des écoles, de prévenir les violences et les abus en milieu scolaire, mais aussi de promouvoir davantage le respect, l’attention à chaque personne et des relations harmonieuses entre éducateurs, enseignants, familles et élèves.

La question clé : « La qualité de la relation éducative »
80 directeurs et directrices diocésains de l'Enseignement catholique en réflexion avec les évêques de France, 5 novembre 2026 © eglise.catholique.fr

80 directeurs diocésains en réflexion avec les évêques de France, 5 novembre 2026 © eglise.catholique.fr

Pour l’évêque de Nanterre, cette rencontre a mis en évidence « le lien fort qui unit l’institution ecclésiale et la société française d’aujourd’hui. » « Nous sommes clairement en présence d’une société blessée, pour de nombreuses raisons. Certains aussi mettent en lumière le contraste entre les 4 jours de paix de la visite de Léon XIV en France et les violences qui ont surgi immédiatement après » a-t-il souligné.

« Je crois que la mission d’une école catholique, c’est de répondre résolument et radicalement à cet immense besoin de sens et d’espérance que nous manifeste aussi bruyamment la jeunesse de notre pays », a déclaré ensuite Guillaume Prévost. « La question clé, c’est la question de la qualité de la relation éducative. Est-ce que cette relation fait grandir ? Est-ce que cette relation permet aux jeunes d’être sans cesse plus grands, chaque jour un peu plus grands ? »

Nommé secrétaire général de l’Enseignement catholique en avril 2025, Guillaume Prévost a pris ses fonctions en septembre de la même année. Après s’être rendu dans une trentaine de diocèses et avoir visité près d’une centaine d’établissements, il souligne l’importance d’écouter les difficultés auxquelles les écoles catholiques sont actuellement confrontées et d’y apporter des réponses. Il a parlé de la question des abus, mais aussi de l’épuisement des enseignants, du personnel et des chefs d’établissement face à la multiplication des injonctions éducatives. 

Guillaume Prévost affirme cependant que l’Enseignement catholique « va bien » et insiste sur l’importance de favoriser une culture de l’accompagnement et de la relation, notamment avec les familles : « Il y a des choses qu’il faut corriger et améliorer, mais il y a un héritage qu’il nous faut préserver, même approfondir, et ça passe aussi par dire ce qui va bien, par dire ce qui est beau et juste et vrai. »

 

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Anne van Merris

Anne van Merris, journaliste française, a suivi une formation à l'Institut européen de journalisme Robert Schuman, à Bruxelles. Elle a été responsable de la communication au service de l'Église catholique et responsable commerciale dans le secteur privé. Elle est mariée et mère de quatre enfants.

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