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Panama, déjeuner avec des jeunes du monde © Vatican Media

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Panama 2019: face aux abus, il faut « prendre conscience, avoir des protocoles et avancer »

Conférence de presse dans l’avion Rome-Panama (8)

Face aux abus sexuels, « nous devons d’abord prendre conscience et avoir des protocoles et avancer », explique le pape François en répondant aux journalistes dans l’avion qui le ramenait de Panama à Rome, de dimanche 27 à lundi 28 janvier 2019.

Le pape recommande de ne pas avoir des attentes démesurées à propos du sommet de février à Rome pour toutes les conférences épiscopales du monde: « C’est un drame humain dont il faut prendre conscience. Nous aussi, en résolvant le problème dans l’Église, nous aiderons à le résoudre dans la société et dans les familles où la honte pousse à tout couvrir. Mais nous devons d’abord prendre conscience et avoir des protocoles et avancer. »

Voici notre traduction de la question et de la réponse.
AB

Une jeune américaine nous a raconté que, pendant votre déjeuner avec les jeunes, vous lui aviez parlé de votre douleur à cause de la crise des abus. Beaucoup de catholiques américains se sont sentis trahis et abattus après les nouvelles des abus, et de leur couverture par certains évêques. Quelles sont vos attentes et vos espérances pour la rencontre de février, pour que l’Église puisse reconstruire la confiance ?

L’idée de cette rencontre est née au C9 parce que nous voyions que certains évêques ne comprenaient pas bien ou ne savaient pas quoi faire ou faisaient une chose bonne et une autre erronée. Nous avons senti que nous avons la responsabilité de donner une « catéchèse » sur ce problème aux conférences épiscopales et c’est pour cela qu’on appelle les présidents des épiscopats.

Premièrement : que l’on prenne conscience du drame, de ce qu’est un petit garçon ou une petite fille dont on a abusé. Je reçois régulièrement des personnes dont on a abusé. Je me souviens de quelqu’un : 40 ans sans pouvoir prier. C’est terrible, la souffrance est terrible.

Deuxièmement : qu’ils sachent ce qu’il faut faire, quelle est la procédure. Parce que parfois, l’évêque ne sait pas quoi faire. C’est quelque chose qui s’est beaucoup développé et qui n’est pas arrivé partout. Et ensuite que l’on fasse des programmes généraux mais qu’ils arrivent à toutes les conférences épiscopales : sur ce que doit faire l’évêque, ce que doit faire l’archevêque métropolite et ce que doit faire le président de la conférence épiscopale. Qu’il y ait des protocoles clairs, pour le dire en termes un peu juridiques. Voilà l’objectif principal.

Mais avant ce que l’on doit faire, il faut prendre conscience. Là, à cette rencontre, on priera, il y aura des témoignages pour prendre conscience et une liturgie pénitentielle pour demander pardon au nom de toute l’Église. Ils travaillent bien à la préparation de la rencontre.

Je me permets de dire que j’ai perçu une attente un peu excessive. Il faut dégonfler les attentes sur les questions que j’ai mentionnées, parce que le problème des abus continuera, c’est un problème humain, partout. J’ai lu une statistique l’autre jour. Il était dit que 50 pour cent des cas sont dénoncés, 20 pour cent sont écoutés et dans seulement 5 pour cent des cas, il y a une condamnation. Terrible.

C’est un drame humain dont il faut prendre conscience. Nous aussi, en résolvant le problème dans l’Église, nous aiderons à le résoudre dans la société et dans les familles où la honte pousse à tout couvrir. Mais nous devons d’abord prendre conscience et avoir des protocoles et avancer.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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