À l’occasion de la venue imminente du pape Léon XIV à Paris, Lourdes et Metz, le Saint-Siège a publié un « aperçu statistique pastoral » présentant la situation et l’évolution de l’Église catholique en France sur une période de 44 ans, entre 1980 et 2024.
Édités par l’Office central des statistiques ecclésiastiques, ces chiffres mettent en évidence l’évolution de l’Église dans notre pays, qui avait accueilli saint Jean-Paul II en 1980, et qui reçoit aujourd’hui le pape Léon XIV. Si la comparaison dans ce tableau est nécessaire, elle peut paraître rude sur certains points, et belle sur d’autres. Mais elle invite surtout au réalisme, au renouvellement de notre foi et à l’espérance, dans la conviction que Dieu veille sur son peuple et le conduit.

Le pape rencontrera les catéchumènes samedi 26 septembre 2026 à l’Institut catholique de Paris © dioceseparis.fr
Tout d’abord, on peut noter que le nombre global de catholiques baptisés a augmenté en l’espace de quatre décennies, passant de 45,5 millions à 49,7 millions. Cet essor est principalement lié à la croissance démographique en France, mais aussi aux flux migratoires de nombreux baptisés venant de pays fortement catholiques, tels que l’Afrique francophone, l’Amérique latine ou l’Europe du Sud.
Mais le tableau révèle cependant une forte baisse dans la demande de sacrements, notamment pour les baptêmes et les mariages. Cette chute est liée principalement à la crise de la foi et la perte de la pratique religieuse, dans une société en pleine mutation et de plus en plus sécularisée. On a relevé 513 501 baptêmes en 1980, contre 186 165 en 2024, et 217 479 mariages religieux en 1980, contre 40 678 en 2024.
Catéchumènes, entrées en propédeutique : les voies de Dieu pour aujourd’hui ?
Il est cependant visible qu’un net redressement s’opère depuis 2020 pour les baptêmes et les confirmations, grâce notamment à l’arrivée inattendue et spectaculaire de nouveaux catéchumènes. En 2026, par exemple, l’Église catholique en France a enregistré un total de 21 386 baptêmes d’adolescents et d’adultes à Pâques.
Ce phénomène intéresse d’ailleurs beaucoup le pape Léon XIV qui, le 26 septembre prochain, prendra un temps pour rencontrer à l’Institut catholique de Paris les catéchumènes et les néophytes français, ainsi que les membres de l’Assemblée synodale de la Province d’Île-de-France, initiée pour répondre au mieux à ces nouveaux besoins.
On peut évidemment aussi noter dans ce tableau la crise des vocations religieuses et sacerdotales. On comptait 87 044 religieux en France en 1980, contre 17 452 en 2024. Une dure épreuve pour toutes ces grandes communautés centenaires vieillissantes, qui finissent par devoir quitter leurs monastères, faute de relève.
En ce qui concerne les clercs, le nombre global de prêtres a été divisé par trois, obligeant l’Église à réorganiser et restructurer en profondeur son maillage territorial : trois paroisses sur quatre ont ainsi disparu en quelques décennies. Les prêtres étaient 38 876 en 1980, et 12 590 en 2024, malgré l’aide de missionnaires venus de l’étranger pour prêter main forte. En revanche, il est important de noter que le nombre des diacres permanents a largement augmenté dans le paysage ecclésial français.
Enfin, en ce qui concerne les séminaristes, la baisse est également bien visible sur le tableau, même si l’on sait qu’il y a depuis peu une augmentation d’entrées en propédeutique, notamment dans les séminaires interdiocésains. Il est possible de lier ce nouveau « phénomène » avec la croissance des baptêmes d’adultes dans l’Église. Les chiffres des années à venir montreront si cet accroissement d’entrées en propédeutique et au séminaire se confirme.
