La 98e Assemblée plénière des évêques de France a commencé au sanctuaire marial de Lourdes ce mardi 3 novembre 2026. Le programme de cette session a été quelque peu bousculé à la dernière minute par la crise sociale qui sévit actuellement en France.
À l’origine, le début de cette Assemblée devait être consacré à la relecture du voyage apostolique du pape Léon XIV. Mais face aux événements récents, les évêques ont préféré se pencher en priorité sur les revendications de la jeunesse, après un troisième week-end de manifestations et de violences.
Ils ont donc lancé un « processus de discernement » sur ces événements, afin de réfléchir et amorcer des réponses que « l’Église pourrait, humblement, contribuer à apporter ». Selon le porte-parole de la Conférence des évêques de France, Mgr Pierre-Antoine Bozo, ce choix vise à « partager ce que nous observons depuis nos territoires » : « Nous avons besoin de nous réunir pour réagir de la manière la plus ajustée possible ».
Pour marquer ce changement de priorités, ils ont aussi décidé de commencer chacune de leurs journées de travail en invoquant ensemble la paix. Ils récitent ainsi tous les matins à 9 heures la prière de saint François d’Assise : « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix ». Une prière d’ailleurs ouverte au public via les réseaux sociaux.
L’accompagnement des jeunes au cœur des préoccupations

« Que Notre-Dame de Lourdes veille sur vous durant ces journées de travail » © eglise.catholique.fr
Le sujet des jeunes et de l’éducation n’est pas nouveau pour la Conférence épiscopale française (CEF). En novembre 2025, la CEF a lancé le projet intitulé « Défis éducatifs », qui sera déployé jusqu’en 2028 et permettra à l’Église catholique de réinterroger sa capacité à accompagner la jeunesse.
Durant son homélie prononcée lors de la messe d’ouverture de l’Assemblée, Mgr Didier Noblot, évêque de Saint-Flour, a souligné l’importance d’écouter les cris des lycéens, des jeunes et plus largement des plus fragiles. Il a aussi invité ses confrères évêques à se rendre disponibles à la fois au Christ et aux réalités de notre société actuelle. Car cette double présence au Christ et aux hommes n’est en fait qu’une seule et même réalité.
Ainsi, Mgr Noblot a souhaité que « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, soient aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur ».
Quelles suites à « l’expérience inoubliable » de la visite du pape ?
À l’occasion de cette Assemblée d’automne, le pape Léon XIV a écrit une lettre aux évêques de France, dans laquelle il les remercie pour la belle organisation déployée lors de sa visite, qu’il qualifie « d’expérience inoubliable ». Il les appelle également à discerner sur les suites pastorales à donner à sa visite, et à réaffirmer la place centrale du Christ dans le projet éducatif de l’Enseignement catholique.
Le Saint-Père invite également les évêques français à être encore plus à l’écoute des jeunes et à les former, à leur faire découvrir les saints d’hier et d’aujourd’hui, en particulier aux catéchumènes et aux néophytes, ainsi qu’à poursuivre l’accompagnement des personnes victimes de violences sexuelles ou d’emprise.
« Que Notre Dame de Lourdes veille sur vous durant ces journées de travail et qu’elle accompagne votre mission pastorale auprès de vos communautés diocésaines afin que la sainteté ne cesse de fleurir et de s’épanouir en France », a conclu le pape Léon XIV, qui se prépare de manière imminente à effectuer un nouveau voyage apostolique de 12 jours en Amérique latine.
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