Synodalité et primauté: une «base commune» pour le dialogue catholique-orthodoxe

La rencontre de Chieti par Mgr Palmieri

Sanctuaire de la Sainte-Face de Manoppello (Italie) © Anita Bourdin

Sanctuaire de la Sainte-Face de Manoppello (Italie) © Anita Bourdin

« Le dialogue » des catholiques et des orthodoxes « a maintenant une base commune », affirme Mgr Andrea Palmieri, au micro de Radio Vatican.

C’est ainsi que le sous-secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a qualifié le document final approuvé par la Commission mixte catholique-orthodoxe le 21 septembre 2016, à Chieti, en Italie. Intitulé « La synodalité et la primauté au cours du premier millénaire: vers une compréhension commune au service de l’unité de l’Église », le document est le fruit du travail  de la XIVe session plénière de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre les Églises orthodoxe et catholique (15-22 septembre 2016).

Cette « base commune », a souligné Mgr Palmieri, permet de « poursuivre l’étude de ce que peuvent être les structures de l’Église qui peuvent assurer la communion de toutes les Églises d’Orient et d’Occident ». Le document « constitue une référence commune dans l’expérience du premier millénaire et dans l’interprétation de laquelle sont convenus les catholiques et les orthodoxes ».

Même si ce document « ne résout pas clairement toutes les difficultés », il « ouvre un chemin », a ajouté Mgr Palmieri, « il nous permet …d’être optimistes pour l’avenir ».

En expliquant le sens du document, le  sous-secrétaire du Conseil a dit que « maintenant …nous avons une explication de la façon comment la primauté et la collégialité ont été articulées au premier millénaire » : « Le modèle du premier millénaire devient une indication en vue de résoudre les problèmes encore existants entre catholiques et orthodoxes. »

La rédaction du document « a nécessité un long travail », a avoué Mgr Palmieri, « car il touche à l’un des problèmes cruciaux de discorde entre catholiques et orthodoxes » : « Il a fallu une étude longue et approfondie des sources historiques, canoniques, patristiques pour parvenir à une interprétation commune qui n’a pas été toujours facile. »

À la première étape de ce travail, en 2007, le « Document de Ravenne » a été approuvé, affirmant la «  nécessité de la primauté dans l’Église au niveau local, régional et universel », mais il « n’a pas précisé de quelle manière cette primauté devrait être exercée ».

Pendant la session de Chieti, « de la lecture du premier millénaire a émergé qu’il n’y a pas de doute que le siège de Rome avait été reconnu à la première place dans l’ordre des Églises. Cette primauté, cependant, a toujours été exercée dans le contexte de la collégialité », a expliqué Mgr Palmieri.

Ce serait le travail des « étapes ultérieures » du dialogue catholique-orthodoxe de « clarifier » «  ce que signifie cette primauté et comment elle pourrait être exercée aujourd’hui, parce que c’est vraiment un service de communion entre les Églises ».

Pour le sous-secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, la session «  a eu lieu dans un climat de grande fraternité, de la sincérité et de l’affrontement ouvert et franc ». « Cela a certainement contribué à la réussite des travaux », a-t-il ajouté.

« En outre, a-t-il conclu, il y a eu des occasions de prière, à la fois dans la cathédrale catholique de Chieti, mais aussi la célébration d’une Divine Liturgie dans le sanctuaire (du voile de la Sainte-Face) de Manoppello près de Chieti. Cela a également offert un contexte spirituel qui n’était pas absolument indifférent aux résultats que nous avons obtenus. »

Autre signe de communion, dans leur communiqué final, les membres de la commission ont exprimé leur solidarité avec les populations du Proche-Orient, et ils ont rappelé l’enlèvement en Syrie, en 2013, des deux métropolites orthodoxes d’Alep Paul Yazigi et Youhanna Ibrahim d’Alep, dont on est toujours sans nouvelles.

Le communiqué final indique aussi que l’ensemble des Églises orthodoxes était représenté, sauf le Patriarcat de Bulgarie. Et le nouveau document a été signé par tous les participants, excepté la délégation de l’Église orthodoxe géorgienne qui a exprimé son désaccord sur certains passages.

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