Jeunes : le pape recommande de les impliquer et les écouter

Dialogue avec les jésuites de Colombie (3)

Des jeunes de Chiavari offrent du "pesto" au pape François 05/09/2017 © L'Osservatore Romano

Des jeunes de Chiavari offrent du "pesto" au pape François 05/09/2017 © L'Osservatore Romano

Lors d’une rencontre informelle avec des jésuites de Colombie, le 10 septembre 2017, le pape François a dessiné une pastorale des jeunes en recommandant de les « mettre en mouvement » et de les écouter ». « La pastorale des jeunes tranquilles ne fonctionne plus », a-t-il prévenu.

Au cours de son voyage apostolique en Colombie (6-11 septembre), le pape François s’est rendu dans la ville de Cartagena, au sanctuaire de saint Pierre Claver, où il a rencontré en privé une délégation de la Compagnie de Jésus composée de 65 religieux. Dans la Civilta Cattolica en français de septembre 2017, le p. Antonio Spadaro, directeur de la revue jésuite, retranscrit l’échange entre le pape argentin et ses confrères.

Le pape a encouragé la communauté à mettre les jeunes « en spiritualité d’Exercices » : « J’entends par là les mettre en mouvement, en action. Aujourd’hui, la pastorale de petits groupes de jeunes et de pure réflexion ne marche plus. La pastorale des jeunes tranquilles ne fonctionne plus. Il faut mettre le jeune en mouvement : qu’il soit ou qu’il ne soit pas pratiquant, il faut le mettre en mouvement. »

Il s’agit, a-t-il expliqué, « d’inventer des choses qui les fassent se sentir acteurs et qui, ensuite, les conduisent à se demander : ‘Que se passe-t-il, qu’est-ce qui m’a changé le cœur, pourquoi en suis-je sorti content ?’ »

Le pape a aussi critiqué le langage utilisé et a recommandé la patience : « Ne demandez pas aux jeunes quelles motions ils ont eues, car ils ne comprendraient rien à votre langage. Mais laissez-les vous raconter ce qu’ils ont ressenti, et à partir de là, impliquez-les progressivement. Mais pour y parvenir … il faut avoir la patience de rester assis, en écoutant celui qui vient quand il pose des questions, et il faut cependant savoir nous tirer d’affaire quand celui qui vient veut nous embarquer dans des discussions infinies. Les jeunes fatiguent, les jeunes discutent, alors il faut avoir cette mortification permanente de rester à leurs côtés et de les écouter toujours et quoi qu’il en soit. »

Face aux incroyants

Si le jeune « n’est pas croyant, il faut laisser la vie elle-même l’interpeller, mais en étant en mouvement et en l’accompagnant ; sans rien lui imposer, mais en l’accompagnant… dans des activités de volontariat, dans des travaux auprès des personnes âgées, dans des travaux d’alphabétisation… tous les moyens adaptés à un jeune ».

« Si nous mettons le jeune en mouvement, a affirmé le pape, nous le faisons entrer dans une dynamique où le Seigneur commence à lui parler et commence à lui remuer le cœur. Ce n’est pas nous qui lui secouerons le cœur avec nos argumentations, tout au plus l’aiderons-nous, avec l’esprit, quand son cœur s’ébranlera. »

Le pape François a aussi mis en garde contre « le  militantisme ecclésial » : face aux non-croyants, a-t-il dit, « la dernière chose que tu dois faire est de dire quelque chose, c’est vraiment la dernière chose. Commence par agir, invite-les à t’accompagner, et ils verront ce que tu fais et la manière dont tu le fais, ils te demanderont, et à ce moment-là tu pourras commencer à dire quelque chose ».

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