Cette année 2026 marque le centenaire du début de la guerre des Cristeros, au Mexique. En 1926, les fidèles catholiques se sont soulevés contre le gouvernement totalitaire et ultra laïc mexicain, qui revendiquait une souveraineté absolue sur les consciences. La guerre a duré trois ans et a fait plus de 200 000 martyrs laïcs, prêtres, enfants, jeunes et personnes âgées.
Déjà en 1917, la Constitution mexicaine limitait le nombre de prêtres dans le pays. Elle interdisait l’établissement d’ordres monastiques, privait l’Église de ses biens, et empêchait les catholiques de gérer les écoles primaires. Elle limitait également les célébrations à l’intérieur des églises.
En 1926, la « loi Calles » a radicalisé la situation, en instaurant des peines plus sévères contre l’Église : interdiction de culte religieux public et de porter des vêtements religieux, suppression totale des ordres monastiques ou couvents. Les prêtres avaient également ordre de ne jamais formuler « de critiques à l’égard des lois fondamentales du pays, des autorités en particulier ou du gouvernement en général ». Cette loi a déclenché le soulèvement spontané et rapide de la population mexicaine : la majorité des Cristeros étaient des paysans fortement ancrés dans la tradition catholique.
L’Église reconnue juridiquement en 1992

Le bienheureux P. Miguel Agustín Pro, martyr de la guerre des Cristeros au Mexique le 23 novembre 1927 © Domaine public
Officiellement, la guerre des Cristeros s’est terminée le 21 juin 1929 avec un modus vivendi, dans lequel le gouvernement fédéral s’engageait à ne pas appliquer les lois à l’encontre de la liberté religieuse des catholiques. Mais la persécution n’était pas terminée : il y aurait eu plus de morts après les « arrangements » que pendant la guerre.
Ce n’est qu’en 1992, après deux visites au Mexique du pape saint Jean-Paul II en 1979 et 1990, que les relations entre l’Église et l’État ont formellement été rétablies dans le pays. Une nouvelle constitution de « Loi sur les associations religieuses et le culte public » a permis de reconnaître la personnalité juridique de l’Église catholique.
Parmi les martyrs de cette persécution figurent quelques saints ou bienheureux, comme saint José Sánchez del Río, un laïc ayant écrit à ses parents avant de mourir : « Vive le Christ-Roi, et nous nous reverrons au ciel ! » Mais également le bienheureux Anacleto González Flores, qui a mené des efforts pacifiques et est devenu le saint patron des laïcs mexicains.
Un autre exemple de sainteté est celui d’un prêtre bienheureux, le jésuite Miguel Agustín Pro. La photographie de son exécution le 23 novembre 1927 le montre les bras étendus en forme de croix devant le peloton d’exécution : un des symboles les plus forts de cette persécution religieuse.
« Le centenaire ne doit pas être nostalgie, mais un examen de conscience »
À la conclusion de la 119e Assemblée plénière de la Conférence épiscopale du Mexique, qui s’est tenue du 10 au 14 novembre derniers, les évêques mexicains ont écrit un message pastoral, dans lequel ils ont parlé du centenaire de la « Résistance Cristera ».
« Le centenaire ne doit pas être nostalgie, mais un examen de conscience : défendons-nous la foi avec la même radicalité ? Avons-nous relégué le sacré au domaine privé ? Les martyrs interpellent contre l’accommodement culturel et exigent un engagement renouvelé pour la liberté religieuse et la dignité humaine » ont écrit les évêques du Mexique.
Enfin, selon le cardinal mexicain Aguiar, le pape Léon XIV souhaiterait se rendre au Mexique « prochainement ». L’archevêque de Mexico a formulé cette invitation lors de leur rencontre ce 14 janvier 2026 au Palais apostolique du Vatican, peu avant l’audience générale du mercredi. Selon lui, le pape a exprimé son intérêt pour une visite prochaine, avec notamment le désir de se recueillir devant Notre-Dame de Guadalupe.
