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Mgr Bernardito Auza @ Holy See Mission

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ONU : intensifier les efforts de consolidation de la paix, par Mgr Auza

Les femmes ont un rôle actif à jouer en faveur de la paix

Pour Mgr Auza, « l’ONU peut et doit réaffirmer et intensifier ses efforts de consolidation de la paix ». Entre autres, « renforcer la résilience des États, mettre en place des institutions légitimes, responsables et efficaces et consolider l’État de droit sont des initiatives à long terme qui exigent un leadership et une responsabilité au niveau national et un soutien international soutenu », a-t-il affirmé.

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation des Nations Unies, est intervenu à la séance plénière de la Réunion de haut niveau sur la consolidation et le maintien de la paix, à New York, les 24 et 25 avril 2018

Le représentant du Saint-Siège a en outre invité à « mettre un terme au trafic d’armes et au financement illicite » et à considérer « l’inclusivité » comme « un aspect crucial de la paix durable ». Il a souligné en particulier le « rôle actif » que doivent jouer les femmes « dans tout l’éventail de la prévention des conflits, de la résolution des conflits et de la consolidation de la paix après les conflits ».

Voici notre traduction du discours de Mgr Auza.

HG

Intervention de Mgr Bernardito Auza

Monsieur le Président,

Je voudrais féliciter le Président de l’Assemblée générale d’avoir convoqué en ces temps cruciaux cette réunion de haut niveau sur la consolidation et le maintien de la paix.

La consolidation de la paix est l’une des activités les plus importantes des Nations Unies et mérite donc toute l’attention de la communauté internationale. Le Saint-Siège estime par conséquent que le concept de « maintien de la paix » devrait être au cœur de nos efforts à l’ONU pour prévenir les conflits et maintenir la paix. Il englobe toutes les dimensions de la prévention et de la paix, à savoir la prévention des conflits, la consolidation efficace de la paix, le traitement des causes profondes des conflits et la non-récurrence en cas de conflit. Si la prévention est la priorité, nous devons nous engager sans réserve à soutenir la paix.

Monsieur le Président,

Le Saint-Siège souhaite souligner cinq priorités dans la consolidation  et le maintien de la paix :

Premièrement, l’ONU peut et doit réaffirmer et intensifier ses efforts de consolidation de la paix, notamment en assurant une action unifiée et généralisée, en élaborant des stratégies efficaces de transition et de sortie, des analyses continues, des synergies et une cohérence plus fortes, et un ajustement constant des réponses.

Deuxièmement, en tant que partie intégrante de la diplomatie préventive, la communauté internationale devrait se concentrer sur le renforcement des institutions et des capacités dans les États où il existe des situations de conflits potentiels ou imminents. Cette étape est également essentielle pour préserver les transitions réussies d’un conflit à une paix durable. Renforcer la résilience des États, mettre en place des institutions légitimes, responsables et efficaces et consolider l’État de droit sont des initiatives à long terme qui exigent un leadership et une responsabilité au niveau national et un soutien international soutenu. Cela exige également des approches holistiques et l’identification de facteurs déstabilisateurs spécifiques, tels que le manque de responsabilité, la corruption, les griefs et les différends non résolus, y compris ceux concernant la propriété, la propriété foncière et l’accès aux ressources vitales.

Troisièmement, pour construire et maintenir la paix, le flux illicite et l’accumulation d’armes doivent être résolus. Mettre un terme au trafic d’armes et au financement illicite qui contribuent directement ou indirectement à la corruption et à la commission de crimes atroces sont des éléments essentiels au maintien de la paix. En outre, les programmes de démobilisation et de réintégration et l’assistance à la réforme du secteur de la sécurité créent non seulement un environnement plus sûr et plus propice au maintien de la paix, mais offrent également des incitations aux anciens combattants pour qu’ils deviennent une solution pacifique. Au fur et à mesure que les anciens combattants sont réintégrés, il est essentiel qu’ils soient correctement évalués et formés afin que leurs anciennes victimes ne se sentent pas menacées par leurs nouveaux rôles dans la communauté. Sans ces mesures, leur réintégration sapera la confiance dans les institutions, ainsi que dans la justice elle-même, avec des conséquences négatives inévitables pour la construction d’une paix durable.

Quatrièmement, l’inclusivité est un aspect crucial de la paix durable. Les processus et les efforts de prévention des conflits, de résolution des conflits et de consolidation de la paix doivent impliquer tous les secteurs de la société. Les femmes doivent jouer un rôle actif dans tout l’éventail de la prévention des conflits, de la résolution des conflits et de la consolidation de la paix après les conflits. De larges consultations et des mécanismes participatifs qui n’excluent aucun groupe ou segment de la société consolident la légitimité de l’État et favorisent la confiance entre tous ses citoyens.

Inversement, l’absence d’inclusivité menace les processus de paix et de réconciliation et la stabilité de l’État lui-même. En appuyant la création de partenariats inclusifs au niveau national, la Commission de consolidation de la paix peut renforcer la pleine participation des personnes et des groupes marginalisés et exclus. La participation de tous les citoyens à la consolidation de la paix contribue à des accords inclusifs et à une paix et une stabilité durables.

Cinquièmement et enfin, le succès de la transition d’un conflit à l’établissement et au maintien de la paix exige que la justice et la responsabilité soient le plus sérieusement abordées. La justice et la responsabilité légale sont des vecteurs essentiels de la réconciliation, et non son contraire. Les gouvernements nationaux ont clairement la responsabilité principale de poursuivre et de punir les responsables d’atrocités. S’ils ne parviennent pas à le faire, ou sont incapables de s’acquitter de leurs responsabilités, la Cour pénale internationale doit jouer pleinement son rôle. L’incapacité à garantir la justice et à mettre un terme à l’impunité pourrait saboter les efforts de consolidation de la paix après les conflits et finir par ranimer les conflits, arrêter le développement et violer les droits de l’homme.

Monsieur le Président,

Ma délégation voudrait exprimer sa gratitude pour les réalisations des missions de l’ONU dans la prévention ou la fin des conflits qui touchent de nombreuses régions du monde, contribuant ainsi grandement à l’instauration d’une paix et d’une stabilité durables qui permettent le développement et le respect des droits de l’homme. Le Saint-Siège réitère son engagement à collaborer, dans la mesure du possible, à la prévention des conflits, à la résolution des conflits et à l’instauration d’une paix durable.

Merci, Monsieur le Président.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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