
Une jeunesse « qui a soif » © Anne van Merris
Durant les quatre jours de sa visite apostolique en France, le Saint-Père s’est montré heureux, clair dans ses paroles et attentif à tous, notamment les plus vulnérables et les jeunes. Il a rencontré des foules immenses et a béni une multitude de fidèles lors de ses déambulations, dont des enfants malades ou handicapés. Mais il a aussi pu vivre des moments plus intimes, notamment avec des personnes pauvres au centre Bakhita à Paris, ou à Lourdes avec des victimes d’abus sexuels dans l’Église.
Le pape a donc découvert un pays en plein renouvellement spirituel, malgré une grande sécularisation. Il a rencontré une Église heureuse de témoigner tout simplement et ouvertement de sa foi catholique. « La France est très souvent au cœur de la prière du pape », a-t-il déclaré d’emblée aux autorités françaises : « la France est aussi une terre aux riches racines chrétiennes ».
En tout, plus d’un 1,5 million de personnes ont participé aux différents événements, sans oublier les dizaines de millions d’autres qui se sont associées par les médias et les réseaux sociaux. Le Saint-Père a rencontré un peuple désireux de l’écouter, de se tourner vers le Christ en profondeur. Un peuple venu à la rencontre du successeur de Pierre pour « boire à la source ».
« Vous êtes les saints de la France ! »
Durant ces quatre jours, le pape a parlé de paix et de réconciliation en Europe et dans le monde. Il a aussi beaucoup insisté sur la protection de la dignité humaine et de la vie, l’attention aux plus vulnérables, la foi des jeunes et les catéchumènes, mais aussi sur l’importance de l’écoute et la reconnaissance des victimes d’abus sexuels dans l’Église.
L’un des moments marquants a été la visite au siège de l’UNESCO vendredi 25 septembre. Une rencontre à caractère mondial, où le pape a donné un discours devant près de 1300 personnes, en présence de délégations des 194 États membres de l’UNESCO. Il a déclaré que le « Saint-Siège souhaite souffler la confiance à l’UNESCO » et a évoqué la mission commune liant le Saint-Siège à l’organisation : construire une humanité encore plus humaine.

Veillée de prière avec 80 000 jeunes au Stade de France © Anne van Merris
La prière des vêpres, célébrées dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, a également été un moment spécial pour tous les prêtres, diacres, consacrés et séminaristes de France. « La cathédrale n’est pas une enveloppe de pierre à admirer : elle vit du mystère sacré qui y est célébré », a déclaré le pape en s’adressant aux membres de l’Église. « Vous êtes appelés à être les premiers gardiens de cette maison ouverte, les pierres vivantes d’une Église qui espère et qui ne craint pas l’avenir. »
Puis, vendredi soir, la veillée de prière au Stade de France a été une véritable grâce. Les 80 000 jeunes étaient en fête, mais d’une manière bien différente d’un match de football ou d’un concert. Ils ont montré leur désir de suivre le Christ et manifesté une joie paisible, sans exubérance. « Vous êtes les saints de la France ! », s’est exclamé le pape sous des tonnerres d’applaudissements. L’émotion était palpable. « L’Église en France a tant besoin de vous ! »
Le lendemain, lors de la messe réunissant 800 000 personnes sur la place de la Concorde, le pape a invité les jeunes à boire à la source du Cœur du Christ pour pouvoir ensuite eux-mêmes abreuver le monde. « Vous avez soif de Dieu, de vie, de vérité, d’unité, de paix, de communion, de bonheur (…) Il vous revient d’apporter l’espérance là où règnent le découragement et la sécheresse spirituelle. »
Obtenir « le don de la concorde fraternelle »
À Lourdes, le pape Léon XIV a partagé de grands moments de prière et de recueillement, entouré de milliers de pèlerins, de bénévoles et de personnes malades. Devant la grotte de Massabielle, il a demandé à la Vierge Marie d’obtenir pour son peuple « le don de la concorde fraternelle » et « d’indiquer à son Église, notamment aux plus jeunes, la voie lumineuse de l’Évangile ».
En rencontrant les évêques, dimanche matin, il leur a dit que « la parole de l’Église a toute sa place dans le débat public en France ; elle possède, par nature, une autorité prophétique ». Et il a dit également : « Peut-être est-ce là le défi majeur à relever : que Jésus vive pleinement dans les familles catholiques de France et les illumine de sa présence ! »

En prière devant la grotte de Massabielle © Vatican Media
C’est aussi à Lourdes, face aux débats récents en France sur l’aide active à mourir, que le pape a formulé l’un des messages les plus forts, s‘adressant entres autres au corps médical : « Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. » Et il a confié aux malades : « Vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Église. »
Enfin, lors de sa dernière étape à Metz, il a lancé un appel à la fraternité et à la réconciliation. En présidant la messe dans la cathédrale, il a invité les peuples à construire la paix pour que « l’avenir de l’Europe ne réside pas dans l’uniformisation, mais dans l’harmonie des différences, où la blessure du passé devient une brèche laissant passer la lumière ».
Ainsi, ce voyage aura marqué sans aucun doute une nouvelle étape dans le renouveau de la foi catholique en France. Cette visite a été remplie de « bénédictions, presque des miracles », a dit le Saint-Père lors du vol de retour. Sans compter la multitude de grâces invisibles, ces milliers d’autres « bénédictions » qui resteront enfouies dans les cœurs, mais qui suffisent pour changer le monde.
