Cour Européenne Des Droits De L'homme © ADF

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Europe : l’avenir des symboles religieux dans les institutions publiques

Une affaire portée devant la Cour européenne pourrait affecter les institutions publiques de 46 États membres du Conseil de l’Europe

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(ZENIT News / Strasbourg, 27 janvier 2026) – La Cour européenne des droits de l’homme examine une affaire visant à faire retirer les symboles religieux des bâtiments publics. ADF International est intervenue dans l’affaire Union des athées contre la Grèce afin de faire valoir que les symboles religieux, tels que les œuvres d’art, les icônes et autres images chrétiennes qui reflètent l’histoire et les traditions d’un pays, ne peuvent être supprimés au nom d’une interprétation erronée de la liberté religieuse. Cette affaire, née en Grèce, concerne deux requêtes déposées par des plaignants se déclarant athées. Ces derniers demandaient le retrait des symboles chrétiens affichés dans la salle d’audience lors d’audiences portant sur des questions religieuses. 

Ils soutenaient que la présence de ces icônes était discriminatoire, compromettait l’objectivité du tribunal et violait leur droit à un procès équitable, ainsi que leur droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Les tribunaux grecs ont rejeté leurs demandes de retrait des icônes.

« L’affichage de symboles religieux dans l’espace public n’est en rien incompatible avec le droit international des droits de l’homme. Les espaces publics ne devraient pas être dépouillés de croix, d’icônes ou d’autres symboles à forte valeur religieuse, culturelle et historique au nom du pluralisme », a déclaré Adina Portaru, avocate principale chez ADF International. « La Cour a affirmé à plusieurs reprises que les symboles religieux, en particulier ceux qui font partie du patrimoine national, ne portent pas atteinte à la liberté de religion ni au droit à un procès équitable. » 

Patrimoine culturel, non-imposition 

Dans son mémoire, ADF International a souligné la jurisprudence constante de la Cour, qui reconnaît une large marge d’appréciation aux États membres du Conseil de l’Europe en matière de religion dans la vie publique. Le mémoire explique que l’affichage d’une image religieuse ne saurait, en soi, limiter la liberté de croyance de quiconque ni remettre en cause l’impartialité d’un tribunal, et qu’il n’existe aucun droit de ne pas être offensé par la présence d’images religieuses, contrairement à ce qu’affirment les détracteurs des symboles religieux. Le mémoire soutient que tout principe de « neutralité de l’État » ne saurait être interprété comme une hostilité envers le christianisme et démontre la pertinence du contexte social, culturel et historique du christianisme en Grèce. 

Dans toute l’Europe, il existe une pratique établie de longue date consistant à exposer des symboles religieux, notamment des crucifix, dans les institutions étatiques italiennes, des œuvres d’art religieuses dans les bâtiments judiciaires historiques en Autriche et en Espagne, ou des croix dans tous les bureaux gouvernementaux en Bavière, Allemagne, tandis qu’en France, les tribunaux ont reconnu que les images religieuses sont autorisées dans les bâtiments publics lorsqu’elles servent un but culturel ou historique. 

Le tribunal avait précédemment validé l’affichage de symboles religieux 

La Grande Chambre de la Cour s’était déjà penchée sur une question similaire dans l’affaire Lautsi contre l’Italie (2011), un cas emblématique relatif à l’exposition de crucifix dans les salles de classe des écoles publiques, dans lequel ADF International était également intervenue. Conformément aux arguments présentés, la Grande Chambre a jugé qu’un crucifix ne saurait, en soi, constituer un endoctrinement ni porter atteinte au droit à la liberté de pensée, de conscience ou de religion. 

Ce faisant, la Cour a reconnu que les symboles religieux affichés dans les institutions publiques font souvent partie du patrimoine historique et culturel de l’Europe et reflètent des traditions qui ont façonné l’identité nationale au fil des siècles. 

Espace pour le patrimoine religieux dans les espaces publics 

« La Convention européenne des droits de l’homme protège fermement la liberté religieuse. Les symboles religieux ou les œuvres d’art revêtant une importance culturelle, comme les icônes orthodoxes chrétiennes centenaires, n’imposent aucune croyance et n’influencent pas les décisions judiciaires », a ajouté Portaru. 

Après avoir communiqué l’affaire, la Cour européenne des droits de l’homme va maintenant l’examiner à la lumière des observations des parties et des interventions reçues de tiers.

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Rédaction

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