Le monde entier aura suivi le sort dramatique de Christa Pike qui a survécu il y a quelques jours à une exécution dans l’État américain du Tennessee.
La Nouvelle Ligne n’a pas pour propos de débattre ici de la peine de mort, ni des différents moyens de sa mise en œuvre, mais de s’interroger sur le vocabulaire dont il est fait usage à cette occasion.
La mort, une exécution réussie
Au Tennessee, la personne responsable au premier chef du déroulement des exécutions capitales était Frank Strada, chef du Department of Correction, qui avait la charge de la gestion des prisons. Selon un article publié dans le journal The Guardian interrogé par des avocats de la défense des condamnés à mort, qui lui demandaient ce qu’il considérait comme une exécution réussie, il répondit « Le condamné est mis à mort ».
Ce dont il est question ici, ce ne sont pas les opinions personnelles de M. Strada au sujet de la peine de mort, mais de l’inversion du vocabulaire utilisé. La mort est désormais définie comme une réussite tandis que dans le cas de Mme Pike, l’exécution est déclarée bâclée (botched).
Quant au patron de Strada, Bill Lee, le gouverneur de l’État, il mérite qu’on l’entende. Car il se déclarait déçu que cette exécution n’ait pas marché, d’autant plus qu’il n’y avait aucune raison de penser que ça ne marcherait pas, car cette procédure avait déjà été suivie cent fois; et il ajoute finalement que les habitants du Tennessee méritaient mieux. La Nouvelle Ligne relève deux absents de cette déclaration, Christa Pike et la mention du mot mort.
Retrouvez l’intégralité de la chronique de Dominique de la Barre sur le blog La Nouvelle Ligne
