ROME, Vendredi 8 Janvier 2010 (ZENIT.org) - L'Eglise en Irlande se trouve à un « moment crucial » en raison de la crise provoquée par les cas d'abus sur des mineurs de la part de prêtres et de leur couverture présumée par l'archidiocèse de Dublin.

« Personne ne peut douter du fait que l'Eglise catholique en Irlande se trouve à un moment crucial de son histoire », a affirmé le 5 janvier le cardinal Seán Brady, archevêque d'Armagh et primat d'Irlande, dans l'homélie qu'il a prononcée lors des funérailles du cardinal Cahal Brendan Daly dans la cathédrale St. Patrick d'Armagh.

Le cardinal Daly, archevêque émérite d'Armagh, est mort le 31 décembre à Belfast d'un arrêt cardiaque. Il avait 92 ans.

Le cardinal Brady a présidé la messe des obsèques au nom du pape Benoît XVI, qui a envoyé un message de condoléances dans lequel il rappelle « la grande affection et l'estime » qu'il avait pour le cardinal Daly.

Dans l'homélie, dont le quotidien irlandais Irish Independent s'est fait l'écho, le cardinal Brady affirme que l'Eglise en Irlande « doit aller de l'avant sur la route - engagée par le cardinal défunt - de la collaboration avec les autorités civiles et les communautés pour garantir de bonnes pratiques, une coopération et une transparence dans la sauvegarde des enfants dans toutes les activités ecclésiales ».

Pour le cardinal Brady, le cardinal Daly « aurait été bien conscient des prochaines étapes de l'Eglise catholique en Irlande, à un moment des plus critiques et des plus difficiles de son histoire ».

Les scandales concernant les abus sur les mineurs ont provoqué « une colère justifiée et l'indignation » des fidèles, et ont « profondément endommagé la confiance dans les leaders de l'Eglise », a-t-il regretté.

« La seule voie pour un renouvellement authentique consiste dans l'humble service du peuple de Dieu », et dans la garantie « d'un environnement ecclésial sûr » pour les enfants.

La paix en Ulster

Le cardinal Brady a également rappelé le « travail infatigable » du cardinal Daly pour la paix en Irlande du Nord.

« Un avenir stable, durable et réconcilié pour le nord serait le meilleur monument à construire en mémoire du cardinal Daly », a-t-il reconnu.

Le cardinal défunt, a-t-il souligné, a été « une figure prophétique et innovatrice à une époque de grands changements dans l'histoire de l'Irlande », une mission qui « ne s'est pas limitée aux aspects sociaux et politiques de son activité ».

« Il a surtout été un homme de foi, de prière et un homme de Dieu », a-t-il conclu.

37 missionnaires tués durant l’année 2009

ROME, Jeudi 7 Janvier 2010 (ZENIT.org) – Comme chaque année, l’agence Fides a publié la « Liste des ouvriers pastoraux, prêtres, religieux, religieuses et laïcs tués en 2009 ». D’après ses informations, 37 ouvriers pastoraux ont été tués durant l’année 2009 : 30 prêtres, 2 religieuses, 2 séminaristes, 3 volontaires laïcs. Cela représente le double de l’année 2008, et c’est le chiffre le plus élevé enregistré au long des dix dernières années.

En analysant la liste de chaque continent, au premier plan figure cette année, avec un chiffre extrêmement élevé, l’Amérique, marquée du sang de 23 ouvriers pastoraux (18 prêtres, 2 séminaristes, 1 sœur, 2 laïcs), suivie par l’Afrique où 9 prêtres, 1 religieuse et 1 laïc ont perdu la vie de façon violente, puis par l’Asie, avec 2 prêtres tués, et enfin l’Europe, avec un prêtre assassiné.

En Amérique, 23 ouvriers pastoraux ont été tués au Brésil (6 prêtres), au Mexique (1 prêtre et 2 séminaristes), en Colombie (5 prêtres et 1 laïc), à Cuba (2 prêtres), au Salvador (1 prêtre et 1 laïc), aux Etats-Unis (1 prêtre et 1 religieuse) et au Guatemala (2 prêtres).

En Afrique, 11 ouvriers pastoraux ont perdu la vie de manière violente, dans la République Démocratique du Congo (2 prêtres, 1 religieuse et 1 laïc), en Afrique du Sud (4 prêtres), au Kenya (2 prêtres) et au Burundi (1 prêtre).

En Asie, deux prêtres ont été tués, l’un aux environs de Mangalore (État du Karnataka) et l’autre aux Philippines.

Enfin en Europe, un prêtre a été tué en France (diocèse de Tulle).

Le comptage de Fides ne concerne pas seulement les missionnaires ad gentes au sens strict, mais tous les ouvriers pastoraux morts de façon violente. « Nous n’utilisons pas de fait le terme ‘martyre’, sauf dans son sens étymologique de ‘témoin’, pour ne pas devancer le jugement que l’Eglise pourra éventuellement donner à certains d’entre eux, mais aussi à cause de la pauvreté des informations que, dans la majorité des cas, on réussit à recueillir sur leur vie et sur les circonstances de leur mort », souligne Fides.

« Certains de ces ouvriers pastoraux ont été victimes de cette violence même  qu’ils combattaient ou de la disponibilité à aller au secours des autres en mettant au second plan leur propre sécurité ». « Beaucoup ont été tué dans le cadre de tentative de vol ou d’enlèvement, surpris dans leur habitation par des bandits à la recherche de trésors fantomatiques, se contentant la plupart du temps d’une vieille voiture ou du cellulaire de la victime, enlevant en revanche le trésor le plus précieux, celle d’une vie donnée par Amour ». « D’autres ont été éliminés seulement parce que, au nom du Christ, ils opposaient l’amour à la haine, l’espérance au désespoir, le dialogue à la violence, le droit à l’injustice », affirme encore Fides.