Le ministère du Tourisme qualifie l'année écoulée de « fructueuse », avec 1,3 million d'arrivées internationales © Israel Hayom

Le ministère du Tourisme qualifie l'année écoulée de « fructueuse », avec 1,3 million d'arrivées internationales © Israel Hayom

Visites en Terre Sainte : du traumatisme à la lente reprise

Le gouvernement israélien annonce une croissance du tourisme en 2025

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(ZENIT News / Rome, 25 janvier 2026) – Après des années marquées par les perturbations causées par la pandémie et le traumatisme de la guerre, les autorités touristiques israéliennes annoncent avec prudence que 2025 sera une année charnière. Le ministère du tourisme qualifie l’année dernière de « réussie », avec 1,3 million d’arrivées internationales, un chiffre modeste au regard des standards historiques, mais une reprise significative dans un pays où le tourisme émetteur s’était quasiment effondré après le 7 octobre 2023. 

D’après les données publiées le 6 janvier 2026, la majorité des visiteurs provenaient des États-Unis, avec environ 400 000 arrivées, suivis de la France (159 000) et du Royaume-Uni (95 000). Le Canada a contribué à hauteur de 28 000 touristes. Ces chiffres témoignent non seulement de la reprise progressive des liaisons aériennes, mais aussi de l’existence d’un noyau dur de voyageurs prêts à franchir les frontières géopolitiques pour se rendre en Terre sainte. 

L’accueil des visiteurs a été étonnamment positif. Une récente enquête du ministère a révélé que 88 % des touristes se sont déclarés très satisfaits de leur séjour et que 83 % recommanderaient Israël comme destination touristique. Ces chiffres sont significatifs dans un secteur où la perception est souvent aussi importante que les infrastructures. 

Le ministre du Tourisme, Haim Katz, a attribué la reprise à l’assouplissement des restrictions de voyage et à la reprise des liaisons aériennes, affirmant que 2026 s’annonce comme une année de reprise encore plus marquée. La demande des principaux marchés, notamment des États-Unis, demeure soutenue, a-t-il souligné, ajoutant que le gouvernement continuera de privilégier les infrastructures et les projets qui génèrent les meilleurs retours sur investissement à long terme pour la croissance du tourisme. 

Derrière ces gros titres à l’optimisme prudent se cache un revirement spectaculaire. Quelques mois auparavant, les perspectives étaient sombres. Avant l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023, qui a fait près de 1 200 morts, principalement des civils, et 253 otages, Israël était en phase de reprise post-COVID-19. Le pays a accueilli 3,01 millions de touristes en 2023, soit une augmentation de 12,5 % par rapport à 2022, et les autorités prévoyaient au moins 5,5 millions d’arrivées, dépassant ainsi le record pré-pandémique de 4,55 millions établi en 2019. 

Ces prévisions se sont évanouies du jour au lendemain. Les compagnies aériennes ont suspendu leurs vols, les voyagistes se sont retirés et l’économie touristique israélienne, qui représentait auparavant environ 3 % du PIB national, s’est complètement arrêtée. Pendant un temps, une reprise en plein conflit a semblé improbable. 

L’année dernière a toutefois offert un tableau plus nuancé. Les compagnies aériennes ont progressivement rétabli leurs liaisons et un nouveau profil de visiteurs a émergé. Outre les voyageurs de loisirs traditionnels, le marché a connu une forte augmentation du tourisme VFR (visites à la famille et aux amis), ainsi que l’arrivée de volontaires venus prêter main-forte aux opérations de secours. 

Michael Izhakov, directeur général du ministère du tourisme, a décrit l’année 2025 comme une année de doubles combats : gérer une crise persistante tout en jetant les bases structurelles de l’avenir. Le ministère a investi massivement dans le renforcement des infrastructures touristiques, le soutien aux entrepreneurs et le maintien des canaux de commercialisation à l’étranger, tout en collaborant étroitement avec le secteur privé pour préserver les emplois et rétablir la confiance internationale. 

Les données du premier semestre 2025 révèlent des changements notables concernant le nombre de visiteurs et leurs motivations. La proportion de visiteurs se déclarant juifs a diminué, passant de 66 % en 2024 à 51 %, tandis que la proportion de pèlerins a presque doublé, passant de 5 % à 9 %. Pour les spécialistes du tourisme religieux, il s’agit d’une évolution significative, témoignant d’un regain d’intérêt pour le patrimoine biblique et chrétien d’Israël, malgré l’instabilité du pays. 

Les habitudes de consommation ont également évolué. Les dépenses moyennes par touriste ont augmenté pour atteindre 1 622 $, contre 1 427 $ en 2024 (hors vols), bien que la durée moyenne du séjour ait diminué, passant de 11,4 à 9,3 nuits. Le motif de voyage le plus fréquent reste la visite à la famille et aux amis (45 %), suivi des voyages d’agrément (14 %) et des voyages d’affaires (12 %), ces derniers affichant une hausse notable par rapport à l’année précédente. 

Pour stimuler la reprise, le ministère a approuvé un investissement d’environ 55,17 millions de dollars – provenant en partie de fonds réaffectés des années précédentes – pour des dizaines de projets d’infrastructures touristiques publiques proposés par les autorités locales. Ces projets concernent notamment les installations pour les visiteurs et les améliorations urbaines visant à rendre les destinations plus accessibles et résilientes. 

Pour un pays dont les lieux saints attirent chaque année des millions de pèlerins – juifs, chrétiens et musulmans confondus –, le retour progressif des voyageurs revêt une importance symbolique qui dépasse le simple cadre économique. Dans une région où la foi, l’histoire et la géopolitique sont indissociables, le tourisme n’est pas qu’un secteur d’activité ; il est un gage de stabilité et de confiance. 

 

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Jorge Enrique Mújica

Diplômé en philosophie de l’Athénée pontifical Regina Apostolorum à Rome, le P. Jorge Enrique Mújica, LC, est un collaborateur « chevronné » de la presse écrite et numérique sur les questions de religion et de communication. Sur son compte Twitter : https://twitter.com/web_pastor, il aborde les questions de Dieu et de l'internet et de l'Église et des médias : « evangelidigitalisation ».

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