La voie de la diplomatie, seule solution à la crise nord-coréenne

Conférence de presse dans l’avion du Caire

Conférence de presse, vol Le Caire-Rome, 29 avril 2017, capture TV2000

Conférence de presse, vol Le Caire-Rome, 29 avril 2017, capture TV2000

La voie de la diplomatie est la seule solution à la crise nord-coréenne, a affirmé le pape François lors de sa conférence de presse sur l’A321 de l’Alitalia qui l’a ramené du Caire à Rome, samedi 29 avril 2017.

Sur ce vol de retour de son 18e voyage international, le pape François s’est prêté, comme à son habitude, aux questions des journalistes pendant une trentaine de minutes.

Il s’est exprimé sur son voyage de deux jours en Egypte, mais aussi sur les crises internationales avec la Corée du Nord ou au Venezuela – il y est revenu lors du Regina Caeli de ce dimanche place Saint-Pierre -, non sans répondre sur la vie politique française qu’il avoue ne pas « comprendre ».

Nous traduisons d’après la transcription de Radio Vatican en italien.

Corée du Nord
“Cette guerre mondiale par fragments, dont je parle depuis deux ans, plus ou moins, est par fragments, mais les fragments se sont élargis et ils se sont aussi concentrés. Ils se sont concentrés en des points qui étaient déjà chauds: celui des missiles de la Corée il y a une longue année que cela se fait, mais maintenant il semble que la chose soit devenue  trop chaude. J’appelle toujours à résoudre les problèmes par la voie de la diplomatie : par la négociation… parce que c’est l’avenir de l’humanité. Aujourd’hui, une guerre élargie détruirait je ne dis pas la moitié de l’humanité, mais une bonne partie de l’humanité et de la culture… Tout, tout !”

Rôle de l’ONU
L’humanité “ne serait pas capable d’en supporter tant”, dit le pape en évoquant des zones géographiques “où il y a des feux de guerre” : Moyen Orient, Afrique… Il évoque les pays médiateurs comme la Norvège, mais aussi les organismes internationaux : “Je crois que les Nations Unies ont le devoir de reprendre un peu leur leadership. Parce qu’elle s’est édulcorée, elle s’est un peu édulcorée.”

Le président des Etats-Unis

Est-ce que le pape recevra le président Donald Trump lorsque celui-ci sera en Italie pour le G7 des 26 et 27 mai 2017 à Taormina (Italie, Sicile)? Le pape répond qu’il n’a pas encore été informé d’une demande dans ce sens et il ajoute : “Je reçois tout chef d’Etat qui demande une audience.”

La crise au Venezuela
L’autre crise évoquée par la presse est celle du Venezuela et des protestations contre le président Maduro. Le pape confie qu’il aime « beaucoup » ce pays et il mentionne les vaines tentatives de médiation de quatre chefs d’Etat et l’engagement du Saint-Siège : “Tout ce qui peut être fait pour le Venezuela doit être fait”. Il a commencé ce dimanche par un appel relayé par les media du monde entier, avant la prière dominicale du Regina Caeli.

Les migrants
Puis vient une question sur les “populismes” en Europe, l’élection présidentielle en France, et le pape attire l’attention sur les migrations : “C’est vrai qu’en Europe il y a le danger de se défaire. C’est vrai. Je l’ai dit doucement à Strasbourg (25 novembre 2014, ndlr). Je l’ai dit plus fortement lors du Prix Charlemagne (le 6 mai 2016, ndlr), et dernièrement (le 24 mars dernier, ndlr), sans nuances. Nous devons méditer sur cela, n’est-ce pas ? L’Europe qui va de l’Atlantique à l’Oural. Il y a un problème qui effraye l’Europe et qui peut-être alimente cela : le problème des migrations. C’est vrai. Mais n’oublions pas que l’Europe a été faite par les migrants : des siècles et des siècles de migrants… nous les sommes… Mais c’est un problème qu’il faut bien étudier, et aussi respecter les opinions, … mais les opinions honnêtes… C’est une discussion politique avec des majuscules : une grande politique, pas la petite politique du pays qui finit par tomber.”

Camps de réfugiés
A un journaliste qui lui demande si l’usage de l’expression “camps de concentration” pour les camps de réfugiés, lors de la célébration de martyrs à l’île Tibérine (le 22 avril dernier, ndlr), a été un « lapsus », le pape répond: “Il y a des camps de réfugiés qui sont de vrais camps de concentration. Il y en a peut-être en Italie ou ailleurs… mais sûrement pas en Allemagne. Pensez à ce que font des personnes enfermées dans un camp sans pouvoir sortir: pensez à ce qui est arrivé dans le Nord de l’Europe quand ils ont voulu traverser la mer pour aller en Angleterre : ils y sont enfermés.”

Le cas Giulio Regeni
Une question a porté sur le cas de Giulio Regeni, un jeune Italien de 28 ans dont le corps sans vie a été retrouvé le 3 février 2016, avec des traces de tortures, dans une banlieue du Caire : le pape en a-t-il parlé avec le président Al-Sissi ? Le pape fait observer qu’il ne révèle jamais le contenu d’une conversation privée sauf accord pour le faire. Et il ajoute: “Je suis préoccupé, avec le Saint-Siège je suis intervenu sur ce thème parce qu’aussi ses parents me l’ont demandé. Le Saint-Siège est intervenu. Je ne dirai ni où ni quand mais nous sommes intervenus.”

L’importance des valeurs
Pour ce qui est de l’action des gouvernements et de l’importance de la paix, de l’harmonie entre les peuples, de l’égalité entre les citoyens, quelle que soit leur religion, dont le pape a parlé au Caire, il ajoute : “Je parle des valeurs, et que chacun voie et juge si tel gouvernement ou tel Etat, celui-ci ou celui-là, promeut ces valeurs”.

La marche de l’unité

A propos de la persécution des chrétiens, le pape redit qu’il y a aujourd’hui “plus de martyrs qu’aux premiers siècles, surtout au Moyen-Orient” et que c’est un thème important au niveau de l’unité des chrétiens : “L’œcuménisme se fait en marchant,  avec les œuvres de charité, avec les œuvres pour venir en aide: faire les choses ensemble quand elles peuvent être faites ensemble… L’œcuménisme statique n’existe pas. C’est vrai que les théologiens doivent étudier et se mettre d’accord, mais cela ne pourra aboutir que si l’on marche.”

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