© Paul Haring/CNS

100e Dimanche des missions

Appel d’un missionnaire indien pour une véritable unité missionnaire en Asie

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Première publication le 15 octobre 2026 par AD EXTRA

À l’occasion du 100e Dimanche des missions, célébré le 18 octobre sur le thème « Un dans le Christ, unis dans la mission », le père John Singarayar, missionnaire indien, appelle l’Église en Asie à réfléchir à l’avenir de la mission sur le continent. Il salue le courage des communautés catholiques asiatiques face aux épreuves qu’elles traversent, tout en portant un regard lucide sur les divisions qui peuvent fragiliser le témoignage des Églises locales.

Dimanche 18 octobre, l’Église universelle célèbre le 100e Dimanche des missions. Cette journée historique vient couronner la Semaine missionnaire mondiale, qui a lieu du 11 au 18 octobre. Cent ans après son institution par le pape Pie XI en octobre 1926, elle est organisée autour d’un thème choisi par le pape Léon XIV : « Un dans le Christ, unis dans la mission ».

Comme l’écrit le prêtre indien John Singarayar, membre de la Société du Verbe Divin dans la province de Mumbai, dans une tribune publiée par l’agence Ucanews, ce 100e Dimanche mondial de la mission universelle est une occasion de gratitude et de générosité pour la majorité du monde catholique, avec une quête et des prières en faveur des œuvres missionnaires du monde entier.

Cependant, il invite également les communautés catholiques d’Asie à réfléchir aux obstacles qui peuvent fragiliser leur communion et leur mission commune, afin d’atteindre justement cette « unité dans la mission » : « Nous sommes une terre de mission, mais de plus en plus, la mission est mise à rude épreuve, autant de l’intérieur que de l’extérieur. »

L’Église en Asie appelée à « bâtir des ponts », y compris en son sein

Sa réflexion fait écho à l’appel à la communion et au dialogue lancé en juillet 2026 à Jakarta, lors de la XIIe Assemblée plénière de la FABC (Fédération des conférences épiscopales d’Asie), par plus de 120 cardinaux, évêques et délégués laïcs. Durant cette rencontre, ils ont insisté sur la vocation de l’Église en Asie à être « des ponts et des bâtisseurs de ponts » à travers un continent qui subit les épreuves de la pauvreté, des migrations forcées, des conflits armés, des rivalités géopolitiques, de l’effondrement environnemental et du rythme effréné des changements numériques.

Le père Singarayar rapporte aussi l’avertissement d’un universitaire présent à l’assemblée sur les divisions internes susceptibles de fragiliser l’Église en Asie. « C’est la polarisation – et non les persécutions, ni même la sécularisation – qui pourrait représenter la plus grande menace pour l’Église en Asie », écrit-il en citant l’universitaire. « Les divisions politiques, ethniques et idéologiques ne s’arrêtent pas aux portes de l’Église. »

« Cela devrait nous préoccuper davantage. S’unir contre un gouvernement hostile ou face à une religion majoritaire qui nous traite avec suspicion est une chose. Il est plus difficile de constater que nous avons déjà laissé les questions de caste, d’ethnie, de langue et d’appartenance politique nous diviser, là où aucune force extérieure n’aurait pu le faire », ajoute le prêtre.

« Si un membre souffre, tous souffrent avec lui »

Pour le missionnaire, l’unité dans le Christ appelle aussi un travail patient de dialogue et de réconciliation au sein des communautés, alors que ces fractures persistent au sein de l’Église. Dans ce contexte, il invite donc tous les diocèses, les paroisses et les institutions catholiques en Asie à repérer ces divisions avec lucidité et à cesser de les considérer comme des « réalités locales regrettables mais inéluctables ».

Il évoque des membres du Corps du Christ en Asie « qui souffrent cruellement »,notamment dans l’État du Manipur, dans le nord-est de l’Inde, où plusieurs centaines d’églises ont été détruites lors des violences de 2023 entre les communautés Meiteis et Kukis – plusieurs dizaines de milliers de chrétiens sont toujours déplacés dans des camps à ce jour.

Il appelle également à s’unir contre les lois anti-conversion qui continuent d’être votées en Asie du Sud. Il cite aussi le cas du Pakistan, où la petite minorité catholique fait face aux accusations de blasphème et aux violences populaires, alors qu’elle gère des écoles et des hôpitaux au service de tous. Il parle aussi de la guerre civile birmane, qui a dispersé les communautés catholiques, comme toutes les autres populations locales.

« Saint Paul enseigne que ‘si un membre souffre, tous souffrent avec lui’ (1 Co 12, 26). Concrètement, cela veut dire qu’un diocèse à Manille, à Séoul ou à Mumbai traite les souffrances de l’Église au Manipur ou à Karachi comme ses propres souffrances, et non comme un fait lointain », souhaite-t-il.

« La prière et la générosité peuvent transformer des communautés entières »

Il explique que l’Église en Asie dispose de l’infrastructure ecclésiale (la FABC, les réseaux de Caritas, les congrégations religieuses…) pour organiser une solidarité durable et structurée avec ses membres les plus vulnérables : aide juridique, soutien à la réinstallation, plaidoyer international… « Les catholiques asiatiques sont aussi, de plus en plus, des migrants au sein de leur propre pays et au-delà de leurs frontières, portant la foi dans des lieux inattendus. »

De fait, la FABC a vu là une opportunité missionnaire autant qu’humanitaire : un migrant dans une ville étrangère peut devenir le témoin le plus visible de l’Église, à condition qu’il soit reconnu comme tel.

« En juillet 2026 à Jakarta, les évêques asiatiques ont aussi plaidé pour une plus grande implication des femmes, des jeunes et des laïcs, et pour une Église moins préoccupée par sa propre préservation institutionnelle que par une mission partagée », écrit aussi le père Singarayar, qui salue également le courage dont font preuve les chrétiens à travers l’Asie, notamment dans les zones de conflit.

Évoquant le témoignage du pape Léon XIV sur son expérience missionnaire au Pérou, le père Singarayar rappelle combien la prière et la générosité peuvent transformer des communautés entières. Il invite les catholiques d’Asie à se demander comment mieux répondre aux crises qu’ils traversent et souhaite que ce centenaire permette de renforcer leur communion dans la mission.

Sources : Ucanews, P. John Singarayar

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AD EXTRA

« Allez ! De toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19). AD EXTRA signifie « au loin » en latin, le terme désigne les missionnaires envoyés porter l’Evangile loin de chez eux. Fondée par les Missions Etrangères de Paris, congrégation catholique, AD EXTRA est la première plateforme de réflexion et de dialogue autour des questions sur la mission ad extra. Retrouvez toutes les informations sur le site internet.

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