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Congrès de pastorale des vocations © Photo.va - L'Osservatore Romano

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Vocations: savoir « perdre du temps » pour accueillir les jeunes

Discours du pape pour la pastorale des vocations, CEI (Traduction intégrale)

« Pour être crédibles et entrer en harmonie avec les jeunes, il faut privilégier la voie de l’écoute, savoir ‘perdre du temps’ à accueillir leurs questions et leurs désirs », conseille le pape François. Devant les participants au Congrès organisé par le Bureau national pour la pastorale des vocations de la Conférence épiscopale italienne, le 5 janvier 2017, le pape a assuré : « votre témoignage sera d’autant plus persuasif si… vous savez raconter la beauté, l’étonnement et la merveille d’être amoureux de Dieu ».

Organisé du 3 au 5 janvier, moins de deux ans avant le synode d’octobre 2018 sur les jeunes et les vocations, le congrès avait pour thème : « Lève-toi, va et ne crains pas. Vocations et sainteté : je suis une mission ». En recevant les participants au Vatican, le pape a plaidé pour une nouvelle « culture vocationnelle » aux horizons « amples » et « capable de lire courageusement la réalité telle qu’elle est avec les fatigues et les résistances, en reconnaissant les signes de générosité et de beauté du cœur humain » .

« Être une mission permanente demande du courage, de l’audace, de l’imagination et l’envie d’aller au-delà, d’aller plus loin », a-t-il ajouté, et l’accompagnement des jeunes requiert « passion et sens de la gratuité ». « C’est un engagement à chercher leur bonheur et cela va bien au-delà de vos préférences et de vos attentes », a encore prévenu le pape.

Il a recommandé « une patience amoureuse, qui ne craint pas les inévitables lenteurs et résistances du cœur humain », « un regard capable de percevoir la positivité dans les événements humains et spirituels » et « un cœur étonné et reconnaissant devant les dons que les personnes portent en elles ».

AK

Discours du pape François

Chers frères et sœurs,

Au terme de votre congrès de pastorale vocationnelle, organisé par le Bureau de la Conférence épiscopale italienne, je suis heureux de pouvoir vous accueillir et vous rencontrer. Je remercie Mgr Galantino pour ses aimables paroles ; et je me félicite de l’engagement avec lequel vous assurez ce rendez-vous annuel dans lequel sont partagées la joie de la fraternité et la beauté des différentes vocations.

Devant nous, s’ouvrent l’horizon et le chemin vers l’Assemblée synodale de 2018, intitulé « Jeunes, foi et discernement vocationnel ». Le « oui » total et généreux d’une vie donnée est semblable à une source d’eau, cachée depuis longtemps dans les profondeurs de la terre, qui attend de jaillir et de couler à l’extérieur dans un ruissellement de pureté et de fraîcheur. Les jeunes d’aujourd’hui ont besoin d’une source d’eau fraîche pour se désaltérer et poursuivre ensuite leur chemin de recherche. « Les jeunes ont le désir d’une vie grande. La rencontre avec le Christ, le fait de se laisser saisir et guider par son amour élargit l’horizon de l’existence et donne une espérance solide qui ne déçoit pas » (Enc. Lumen fidei, 53).

Dans cet horizon se situe aussi votre service, avec son style propre à l’annonce et à l’accompagnement vocationnel. Cet engagement requiert passion et sens de la gratuité. La passion de l’implication personnelle, en sachant prendre soin des vies qui vous sont remises comme des écrins qui renferment un trésor précieux à garder. Et la gratuité d’un service et d’un ministère dans l’Église qui requiert un grand respect pour ceux dont vous vous faites les compagnons de cheminement. C’est un engagement à chercher leur bonheur et cela va bien au-delà de vos préférences et de vos attentes. Je fais miennes les paroles du pape Benoît XVI : « Soyez des semeurs de confiance et d’espérance. En effet, le sentiment de désarroi que vit souvent la jeunesse d’aujourd’hui est profond. Les paroles humaines sont souvent privées d’avenir et de perspective, privées aussi de sens et de sagesse. […] Et pourtant, cette heure peut être celle de Dieu » (Discours aux participants au Congrès européen sur la pastorale vocationnelle, 4 juillet 2009).

Pour être crédibles et entrer en harmonie avec les jeunes, il faut privilégier la voie de l’écoute, savoir « perdre du temps » à accueillir leurs questions et leurs désirs. Votre témoignage sera d’autant plus persuasif si, avec joie et vérité, vous savez raconter la beauté, l’étonnement et la merveille d’être amoureux de Dieu, des hommes et femmes qui vivent avec gratitude leur choix de vie pour aider les autres à laisser une empreinte inédite et originale dans l’histoire. Cela requiert de ne pas être désorientés par les sollicitations extérieures, mais de faire confiance à la miséricorde et à la tendresse du Seigneur en ravivant la fidélité de nos choix et la fraîcheur du « premier amour » (cf. Ap 2,5).

La priorité de l’annonce vocationnelle n’est pas l’efficacité de ce que nous faisons, mais plutôt l’attention privilégiée à la vigilance et au discernement. C’est avoir un regard capable de percevoir la positivité dans les événements humains et spirituels que nous rencontrons ; un cœur étonné et reconnaissant devant les dons que les personnes portent en elles, mettant en lumière les potentialités plutôt que les limites, le présent et l’avenir en continuité avec le passé.

Il faut aujourd’hui une pastorale vocationnelle aux horizons amples et avec le souffle de la communion, capable de lire courageusement la réalité telle qu’elle est avec les fatigues et les résistances, en reconnaissant les signes de générosité et de beauté du cœur humain. Il est urgent de remettre au sein des communautés chrétiennes une nouvelle « culture vocationnelle ». « Fait encore partie de cette culture vocationnelle la capacité de rêver et de désirer en grand, cette stupeur qui permet d’apprécier la beauté et de la choisir pour sa valeur intrinsèque, parce qu’elle rend la vie belle et vraie » (Œuvre pontificale pour les vocations, Nouvelles vocations pour une nouvelle Europe, 8 décembre 1997).

Chers frères et sœurs, ne vous lassez pas de vous répéter à vous-mêmes : « je suis une mission » et pas simplement « j’ai une mission ». « Il faut reconnaître que l’on est marqué au feu par cette mission d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer » (Exh. Ap. Evangelii gaudium, 273). Être une mission permanente demande du courage, de l’audace, de l’imagination et l’envie d’aller au-delà, d’aller plus loin. En effet, « Lève-toi, va et ne crains pas » a été le thème de votre congrès. Cela nous aide à faire mémoire de nombreuses histoires de vocation, où le Seigneur invite ceux qui sont appelés à sortir d’eux-mêmes pour être un don pour les autres ; il leur confie une mission et les rassure : « Ne crains pas parce que je suis avec toi » (Is 41,10). Cette bénédiction se fait encouragement constant et passionné pour pouvoir aller au-delà des peurs qu’ils renferment en eux-mêmes et qui paralyse tout désir de bien. Il est beau de savoir que le Seigneur prend sur lui nos fragilités, nous remet debout pour que nous retrouvions, jour après jour, l’infinie patience de recommencer.

Sentons-nous soutenus par le Saint-Esprit pour distinguer courageusement des voies nouvelles pour l’annonce de l’Évangile de la vocation, pour être des hommes et des femmes qui, comme des sentinelles (cf. Ps 130,6), savent saisir les rayons de lumière d’une aube nouvelle, dans une expérience de foi et de passion renouvelée pour l’Église et pour le Royaume de Dieu. Que l’Esprit nous pousse à être capables d’une patience amoureuse, qui ne craint pas les inévitables lenteurs et résistances du cœur humain.

Je vous assure de ma prière ; et vous, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Merci.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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