Diacres, communion et bénédiction eucharistique

Diacres, communion et bénédiction eucharistique

Diacres, communion et bénédiction eucharistique

Questions sur la liturgie (23)

Share this Entry

 

Réponses du P. Edward McNamara, légionnaire du Christ, professeur de liturgie et de théologie sacramentelle à l’Université pontificale Regina Apostolorum.

Première question : J’assiste à la messe quotidienne dans ma paroisse, où officient un prêtre et un diacre. Pour la distribution de la communion, le prêtre nettoie les vases sacrés tandis que le diacre distribue les hosties. Devrait-on procéder autrement ? — TF, Cortland, New York 

Deuxième question : Un diacre permanent peut-il, en l’absence de prêtre, présider la bénédiction du Saint-Sacrement à la fin du temps d’exposition ? — NF, Nouméa, Nouvelle-Calédonie 

Réponse :  Puisque les deux questions portent sur ce qu’un diacre peut ou ne peut pas faire, nous allons répondre aux deux. 

En ce qui concerne la première question, plusieurs documents pourraient être invoqués pour illustrer pourquoi cette pratique consistant pour un prêtre à ne pas distribuer la communion, même en présence d’un diacre, est inappropriée. 

Un document possible est l’instruction de 1980, approuvée par le pape saint Jean-Paul II, Inaestimabile Donum. Le numéro 10 de ce document stipule : 

« Les fidèles, religieux ou laïcs, autorisés comme ministres extraordinaires de la communion, ne peuvent la distribuer qu’en l’absence de prêtre, de diacre ou d’acolyte, lorsque le prêtre est empêché par la maladie ou l’âge avancé, ou lorsque le nombre de fidèles communiant est si important que la célébration de la messe s’en trouve excessivement prolongée. En conséquence, l’attitude des prêtres qui, bien que présents à la célébration, s’abstiennent de distribuer la communion et laissent cette tâche aux laïcs est répréhensible. » 

Il est vrai que le diacre est un ministre ordinaire, et non extraordinaire, de la sainte communion. Toutefois, le principe fondamental est que le prêtre, qui a accompli et mené à bien le saint sacrifice en recevant la communion, doit être celui qui distribue en premier lieu le sacrifice aux fidèles. Ainsi, en temps normal, le diacre peut l’assister, mais non le remplacer. 

Une exception possible à ce principe général pourrait être le cas d’un prêtre âgé ou infirme, ou même d’un prêtre en début de grippe contagieuse qui souhaite limiter toute transmission possible de la maladie. 

De même, les rubriques relatives à la purification des vases sacrés confient cette tâche principalement au diacre, qui doit l’accomplir à la crédence. Le prêtre ne doit pas le remplacer dans cette tâche, sauf si le nombre de vases est si important qu’il a besoin d’aide supplémentaire. 

Il existe également une « Responsa ad Dubia Proposta » (Réponse à un doute) officielle, publiée par la Congrégation (aujourd’hui Dicastère) pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, qui pourrait nous éclairer sur ce sujet. La situation n’est pas tout à fait identique à celle évoquée dans notre question, mais je pense que cette réponse nous aide à saisir les principes théologiques sous-jacents. 

Cette réponse répondait à la question suivante, pour laquelle nous proposons une traduction approximative de l’original latin officiel publié dans Notitiae 45 (2009), pages 242-243 : 

« Est-il licite pour le prêtre célébrant de ne communier qu’après l’administration de la Sainte Eucharistie aux fidèles, ou de distribuer la Sainte Eucharistie et de communier en même temps qu’avec les fidèles ? » 

« Réponse : Négative aux deux » 

Après la réponse officielle, on trouve une brève explication du raisonnement qui la sous-tend. En résumé, ces arguments sont les suivants : 

Tous les rites traditionnels de l’Église prévoient que l’évêque ou le prêtre communie en premier. Après le célébrant, les différents ministres communient selon leur ordre hiérarchique, puis les fidèles. 

Le prêtre reçoit en premier, non par convention humaine, mais en vertu de la dignité et de la nature de son ministère. Il agit au nom du Christ, pour l’intégrité du sacrement et pour présider l’assemblée : « Ainsi, lorsque les prêtres s’unissent à l’acte du Christ Prêtre, ils s’offrent tout entiers à Dieu, et lorsqu’ils sont nourris du corps du Christ, ils participent profondément à l’amour de celui qui se donne lui-même comme nourriture aux fidèles (Presbyterorum Ordinis, n° 13). » 

Le missel actuel prévoit que le prêtre reçoive la communion en premier. 

Enfin, le document reprend la norme précise de l’instruction Redemptionis Sacramentum n° 97 de 2004 : « Le prêtre doit communier à l’autel au moment prescrit par le Missel chaque fois qu’il célèbre la sainte messe, et les concélébrants doivent communier avant de procéder à la distribution de la sainte communion. Le prêtre célébrant ou un concélébrant ne doit jamais attendre la fin de la communion du peuple pour communier lui-même. » 

Bien que le prêtre dont il est question n’ait pas commis l’erreur de retarder la communion, les réflexions ci-dessus concernant son action en la personne du Christ montrent qu’il lui incombe avant tout de nourrir les fidèles du corps et du sang du Christ. 

En ce qui concerne la deuxième question, à savoir si le diacre (permanent ou transitoire) peut conférer la bénédiction eucharistique, nous pouvons dire ce qui suit. 

Une règle générale que l’on retrouve dans les livres liturgiques pour la plupart des sacrements et sacramentaux est que lorsqu’un diacre préside une célébration liturgique en l’absence d’un prêtre, il suit les mêmes pratiques liturgiques que le prêtre. 

Il convient de faire quelques distinctions. Bien que le diacre soit un ministre ordonné, son rang est inférieur à celui du prêtre et, par conséquent, il ne doit pas présider la communauté en présence d’un prêtre. 

Par conséquent, en règle générale, un diacre ne peut donner de bénédiction, et encore moins de bénédiction solennelle, en présence d’un prêtre. Comme indiqué dans certains articles récents, il s’agit d’un principe hiérarchique général et non d’une règle rigide ou absolue. Un diacre peut toutefois donner des bénédictions en présence d’un prêtre si de nombreuses personnes en font la demande simultanément. 

De même, le diacre peut également donner la bénédiction, voire la bénédiction du Saint-Sacrement, si le prêtre est absent ou même légitimement empêché ; par exemple, si le prêtre entendait des confessions pendant l’exposition du Saint-Sacrement et ne pouvait pas quitter le confessionnal pour donner la bénédiction. 

Il peut également le faire même si l’absence d’un prêtre est tout à fait prévisible. Une paroisse disposant d’un diacre peut organiser l’exposition du Saint-Sacrement, l’adoration et la bénédiction même en l’absence d’un prêtre. Il suffit que le curé, ou dans certains cas l’évêque, approuve cette activité. Il n’est pas nécessaire qu’il autorise ou délègue le diacre, car cela relève des prérogatives habituelles de ce dernier. 

Dans ces cas, les rubriques prévoient que le diacre peut porter les mêmes vêtements liturgiques que le prêtre : l’étole (portée à la manière d’un diacre), la chape et le voile huméral. Il peut également réciter ou chanter les mêmes prières que le prêtre. 

* * * 

Les lecteurs peuvent envoyer leurs questions à  zenit.liturgy@gmail.com . Veuillez indiquer « Liturgie » dans l’objet de votre courriel. Votre message doit comprendre vos initiales, votre ville et votre région/province ou pays. Le père McNamara ne pourra répondre qu’à une petite sélection parmi le grand nombre de questions reçues. 

Merci d’avoir lu notre article. Si vous souhaitez recevoir les actualités quotidiennes de ZENIT par e-mail, vous pouvez vous abonner gratuitement via ce lien.

 

Questions liturgiques – Toutes les questions et réponses

Share this Entry

Rédaction

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel