par Maria Lozano
Les Églises d’Éthiopie ont renouvelé leurs appels urgents en faveur de la protection des civils, après l’assassinat de plus de 60 croyants orthodoxes lors d’une vague d’attaques sauvages.
Les massacres ont déclenché une intervention sans précédent du Saint-Synode de l’Église orthodoxe éthiopienne, qui a exigé une action gouvernementale plus forte pour défendre les fidèles et assurer « la sécurité essentielle jusqu’à ce que le problème soit résolu ».
Selon le Synode, des hommes armés allaient de maison en maison tuant les habitants avec des armes à feu et des couteaux.
À Gora Silingo, dans le district de Merti, 14 personnes ont été tuées le 20 octobre, et 46 autres le 24 octobre dans les villages de Tereta, Chole et Birbo dans le district de Shirka, tous situés dans la zone d’Arsi, région d’Oromia.
Des personnes âgées et des enfants figuraient parmi les victimes. Une église aurait été endommagée, tandis que les églises des villages voisins ouvraient leurs portes pour abriter ceux qui fuyaient la violence.
Les meurtres ont eu lieu après que les évêques catholiques d’Éthiopie ont demandé la fin des hostilités, en disant que l’Église « est profondément attristée par le conflit armé qui sévit actuellement dans le Tigré, l’Afar, l’Amhara, l’Oromia et d’autres régions ».
Les évêques ont averti que « plutôt que de résoudre les différends, la guerre ne sert qu’à approfondir les divisions et à multiplier les souffrances », laissant derrière elle des dévastations, des pertes en vies humaines et « des graines de haine, de ressentiment et de vengeance qui peuvent perdurer pendant des générations ».
Leurs préoccupations ont été reprises par l’évêque Lesanechristos Matheos de l’éparchie catholique éthiopienne de Bahir Dar-Dessie dans une lettre pastorale – dont une copie a été envoyée à la charité catholique Aide à l’Église en Détresse (AED).
Exprimant une profonde préoccupation pour ceux qui endurent la « peur, l’insécurité, le déplacement, les pertes et l’incertitude », Mgr Matheos a appelé la population à répondre par la prière, la sagesse, la compassion et un engagement ferme en faveur de la paix. L’évêque Matheos a souligné que « chaque vie perdue est une tragédie » et a appelé les Éthiopiens à rejeter la haine, la désinformation et la division.
Il a déclaré que la paix exige de défendre la dignité humaine, de protéger les personnes vulnérables et de poursuivre la réconciliation sans ignorer l’injustice.
Le gouvernement régional d’Oromia a accusé des groupes rebelles armés de mener les attaques pour provoquer des tensions religieuses, bien que la responsabilité des meurtres reste contestée et que les allégations n’aient pas été vérifiées de manière indépendante.
La violence survient à un moment particulièrement fragile pour l’Éthiopie. La reprise des combats impliquant le Front de libération du peuple du Tigré (Tigray People’s Liberation Front , TPLF), les groupes armés alliés et les forces gouvernementales s’est répandue dans certaines parties du Tigré, de l’Afar et de l’Amhara, ravivant les souvenirs de la guerre civile dévastatrice qui a pris fin avec l’accord de Pretoria en 2022.
Malgré cet accord de paix, les conflits territoriaux non résolus, les rivalités régionales et le sort des communautés déplacées continuent de déstabiliser le pays.
Selon le rapport 2025 de l’AED sur la liberté religieuse dans le monde, la paix en Éthiopie reste fragile, avec des tensions ethniques, des griefs politiques et des explosions récurrentes de violence à motivation religieuse qui mettent une pression croissante sur la coexistence entre les communautés religieuses.
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