Une réflexion du père Piotr Zelazko, vicaire patriarcal pour les catholiques d’expression hébraïque en Israël, à l’occasion du troisième anniversaire du 7 octobre. Le Vicariat Saint-Jacques est au service des communautés catholiques d’expression hébraïque en Israël. Il réunit des personnes de différents horizons dans une vie de foi partagée.
Cette période de l’année est toujours difficile. La douleur refait surface lorsque je me remémore les terribles événements de cette journée. Les visages de ceux qui ont été tués et la souffrance de leurs familles sont très présents dans les médias ces jours-ci. Mes pensées reviennent vers les nombreuses funérailles auxquelles j’ai participé. J’entends encore les voix des victimes et les cris de leurs proches. Ma prière est souvent interrompue par cette question : pourquoi y a-t-il tant de douleur et de haine ?
S’il est vrai que le temps guérit, alors nous avons encore besoin de temps. Pourtant, la souffrance peut soit nous endurcir, soit nous enrichir. Trois ans après le 7 octobre, la véritable question n’est pas simplement de savoir ce qui nous est arrivé, mais qui nous avons décidé de devenir.
Serons-nous capables de construire une société exempte de haine ? Serons-nous capables de montrer que la réconciliation ne consiste pas à oublier les blessures, mais à refuser de laisser ces blessures définir l’avenir ? Nous ne pouvons pas choisir notre histoire, mais ensemble, nous pouvons choisir ce que l’histoire fait naître en nous.
Ce sont souvent les plus petites communautés qui portent le plus grand espoir. Elles prouvent que les gens peuvent s’appartenir les uns aux autres sans s’opposer les uns aux autres. Le vicariat de Saint-Jacques a une occasion unique de témoigner d’une vérité chrétienne : la paix commence dès l’instant où la douleur cesse d’avoir le dernier mot.
Je crois en notre capacité à parler le langage de la rencontre et de la paix, même lorsque tant de douleur et de peur nous habitent. Dans une terre meurtrie par les conflits, chaque geste d’amitié, chaque acte de solidarité et chaque refus de céder à la haine devient un signe d’espoir. Notre vocation n’est pas seulement de prier pour la paix, mais aussi de devenir des artisans de paix, une rencontre après l’autre.



