Card. Turkson, 3 mai 2019 © Vatican Media

Card. Turkson, 3 mai 2019 © Vatican Media

Davos: « Ecouter les pleurs de la Terre et des pauvres », appel du card. Turkson

Laudato si’ au Forum économique mondial

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« Accueillis à Davos, le préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral, Peter Turkson, le patriarche oecuménique Bartholomée Ier et le grand rabbin de Moscou, Pinchas Goldschmidt, ont ramené au premier plan dans le débat la question de l’environnement », souligne L’Osservatore Romano en italien du 24 janvier 2020.

Il a aussi été question du bon usage des technologies: « Ils ont lancé un appel afin que les gouvernements du monde utilisent les nouvelles technologies pour le bien commun, parce qu’ « il n’y a pas de seconde planète sur laquelle vivre » », souligne la même source.

Comme le dit le pape François dans l’encyclique Laudato si’, a expliqué le cardinal Turkson lors d’une conférence de presse, hier, mercredi 22 janvier, « la terre pleure et les pauvres aussi pleurent », par conséquent, « il y a une urgence qui doit être entendue ». C’est pourquoi, a-t-il dit, les chefs religieux sont venus à Davos pour parler au coeur de la grande finance et de l’économie mondiale et « sensibiliser la communauté internationale au changement ».

« Au Forum économique mondial qui se tient actuellement à Davos, en Suisse, la distance qui sépare l’Europe des États-unis semble s’accroître. Ce qui divise, ce sont les sujets qui vont du changement climatique au commerce international, en passant par la fiscalité des géants du web.

L’Osservatore Romano souligne par ailleurs le désaccord entre l’Europe et les Etats-Unis sur les fameux « Gafa »: « C’est précisément sur la question de la taxe d’Internet que la confrontation a été la plus dure entre les États-unis et les pays européens. Les États-unis, hier, ont à nouveau menacé de taxer de 25 pour cent les voitures européennes si la France et la Grande-Bretagne activent une taxe web sur les maxi-usages des grandes sociétés américaines du réseau qui aujourd’hui, en Europe, peuvent se permettre de choisir la domiciliation fiscale la plus favorable. Le président américain Donald Trump a promis « des mesures douloureuses ». Mais la réponse de la France et de la Grande-Bretagne ne s’est pas fait attendre. Les deux pays ont déclaré qu’ils étaient prêts à aller de l’avant avec la taxe sur le web s’il n’y a pas d’accord-cadre mondial. »

Le quotidien du Vatican relève également que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après avoir vu le président Trump, a souhaité une entente « dans les semaines qui viennent » sur la question des tarifs.

Il synthétise les différentes attitudes: « Berlin fait preuve d’une attitude plus prudente. L’Europe, qui aurait beaucoup à perdre, met sur la balance les profits monstre de Google, Amazon, Facebook, réalisés en Europe avec des « mini » taxes payées en Irlande ou dans d’autres juridictions favorables. La France et l’Italie prennent leur temps et renvoie la balle à l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCSE), avec le soutien de laquelle un accord mondial est recherché pour taxer les colosses du web sans aller à l’affrontement total avec Washington. »

Avec une traduction d’Hélène Ginabat

 

 

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Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. A lancé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (Bruxelles), théologie biblique (Rome), lettres classiques (Paris).

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