Bolivie : hommage du pape au martyr jésuite Luis Espinal

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Sur le lieu de son assassinat, il salue le P. Espinal qui «dérangeait» parce qu’il prêchait «l’Évangile qui apporte la liberté».

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A son arrivée en Bolivie, le 8 juillet 2015, le pape François a rendu hommage au martyr jésuite Luis Espinal, massacré par les escadrons de la mort le 21 mars 1980, à 48 ans.

Après la cérémonie d’accueil à l’aéroport international d’El Alto à La Paz, le pape, qui arrivait de quatre jours de visite en Équateur, s’est arrêté brièvement à Achachicala, sur le lieu de l’assassinat du prêtre.

Durant la période de la dictature, le jésuite a participé aux luttes sociales, notamment à la grève de la faim de 19 jours, en 1977, durant lesquels il vécut jour et nuit au côté des familles des mineurs.

Devant le mémorial qui lui est dédié, le pape lui a rendu hommage : « Notre frère [fut] victime d’intérêts qui ne voulaient pas qu’on lutte pour la liberté. Le P. Espinal prêchait l’Évangile et cet Évangile les dérangeait et pour cela ils l’ont assassiné. »

Il a invité à faire une minute de silence et à prier, avant d’ajouter : « le P. Espinal a prêché l’Évangile, l’Évangile qui nous apporte la liberté, qui nous rend libres ».

Mgr Basilio Bonaldi, prêtre fidei donum et formateur au séminaire de La Paz, explique au micro de Radio Vatican que le P. Espinal est « un personnage – un saint – un point de référence non seulement pour les chrétiens catholiques, mais pour toute la société bolivienne, un élément de communion pour tous les Boliviens ».

Ce prêtre jésuite né en Catalogne, près de Barcelone, fut en Bolivie enseignant en littérature, chroniqueur radio, critique de cinéma. En 1979 il devint le directeur de l’hebdomadaire “Aquí” dénonçant les abus du gouvernement contre les droits de l’homme, luttant contre le trafic de drogue, affirmant la dignité de toute personne…

Il est enlevé, torturé puis tué deux jours avant l’évêque salvadorien Mgr Romero. Quelque 80.000 personnes participèrent à ses funérailles.

Par ce geste, le pape a souhaité « mettre l’accent sur les martyrs latino-américains – et il y en a tant – surtout à cette époque de dictature, qui ont offert leur vie simplement par fidélité à l’Évangile, et non pas parce qu’ils ont fait de la politique », estime Mgr Basilio Bonaldi.

Il formule le vœu que cette figure soit davantage découverte, « et que comme lui on apprenne à dire la vérité dans la fidélité à l’Évangile, et à ne pas être comme ceux qui, pour des questions de prudence, se taisent ». 

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Anne Kurian-Montabone

Baccalauréat canonique de théologie. Pigiste pour divers journaux de la presse chrétienne et auteur de cinq romans (éd. Quasar et Salvator). Journaliste à Zenit depuis octobre 2011.

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