Première publication le 14 septembre 2026 par la Custodie de Terre Sainte
Les rues de la Vieille Ville de Jérusalem ont été remplies par le son des bâtons frappés le long de la voie qui relie le couvent Saint-Sauveur à la basilique du Saint-Sépulcre. C’étaient les bâtons des kawas, les gardes qui sont traditionnellement au service des Églises de Jérusalem, qui ce matin ont ouvert la procession des frères de la Custodie de Terre Sainte qui se sont rendus sur le lieu de la Mort et de la Résurrection du Christ pour célébrer l’Exaltation de la Sainte-Croix. L’une des fêtes les plus anciennes et les plus significatives de la Ville Sainte.
Accueillis par le président du couvent du Saint-Sépulcre, Frère Giuseppe Maria Gaffurini, les frères ont traversé la basilique jusqu’à se rendre devant l’autel de la Madeleine et la chapelle catholique. Et de là, ils sont montés au Calvaire, le lieu où la tradition chrétienne reconnaît le lieu de la Crucifixion et où a été célébrée la messe solennelle présidée par le Vicaire de la Custodie de Terre Sainte, Frère Ulises Zarza. Un moment de réflexion, de joie et de prière au cours duquel les frères et les prêtres ont été entourés par les nombreux fidèles qui, dès les premières heures du matin, ont voulu se rendre sur le Golgotha pour assister à la célébration.
“Nous sommes au pied de la Croix, sur le Calvaire. Ici, à Jérusalem, où le mystère de notre salut est entré dans l’histoire”, a rappelé le Vicaire au début de l’homélie, invitant tous les présents à contempler le mystère de la Croix non pas comme un signe de défaite, mais comme une révélation de l’amour de Dieu. Un choix qui peut sembler “paradoxal”. Parce que, comme l’a expliqué le Vicaire, dès les premières années du christianisme, l’idée d’un Dieu crucifié provoquait le scandale, la suspicion et même la dérision pour cette condamnation destinée aux pires criminels. Pourtant, ce symbole a pris une signification complètement différente.
En effet, dans les lectures de la liturgie, le serpent d’airain élevé par Moïse dans le désert était rappelé, ainsi que les paroles de Jésus dans l’Évangile de Jean: “Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé”. Et c’est précisément pour cela, a souligné Frère Zarza, “regarder la Croix signifie y reconnaître notre propre blessure et, en même temps, y découvrir l’amour de Dieu qui guérit et rachète”. “Ici, Dieu ne parle pas à travers la force, mais à travers un amour qui se donne; le pouvoir est surmonté par l’humilité” a encore affirmé le Vicaire.
Et c’est dans cet esprit que la Custodie de Terre Sainte a célébré, selon la tradition, la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix. Une fête qui plonge ses racines à Jérusalem même. Au IVe siècle, lorsque l’empereur Constantin fit construire les deux noyaux de la basilique (l’anastasis et le martyrium), les reliques de la Croix furent solennellement montrées aux fidèles. Et depuis lors, chaque 14 septembre, l’Église renouvelle ce geste ancien: tourner le regard vers le Christ élevé sur la Croix. “Ce qui semblait être une défaite devient un lieu de victoire”, a conclu Frère Ulises.
Lorenzo Vita
