Que Se Passe-T-Il Lorsque Les paroles De l’absolution Sont Modifiées ?

Que Se Passe-T-Il Lorsque Les paroles De l’absolution Sont Modifiées ?

Que se passe-t-il lorsque les paroles de l’absolution sont modifiées ? 

Questions sur la liturgie (25)

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Réponse du P. Edward McNamara, légionnaire du Christ, professeur de liturgie et de théologie sacramentelle à l’Université pontificale Regina Apostolorum.

Question : En confession, si le confesseur dit « Je te pardonne tous tes péchés » au lieu de « Je t’absous de tes péchés », cette confession est-elle valable ? — BB, Calgary, Alberta 

Réponse : Bien qu’il existe des divergences d’opinions parmi les experts quant à la possibilité de cette adaptation, la plupart semblent affirmer qu’il s’agit d’une formule invalide.

En pays francophones, la formule approuvée par l’Église veut faire écho de la dette citée dans l’Évangile, cf. Matthieu 6, 12 et 18, 23 et suivants. (Note du traducteur) »

La formule de l’absolution pour les pays francophones est : 

« Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde ! Par la mort et la Résurrection de son Fils, il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés ; par le ministère de l’Église, qu’il vous donne le pardon et la paix ! Et moi, au nom du Père (+), et du Fils (+), et du Saint-Esprit (+), je vous pardonne tous vos péchés. » 

Les prêtres doivent toujours et partout utiliser la formule appropriée pour les sacrements. Parmi cette formule, l’expression « Je vous pardonne tous vos péchés » est généralement considérée comme la parole essentielle qui peut être utilisée seule en cas d’urgence, lorsque la mort est imminente. 

En effet, saint Thomas d’Aquin et la plupart des manuels classiques affirmaient que l’essence de la formule résidait dans l’expression « Je vous absous ». Certains estimaient également que les mots « de vos péchés » étaient tout aussi nécessaires. Tous s’accordaient à dire que l’invocation trinitaire et les autres prières n’étaient pas requises pour la validité du sacrement, mais qu’elles étaient indispensables à sa célébration licite en dehors des situations d’urgence.

On peut également se référer à la doctrine thomiste, selon laquelle une modification du texte qui ne compromet pas le sens du sacrement demeure valide, bien qu’illicite. Ainsi, une petite erreur ou omission dans la récitation de la formule d’absolution n’affecte pas sa validité, pourvu que les paroles essentielles soient prononcées et que le sens ne soit pas altéré. Par exemple, si le prêtre se trompe et dit « Tous tes péchés » au lieu de simplement « tes péchés », l’absolution reste valide, puisque le sens essentiel n’a pas changé. 

Cependant, de l’avis de nombreux théologiens, l’utilisation de la formule « Je te pardonne » en modifierait le sens et la rendrait donc invalide. 

En effet, bien qu’elles puissent sembler synonymes, elles décrivent en réalité deux actions différentes. 

L’absolution est l’acte par lequel un prêtre dûment autorisé, agissant au nom du Christ, déclare remettre la culpabilité et la punition dues au péché. 

Le pardon n’est pas un acte légal, mais personnel. Puisque tout péché est une offense contre Dieu, seul Dieu peut pardonner les péchés et rétablir une personne dans la plénitude de la grâce, en ôtant toute trace de péché de son âme (Jean 20 :22-23).

Un prêtre, en tant qu’être humain, peut certes pardonner à un autre être humain qui l’a offensé personnellement, mais, à proprement parler, il ne peut pardonner les offenses commises contre Dieu. En tant que représentant de Dieu, il peut, par autorité, absoudre ou remettre de tels péchés. 

Bien qu’il soit probable que le prêtre en question n’ait pas eu l’intention d’utiliser une formule invalide et qu’il ait même cru absoudre le pénitent, cela ne suffit pas à remédier au manque de validité. 

Si le pénitent s’aperçoit immédiatement que le prêtre a utilisé une formule incorrecte, il doit le lui signaler avec douceur et demander la formule correcte. Il peut s’agir d’un simple lapsus. 

Le pénitent qui se rend compte par la suite que la formule était invalide doit en informer le prêtre. Si celui-ci persiste à utiliser la formule, il convient d’en avertir l’évêque afin qu’il prenne les mesures appropriées. 

Puisque certains pénitents ne se rendront jamais compte que la formule était invalide, le fait qu’ils aient rempli toutes les conditions requises pour une confession valide garantirait que les péchés confessés soient effectivement pardonnés par Dieu, bien qu’extrasacramentellement. Cela serait probablement analogue à la situation d’un pénitent se confessant à un prêtre sans savoir que celui-ci n’a pas les facultés requises.

Par conséquent, même le pénitent qui se rend compte plus tard de la formule incorrecte peut, en toute conscience, recevoir l’Eucharistie en attendant le moment opportun pour aller voir un autre confesseur, expliquer la situation et recevoir une absolution valable. 

* * * 

Les lecteurs peuvent envoyer leurs questions à zenit.liturgy@gmail.com . Veuillez indiquer « Liturgie » dans l’objet de votre courriel. Le corps du message doit comprendre vos initiales, votre ville et votre état/province ou pays. Le père McNamara ne peut répondre qu’à une petite sélection des nombreuses questions qu’il reçoit.

 

Questions liturgiques – Toutes les questions et réponses

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