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Les chrétiens doivent être à genoux devant les pauvres

Ils sont le visage de Dieu, rappelle le pape (traduction intégrale)

« Comme je voudrais que les communautés paroissiales en prière, quand un pauvre entre dans l’église, se mettent à genoux en vénération, de la même manière que quand c’est le Seigneur qui entre ! » : c’est le souhait du pape François dans un message vidéo à la Caritas du diocèse de Rome.

Le pape s’adresse aux participants du spectacle « Si ce n’était pas pour toi », proposé par les personnes accueillies dans les centres d’accueil de Caritas : « Qui imagine qu’un sans-abri soit quelqu’un de qui on puisse apprendre ?… Et pourtant ce soir, c’est vous qui ferez de la scène un lieu d’où nous transmettre de précieux enseignements sur l’amour, sur le besoin de l’autre, sur la solidarité, sur la façon dont on trouve l’amour du Père dans les difficultés. »

« La pauvreté est le grand enseignement que nous a donné Jésus… C’est cette voie qu’il a choisie pour nous consoler, nous sauver, nous libérer de notre misère », ajoute-t-il : « Vous n’êtes pas un poids pour nous. Vous êtes la richesse sans laquelle nos tentatives pour découvrir le visage du Seigneur sont vaines. »

A.K.

Message vidéo du pape François

Frères et sœurs bonsoir !

Quelqu’un m’a dit que ce soir, dans l’important théâtre « Brancaccio », vous, les hôtes des centres d’accueil de la Caritas de notre Église de Rome, vous serez les acteurs de la représentation intitulée « Si ce n’était pas pour toi », qui raconte des expériences vraies, difficiles, d’abandon et de marginalisation, que vous avez vécues. Cette initiative théâtrale parle de votre amour pour vos enfants, pour vos parents, pour la vie, pour Dieu.

Je suis content d’être parmi vous de cette façon, pour me réjouir de votre courage, pour vous dire de ne pas perdre la confiance et l’espérance. Dieu nous aime, il nous aime tous !

Je considère cette manière dont vous parlez à la ville comme une occasion importante de dialogue et d’échange. Vous, sur la scène – montrant des capacités cachées, aidés par des professionnels experts qui ont su vous guider comme acteurs pour faire émerger les ressources et le potentiel de chacun de vous – et les autres, à l’écoute et, j’en suis certain, émerveillés des richesses qui sont offertes. Qui imagine qu’un sans-abri soit quelqu’un de qui on puisse apprendre ? Qui imagine qu’il puisse être un saint ?

Et pourtant ce soir, c’est vous qui ferez de la scène un lieu d’où nous transmettre de précieux enseignements sur l’amour, sur le besoin de l’autre, sur la solidarité, sur la façon dont on trouve l’amour du Père dans les difficultés.

La pauvreté est le grand enseignement que nous a donné Jésus quand il est descendu dans les eaux du Jourdain pour être baptisé par Jean-Baptiste. Il ne l’a pas fait parce qu’il avait besoin de pénitence ou de conversion ; il l’a fait pour se mettre parmi les gens, les personnes qui avaient besoin de pardon, parmi nous, pécheurs, et pour se charger du poids de nos péchés. C’est cette voie qu’il a choisie pour nous consoler, nous sauver, nous libérer de notre misère. Ce qui nous donne la vraie liberté, le vrai salut et le vrai bonheur, est son amour de compassion, de tendresse et de partage. Le bon Samaritain qui nous recueille quand nous sommes malmenés par les brigands.

Saint Grégoire de Nysse, un grand théologien de l’Antiquité, écrivait ceci : « Considérez bien qui sont les pauvres dans l’Évangile et vous découvrirez leur dignité : ils ont revêtu le visage du Seigneur. Dans sa miséricorde, il leur a donné son visage ».

Et saint Augustin disait : « Sur la terre, le Christ est indigent dans la personne de ses pauvres. Il faut donc craindre le Christ du ciel et le reconnaître sur la terre : sur terre, il est pauvre ; au ciel, il est riche. Dans son humanité, il est monté au ciel où il est riche, mais il reste encore ici parmi nous dans le pauvre qui souffre ».

Moi aussi, je désire faire miennes ces paroles. Vous n’êtes pas un poids pour nous. Vous êtes la richesse sans laquelle nos tentatives pour découvrir le visage du Seigneur sont vaines.

Quelques jours après mon élection, j’ai reçu de vous une lettre de vœux, pour m’assurer de vos prières. Je me souviens de vous avoir immédiatement répondu en vous disant que je vous porte dans mon cœur et que je suis à votre disposition. Je confirme ces paroles. À cette occasion, je vous avais demandé de prier pour moi. Je renouvelle ma demande. J’en ai vraiment besoin.

Je remercie aussi tout le personnel de notre Caritas. Je les considère comme mes mains, les mains de l’évêque, lorsqu’elles touchent le corps du Christ. Je remercie aussi tous les volontaires, venant des paroisses de Rome et d’autres coins d’Italie. Ils découvrent ainsi un monde qui requiert l’attention et la solidarité : des hommes et des femmes qui cherchent de l’affection, une relation, une dignité et avec lesquels ils peuvent tous faire l’expérience de la charité en apprenant à accueillir, à écouter et à se donner.

Comme je voudrais que cette ville, peuplée à toutes les époques de personnes imprégnées de l’amour de Dieu – pensons à saint Laurent (ses bijoux étaient les pauvres), saint Pammachio (sénateur romain, converti, qui s’est entièrement dévoué au service des derniers), sainte Fabiola (la première qui ait construit une auberge pour les pauvres à Porto), saint Philippe Neri, le bienheureux Angelo Paoli, saint Joseph Labre (homme de la rue), jusqu’à Don Luigi di Liegro (le fondateur de notre Caritas de Rome) – je disais… comme je voudrais que Rome puisse briller de « pietas » (pitié) pour ceux qui souffrent, d’accueil pour ceux qui fuient la guerre et la mort, de disponibilité, de sourire et de magnanimité pour ceux qui ont perdu l’espérance. Comme je voudrais que l’Église de Rome se montre toujours plus une mère attentive et prévenante envers les faibles. Nous avons tous des faiblesses, nous en avons tous, chacun les siennes. Comme je voudrais que les communautés paroissiales en prière, quand un pauvre entre dans l’église, se mettent à genoux en vénération, de la même manière que quand c’est le Seigneur qui entre ! Comme je voudrais cela, que l’on touche la chair du Christ présent dans les personnes démunies de cette ville !

Par votre travail, le théâtre de ce soir, j’en suis certain, vous contribuerez à faire grandir ces sentiments. Merci !

Et dans l’attente de pouvoir vous rencontrer personnellement, comme cela s’est produit récemment dans la Chapelle Sixtine, je vous envoie ma bénédiction paternelle.

Que le Seigneur nous aide à le reconnaître dans le visage du pauvre ! Que la Vierge Marie nous accompagne sur ce chemin ! Et à tous, je vous demande, s’il vous plaît : n’oubliez pas de prier pour moi ! Merci.

Traduction de Zenit, Constance Roques

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