ROME, Mercredi 19 août 2009 (ZENIT.org) - Le monde d'aujourd'hui a besoin de prêtres témoins de « l'infinie miséricorde de Dieu », souligne Benoît XVI dans sa catéchèse de ce mercredi 19 août, en la mémoire liturgique de saint Jean Eudes. Il invite à une « authentique réforme de la vie et de l'apostolat des prêtres ».

Benoît XVI a poursuivi, à Castel Gandolfo, ses catéchèses dans le cadre de l'Année sacerdotale en évoquant « l'Ecole française » de spiritualité, qui fut aussi l'école spirituelle qui a formé saint Jean-Marie Vianney.

« Aujourd'hui aussi, a déclaré le pape, on ressent le besoin que les prêtres témoignent de l'infinie miséricorde de Dieu à travers une vie entièrement «conquise» par le Christ, et apprennent cela dès les années de leur préparation dans les séminaires ».

Benoît XVI a évoqué une « authentique réforme de la vie et de l'apostolat des prêtres » à partir de la question de la formation initiale et permanente des prêtres en citant l'Exhortation apostolique « Pastores dabo vobis ». Jean-Paul II y « reprend et met à jour les normes du Concile de Trente et souligne en particulier la nécessaire continuité entre le moment initial et le moment permanent de la formation; pour lui, pour nous, cela est un véritable point de départ pour une authentique réforme de la vie et de l'apostolat des prêtres, et c'est également le point central afin que la «nouvelle évangélisation» ne soit pas simplement un slogan attrayant, mais se traduise en réalité ».

« Les fondements placés dans la formation du séminaire, constituent l'«humus spirituel» irremplaçable, dans lequel on peut «apprendre le Christ» en se laissant progressivement configurer à Lui, unique prêtre suprême et bon pasteur ».

A propos de la formation initiale dans les séminaires, le pape a fait cette recommandation : « Le temps du séminaire doit donc être considéré comme la réalisation du moment où le Seigneur Jésus, après avoir appelé les apôtres et avant de les envoyer prêcher, leur demande de rester avec Lui (cf. Mc 3, 14) ».

Et de préciser à ce sujet l'enseignement de l'Evangile : « Lorsque saint Marc raconte la vocation des douze apôtres, il nous dit que Jésus avait un double objectif : le premier était qu'ils soient avec Lui, le second qu'ils soient envoyés pour prêcher. Mais, allant toujours avec Lui, ils annoncent réellement le Christ et apportent la réalité de l'Evangile au monde ».

Benoît XVI a demandé une nouvelle fois aux fidèles de prier pour les prêtres et les candidats au sacerdoce spécialement pendant cette année sacerdotale : « Au cours de cette année sacerdotale, a souhaité le pape, je vous invite à prier, chers frères et sœurs, pour les prêtres et pour tous ceux qui se préparent à recevoir le don extraordinaire du sacerdoce ministériel ».

Anita S. Bourdin

Angélus du 15 août, Assomption de la Vierge Marie

ROME, Lundi 17 Août 2009 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous les paroles que Benoît XVI a prononcées à l’Angélus, depuis sa résidence d’été de Castel Gandolfo, à l’occasion de la solennité de l’Assomption de Marie, le 15 août.

AVANT L’ANGELUS

Chers frères et sœurs,

Au cœur du mois d’août, temps de vacances pour beaucoup de familles et pour moi aussi, l’Eglise célèbre la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. C’est une occasion privilégiée pour méditer sur le sens dernier de notre existence, aidés par la liturgie d’aujourd’hui qui nous invite à vivre dans ce monde tournés vers les biens éternels, pour partager la même gloire que Marie, la même joie que notre Mère. Tournons donc le regard vers Notre-Dame, étoile de l’espérance, qui éclaire notre chemin terrestre, en suivant l’exemple des saints et des saintes qui ont eu recours à elle en toute circonstance. Vous savez que nous célébrons l’Année Sacerdotale en mémoire du saint Curé d’Ars, et je voudrais puiser dans les pensées et les témoignages de ce saint curé de campagne quelques réflexions qui peuvent tous nous aider, spécialement nous, les prêtres, à raviver notre amour et notre vénération pour la Vierge Très Sainte.

Les biographes attestent que saint Jean-Marie Vianney parlait de la Vierge avec dévotion, et en même temps avec familiarité et spontanéité. « La Sainte Vierge – avait-il coutume de répéter – est sans tache, ornée de toutes les vertus qui la rendent si belle et agréable à la Sainte Trinité » (B. Nodet, Le curé d’Ars : sa pensée, son cœur). Et encore : « Le cœur de cette bonne Mère n’est qu’amour et miséricorde, elle ne désire que nous voir heureux. Il suffit seulement de se tourner vers elle pour être exaucé » (ibid., 307). Le zèle du prêtre transparaît dans ces expressions. Animé du souffle apostolique, il se réjouit de parler de Marie aux fidèles, et il ne se fatigue jamais de le faire. Même pour un mystère difficile comme celui de l’Assomption, il savait le présenter par des images efficaces comme celle-ci : : « L’homme était créé pour le ciel. Le démon a brisé l’échelle qui nous y menait. Notre Seigneur, par sa Passion, nous en a formé une autre… La Sainte Vierge est en haut de l’échelle et la tient à deux mains » (ibid.).

Le saint Curé d’Ars était surtout attiré par la beauté de Marie, beauté qui coïncide avec le fait d’être l’Immaculée, seule créature conçue sans l’ombre d’un péché. « La Sainte Vierge – affirmait-il – est cette belle créature qui n’a jamais dégoûté le bon Dieu » (ibid., 306). Quel exemple de bon et fidèle pasteur donna-t-il avant tout, même dans cet amour filial pour la Mère de Jésus, grâce auquel il se sentait attiré vers le ciel. « Si je n’allais pas au ciel – s’exclamait-il – comme je serais peiné ! Je ne verrais jamais la Sainte Vierge, cette créature si belle ! » (ibid., 309). Il consacra donc plusieurs fois sa paroisse à la Vierge, recommandant particulièrement aux mamans de faire la même chose chaque matin avec leurs enfants. Chers frères et sœurs, faisons nôtres les sentiments du saint Curé d’Ars. Et avec la même foi, tournons nous vers Marie montée au Ciel, lui confiant de manière particulière les prêtres du monde entier.

APRES L’ANGELUS

A l’issue de la prière de l’Angélus, le pape a salué les fidèles en différentes langues. Voici ce qu’il a dit en français :

En ce jour de l’Assomption, j’accueille avec joie les pèlerins de langue française venus à Castel Gangolfo pour la prière de l’Angélus. Au cœur de ce mois d’août, qui pour beaucoup est un temps de repos, l’Église nous donne de célébrer la gloire sans pareille de la Vierge Marie. Humble servante du Seigneur elle a été associée dans son corps à la résurrection de son fils Jésus, devenant pour toute l’humanité un gage d’espérance. En contemplant Marie, je vous invite à vous ouvrir comme elle à la confiance et à vous abandonner à la tendresse et à la fidélité de Dieu. Que la Vierge Marie veille sur l’Église et sur toutes les familles !

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