OSCE 2019, capture @ OSCE

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L’action de l’OSCE fait progresser la bonne gouvernance environnementale, estime Mgr Grech

Il invite à mieux réglementer l’utilisation des ressources naturelles

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Face à la dégradation en matière de gestion des ressources naturelles, Mgr Joseph Grech se félicite de l’engagement de l’OSCE qui a encouragé « la gestion conjointe des ressources naturelles par différents pays et secteurs, sur la base des principes de transparence, de responsabilité et d’équité ». « Ses opérations sur le terrain, précise-t-il, font progresser la bonne gouvernance environnementale grâce au partage des meilleures pratiques et à la promotion de la participation de la société civile ».

Monseigneur Joseph Grech, chargé d’affaires, par intérim, de la Mission permanente du Saint Siège auprès des organisations internationales à Vienne, est intervenu à la réunion de Mise en œuvre de la dimension économique et environnementale (EEDIM) de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), à la première session sur le thème : Renforcement de la gestion durable des ressources naturelles, le14 octobre 2019.

Le représentant du Saint-Siège recommande, entre autre, que l’utilisation des ressources soit « pleinement réglementée, non seulement pour prévenir les dommages causés aux écosystèmes, mais aussi pour évaluer la durabilité de l’utilisation de ressources particulières, les avantages pour l’humanité et le coût d’opportunité des utilisations alternatives, tout en tenant “dûment compte” des intérêts des autres États ».

Voici notre traduction de l’intervention de Mgr Grech.

HG

Intervention de Mgr Joseph Grech

Madame la Modératrice,

Le Saint-Siège remercie les organisateurs de l’EEDIM de cette année d’avoir consacré la session I au « Renforcement de la gestion durable des ressources naturelles » et remercie les intervenants pour leurs précieuses contributions au débat.

Nous vivons à une époque où, d’une manière ou d’une autre, trop d’entre nous, par nécessité ou par cupidité, exploitent les ressources naturelles de notre planète. « Les puissances économiques continuent de justifier le système mondial actuel où la priorité est donnée à la spéculation et à la recherche du profit financier, qui ne tiennent pas compte du contexte, sans parler des effets sur la dignité humaine et l’environnement naturel. Nous voyons ici comment la détérioration de l’environnement et la dégradation humaine et éthique sont étroitement liées » (1). Sans se laisser aller à un fatalisme inutile, le risque est que, du fait d’une exploitation inconsidérée, nous soyons nous-mêmes victimes de cette dégénérescence.

Cette dégradation est particulièrement aiguë dans la gestion des ressources naturelles. Comme l’a fait remarquer le pape François : « il n’est pas possible de maintenir le niveau actuel de consommation dans les pays développés et les secteurs les plus riches de la société, où l’habitude de gaspillage et de rejet a atteint des niveaux sans précédent. L’exploitation de la planète a déjà dépassé les limites acceptables et nous n’avons toujours pas résolu le problème de la pauvreté » (2).

Ces questions sont d’une importance vitale pour la dimension économique et environnementale de l’OSCE. Comme l’a reconnu le Document de Maastricht de 2003, « l’utilisation non durable des ressources naturelles » a « un impact considérable sur la santé, le bien-être, la stabilité et la sécurité de nos pays et peut perturber les systèmes écologiques » (3).

Selon la Déclaration de Madrid de 2007, les États participants se sont engagés « à améliorer la gouvernance environnementale, notamment en renforçant la gestion durable des ressources naturelles, en particulier de l’eau, des sols, des forêts et de la biodiversité » (5). L’OSCE a activement mis en œuvre ces engagements en encourageant la gestion conjointe des ressources naturelles par différents pays et secteurs, sur la base des principes de transparence, de responsabilité et d’équité. Ses opérations sur le terrain font progresser la bonne gouvernance environnementale grâce au partage des meilleures pratiques et à la promotion de la participation de la société civile.

Pour encourager davantage ces efforts, ma délégation tient à rappeler l’observation du pape François selon laquelle « nous ne sommes pas confrontés à deux crises distinctes, l’une environnementale et l’autre sociale, mais plutôt à une crise complexe qui est à la fois sociale et environnementale ». Une telle approche devrait inspirer « une culture de la rencontre, réunissant en une cause commune tous les efforts nécessaires déployés par les scientifiques et les hommes d’affaires, les dirigeants gouvernementaux et les politiciens » (7). Ces acteurs devraient distinguer et réglementer en conséquence entre « accès » et « utilisation » des ressources naturelles (8). L’« accès » devrait être contrôlé uniquement pour assurer la coopération, organiser les intérêts concurrents et prévenir tout dommage causé à l’environnement qui pourrait en résulter. L’« utilisation », en revanche, devrait être pleinement réglementée, non seulement pour prévenir les dommages causés aux écosystèmes, mais aussi pour évaluer la durabilité de l’utilisation de ressources particulières, les avantages pour l’humanité et le coût d’opportunité des utilisations alternatives, tout en tenant « dûment compte » des intérêts des autres États (9).

En conclusion, ma délégation tient à remercier les organisateurs de l’EEDIM de cette année de lui avoir donné l’occasion d’examiner cette question. Nous attendons avec impatience ces discussions et d’autres qui auront lieu à l’avenir sur des sujets aussi d’actualité et vitaux.

Merci, Madame la Modératrice.

  1. Pape François, Laudato si’, 56.
  2. Ibid., 27.
  3. Document de stratégie pour la Dimension économique et environnementale, Conseil ministériel de l’OSCE (2003), article 1.7.
  4. Ibid, article 1.7.
  5. Déclaration de Madrid sur l’environnement et la sécurité, Conseil ministériel de l’OSCE (2007), conclusion 8.
  6. Ibid. 139.
  7. Pape François, Discours aux participants du quatrième Atelier organisé par l’Académie pontificale des Sciences intitulé « Le droit humain à l’eau : approche interdisciplinaire et contributions sur le rôle central des politiques publiques dans la gestion de l’eau et de l’assainissement » (24 février 2017), disponible en français à l’adresse :

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2017/february/documents/papa-francesco_20170224_workshop-acqua.html

  1. Discours d’ouverture de Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, à la première session de la Conférence intergouvernementale sur un instrument international juridiquement contraignant au titre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales (4 septembre 2018).
  2. Ibid.
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Hélène Ginabat

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