Lors de l'intronisation du nouvel archevêque de Nouméa, Mgr Susitino Sionepoe © Mgr Jean-Yves Riocreux 

Lors de l'intronisation du nouvel archevêque de Nouméa, Mgr Susitino Sionepoe © Mgr Jean-Yves Riocreux 

Vivante Église d’Océanie !

« L’Église en Océanie rend gloire à Dieu et exprime son espérance »

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Depuis Nouméa, Nouvelle-Calédonie 

Un séjour à Nouméa et l’animation d’une retraite spirituelle à Futuna me donnent l’occasion de présenter l’Église dans le Pacifique et ces îles éparpillées dans le vaste océan. La mer et la terre, l’eau et le sol s’entremêlent en une infinité de chemins qui souvent émerveillent l’œil humain par leur beauté.

Lié depuis plus d’un demi-siècle à la Nouvelle-Calédonie et ayant sillonné cette vaste région, il m’est bon de rappeler le riche passé missionnaire et de témoigner de la vitalité des communautés catholiques dans la région.

J’ai eu la joie de participer à la messe du 1er janvier dernier dans la cathédrale de Nouméa pleine. Et le bonheur d’être pendant une semaine avec des prêtres, religieuses et laïcs dans le sanctuaire de Poï sur l’île de Futuna, lieu du martyre de saint Pierre Chanel en 1841.

Des fidèles de toutes origines 
Cathédrale de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie © Mgr Jean-Yves Riocreux

Cathédrale de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie © Mgr Jean-Yves Riocreux

Dans ces îles des antipodes, l’évangélisation a commencé avec les pères maristes, conduits par Mgr Pompallier, un lyonnais, qui s’est consacré aux maoris de Nouvelle-Zélande. Et, dans ces îles de Polynésie et Mélanésie, au 19e siècle, les prêtres français de différentes congrégations missionnaires ont annoncé l’Évangile du salut. 150 ans plus tard, les communautés vivantes rassemblent les fidèles de toutes origines.

Autre caractéristique de l’Océanie, celle des migrations à l’intérieur de la région : polynésiens de Tonga et des samoas en Nouvelle-Zélande, wallisiens et futuniens en Nouvelle-Calédonie. Mais aussi des migrations d’autres régions, comme les chinois à Tahiti, les vietnamiens et indonésiens en Calédonie, ainsi que les coréens en Nouvelle-Zélande. 

Cet apport constitue une vraie richesse pour ces Églises locales, d’autant plus que de nombreux européens sont venus dans cette région au cours des siècles. Il y a ainsi une vraie inculturation qui se manifeste dans la liturgie, avec des chants d’une grande beauté et des processions des offrandes très locales.

Pour toutes ces raisons, le chrétien venant d’un autre continent est littéralement saisi par la joie, la ferveur et l’enthousiasme lors des Eucharisties. Je garde le souvenir d’une phrase à un groupe de Tahiti venu à Rome, ayant participé à une messe du pape Jean-Paul II. Celui-ci leur avait dit spontanément : « Vous chantez bien ».

« La générosité de Dieu en Océanie » 
Futuna, sanctuaire de saint Pierre Chanel © Mgr Jean-Yves Riocreux 

Futuna, sanctuaire de saint Pierre Chanel © Mgr Jean-Yves Riocreux 

Le document officiel, Ecclesia in Oceania, faisant suite au Synode pour l’Océanie qui réunissait en 1998 les 70 évêques de la région, exprime bien l’action de grâces de tout le continent. « L’Église en Océanie rend gloire à Dieu et exprime son espérance. Sa gratitude envers Dieu jaillit de sa contemplation des dons innombrables qu’elle a reçus : la richesse des peuples et des cultures ainsi que les merveilles de la création. »

En France hexagonale, l’Église bénéficie de la présence des Océaniens. Deux prêtres d’origine wallisienne sont incardinés dans les diocèses de Paris et de Toulouse. De nombreuses religieuses océaniennes sont membres de congrégations françaises, les petites sœurs des pauvres et les sœurs de saint Joseph de Cluny. Beau symbole. 

Au 21e siècle, des Océaniens sont présents dans la vie de l’Église catholique en France. La conclusion d’Ecclesia in Oceania est une vibrante action de grâces. « Considérant la générosité de Dieu en Océanie et son amour infini pour les peuples du continent, nous rendons grâce pour le trésor de la foi et pour l’appel à la mission que ce don implique. »                                     

 

     

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Mgr Jean-Yves Riocreux

Mgr Jean-Yves Riocreux est évêque émérite de Guadeloupe. Après avoir exercé son ministère en Nouvelle-Calédonie et à Paris, il a été évêque de Pontoise de 2003 à 2012, puis évêque de Basse-Terre jusqu'en 2021.

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