« Prier et faire prier pour les vocations féminines », par Lucetta Scaraffia

Tribune dans L’Osservatore Romano

Soeurs de la miséricorde, 24 sept. 2016 © L'Osservatore Romano

Soeurs de la miséricorde, 24 sept. 2016 © L'Osservatore Romano

L’Église « doit prier et faire prier pour les vocations féminines, mais surtout elle doit lever les obstacles qui freinent les jeunes femmes d’aujourd’hui », affirme Lucetta Scaraffia, directrice de « Donna Chiesa Mondo », mensuel en italien de L’Osservatore Romano.

Elle réfléchit à l’urgence des vocations féminines dans l’Église et sur les conséquences de la chute des vocations dans son article « Vie religieuse: l’urgence de vocations féminines » publié dans les pages de L’Osservatore Romano dans ses éditions en italien: l’édition quotidienne du 6 juin 2017 et l’édition hebdomadaire.

« L’Église a besoin des religieuses comme des prêtres », affirme Lucetta Scaraffia, mais « les jeunes femmes d’aujourd’hui ont vraiment du mal à accepter des services non reconnus » et « surtout à accepter que leur voix ne soit jamais écoutée lorsqu’il s’agit de décider du présent et de l’avenir de l’Église ».

« La marginalisation dans laquelle sont reléguées les religieuses dans la vie de l’Église » est, selon la journaliste, un « facteur » important de la baisse des vocations.

Cependant, souligne-t-elle, « le préjudice que cette chute des vocations féminines peut porter à la vie de l’Église est immense ». Lucetta Scaraffia rappelle que les religieuses témoignent « de la présence de l’Église dans les situations les plus difficiles » et elles « sont des réservoirs de nouvelles idées d’évangélisation ».

Sans oublier le fait qu’elles se prêtent « souvent aux tâches les plus humbles et les plus fatigantes », font un « travail gratuit, inlassable et peu reconnu ».

Voici notre traduction de l’italien de la réflexion de Lucetta Scaraffia.

MD

Vie religieuse: l’urgence de vocations féminines

Les conséquences de la forte chute des vocations sacerdotales qui caractérise notre époque sont sous les yeux de tous. Chute due de toute évidence à la croissante vague de sécularisation qui a traversé les pays industrialisés et gagne maintenant les pays en voie de développement. Mais celle-ci est également due à la crise démographique qui réduit le nombre de personnes dans les nouvelles générations, et bien entendu le pourcentage de ceux qui choisissent le sacerdoce. Mais nous savons tous que l’Eglise n’est pas seulement faite de prêtres : ce sont les religieuses, en particulier, qui aujourd’hui remplacent très souvent, quand c’est possible, la présence sacerdotale dans de vastes régions du monde. Et aujourd’hui, hélas, les vocations féminines, qui étaient encore nombreuses il y a 10 ans – surtout par rapport aux vocations masculines – sont en rapide et très nette diminution.

En plus des mêmes raisons qui expliquent la diminution des vocations sacerdotales, un autre facteur est responsable de cette baisse chez les femmes: la marginalisation dans laquelle sont reléguées les religieuses dans la vie de l’Église. Les jeunes femmes d’aujourd’hui ont vraiment du mal à accepter des services non reconnus, mais surtout à accepter que leur voix ne soit jamais écoutée lorsqu’il s’agit de décider du présent et de l’avenir de l’Église, à savoir dans les moments où il est demandé du discernement.

Le préjudice que cette chute des vocations féminines peut porter à la vie de l’Église est immense, et la gravité des conséquences que cela comporte ne devrait pas être sous-estimée. Les religieuses portent en effet sur leurs épaules la lourde responsabilité  de témoigner de la présence de l’Église dans les situations les plus difficiles, se prêtant souvent aux tâches les plus humbles et les plus fatigantes, mais qui sont celles qui donnent la mesure concrète du témoignage chrétien. Sans compter le travail gratuit, inlassable et peu reconnu des religieuses pour faire fonctionner les institutions à tous les niveaux de collaboration. Du ménage à la cuisine, jusqu’aux traductions et à la rédaction de documents qui seront ensuite signés par d’autres, jusqu’à leur capacité reconnue de résoudre des problèmes et des obstacles en tout genre. Comment fera-t-on sans cette armée de collaboratrices ponctuelles et obéissantes?

Mais pour une autre raison plus importante, cette diminution des vocations fait craindre des conséquences sur l’Eglise : les religieuses sont des réservoirs de nouvelles idées d’évangélisation, de vives propositions parce que nées d’une vie passée aux côtés des personnes, dont elles connaissent bien les exigences et les attentes. Et à ce propos, ce n’est pas un hasard si, au cours de ces derniers mois, est signalée, dans les instituts de spiritualité, une demande croissante, de la part de personnes parfois même non pratiquantes, d’une période de retraite placée sous la direction spirituelle d’une femme. Demande qui vient s’ajouter à une habitude désormais consolidée de la part des ordres monastiques masculins, de demander de l’aide aux religieuses pour leurs propres exercices spirituels.

L’Église a besoin des religieuses comme des prêtres, et elle doit prier et faire prier pour les vocations féminines, mais surtout elle doit  lever les obstacles qui freinent les jeunes femmes d’aujourd’hui.

Traduction de Zenit. Océane Le Gall

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