En France, le Sénat a vécu un rebondissement impressionnant sur la loi de « fin de vie ». Ce mercredi soir 21 janvier, après six heures de débat houleux, la majorité des sénateurs français se sont opposés à l’article central de la proposition de loi.
S’ils étaient tous d’accord pour dire que personne ne doit mourir dans la douleur – faute de moyens, de soins ou d’accompagnement – ils étaient en revanche très divisés quant à la législation de « l’aide à mourir », qui inclut l’euthanasie et le suicide assisté.
144 sénateurs contre 123 ont ainsi refusé l’article 4 du texte législatif, qui définissait les conditions et les principes de « l’aide à mourir ». Plus tard dans la soirée, le Sénat a voté un principe général du « droit opposable au soulagement de la douleur et de la souffrance », mais cela ne remplace pas l’article rejeté.
Avec cette opposition, c’est le projet de loi dans son entièreté qui perd de sa substance. Mais le texte sera certainement envoyé à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines, pour une nouvelle lecture.
« Le désir de vivre est plus fort que le droit à mourir »

Revirement au Sénat ce 21 janvier 2026 sur « la fin de vie » © youtube.com/@publicsenat
Les catholiques continuent à dénoncer ce projet qui va à l’encontre de toute dignité humaine. Les diocèses, les paroisses, les associations et même les réseaux sociaux s’expriment fortement et invitent la population à prendre conscience de ce danger pour la société. Beaucoup ont écrit aux sénateurs pour les alerter sur les questions éthiques liées à « L’aide à mourir ».
Le 15 janvier dernier, les évêques de France ont écrit une « tribune » pour « réveiller la conscience » de ceux qui allaient voter. Ils ont rappelé que « ce débat engage notre société dans ce qu’elle a de plus intime et de plus grave : la manière dont elle accompagne ses membres les plus vulnérables jusqu’au terme de leur vie ».
« Nous croyons qu’une société grandit, non pas lorsqu’elle propose la mort comme solution, mais bien lorsqu’elle se mobilise pour accompagner la fragilité et protéger la vie, jusqu’au bout. Le chemin est exigeant, certes, mais c’est le seul qui soit véritablement humain, digne et fraternel » écrivent-ils, en soulignant l’importance des soins palliatifs.
Enfin, le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques de France, s’est exprimé ce 19 janvier dans une vidéo. « Le désir de vivre est plus fort que le droit à mourir » a-t-il déclaré, en invitant tous les français, et notamment les parlementaires, à se mobiliser pour que « nous n’en venions pas à légaliser le principe de donner la mort. »
